mercredi 25 septembre 2013

Climate Change in Mauritania: Taking Action before it is too late

NOUAKCHOTT, 24 février 2010—En novembre dernier, en marge d’une journée de communication sur les changements climatiques,  Demba Marico, coordonnateur national  du Projet Adaptation aux changements climatiques du littoral (Projet sous financement des Nations-Unies)  tirait la sonnette d’alarme: « Même  sans les changements climatiques, il y a déjà un risque d’inondations de la ville de Nouakchott parce qu’une bonne partie de la ville s’est développée dans une zone de dépression qui est l’Aftout. Et quand les gens y construisent, il faut s’attendre a être inondé ».

Construite dans les années 50 pour accueillir la capitale du futur Etat mauritanien, Nouakchott était prévue pour environ 8000 habitants à l’horizon 1970. Cinq décennies plus tard, c’est près d’un million de personnes qui y vivent, avec de fortes concentrations démographiques dans des zones inondables, comme les quartiers de Sebkha, El Mina, Socogim PS, Ksar, Dar Naim et une bonne partie des zones résidentielles de Tevragh Zeina.

Les dernières précipitations survenues en  août et septembre 2009 auront confirmé les craintes des spécialistes  au sujet de sérieux risques de catastrophes naturelles dans les années à venir, sous formes d’élévations du niveau de la mer, d’érosion accrue des zones côtières,  de destruction de la mangrove et d’inondations aux conséquences désastreuses.  A travers le Projet Adaptation aux changements climatiques, les autorités mauritaniennes veulent surtout  consolider  l'immunité des collectivités sahéliennes pour  faire face aux dérèglements  climatiques. Pour y arriver, les experts mauritaniens coordonnent leurs activités avec  leurs collègues de la sous-région. D’ores et déjà, au niveau de la ville de Nouakchott, le financement onusion  a permis de créer un site pilote destiné á tester la viabilité des mesures d’adaptation aux changements climatiques. Il s’agit d’un   cordon dunaire du littoral situé entre  le marché aux poissons, le Warf (ancien petit port de Nouakchott), et la ceinture verte érigée en système  de protection de la ville de Nouakchott.

Ce même cordon dunaire (Zbar en hassania, une des 4 langues nationales que compte la Mauritanie) n’a cessé de se rétrécir ces dernières années sous l’effet conjugué de la nature et de l’action humaine. En se promenant non loin de la Cité Plage, les effets sont visibles: l’affaissement du cordon dunaire ne résiste plus aux incursions de l’eau, même avec de faibles quantités de pluie et lors des marées hautes.  Selon de récentes études commandées par les autorités mauritaniennes, Nouakchott risque de voir 79 % de sa superficie globale  inondée dans moins de 10 ans, tout au plus vers 2020. Le pire scénario la voit disparaitre entièrement vers 2050.

S’adapter, mais à quel prix ?
Longtemps négligée, la menace semble désormais prise très au sérieux par les autorités qui cherchent à mobiliser le concours de la communauté internationale à travers le Projet Adaptation aux changements climatiques du littoral, financé par le Fonds pour l’environnement mondial, le Programme des Nations Unies pour le Développement et l’Unesco.  Trois partenaires auxquels s’est jointe récemment la Banque mondiale, qui  a envoyé à Nouakchott  début décembre 2009 une équipe d’experts en prélude au sommet de Copenhague pour informer les autorités locales sur les différentes sources de financement et plaider en faveur d’une intégration des problématiques environnementales dans les politiques de développement. « La Mauritanie a connu des périodes de sécheresse importantes et les projections par rapport aux variabilités et changements climatiques  sont encore plus menaçantes et vont donner  des périodes de sécheresses encore plus importantes avec des extrêmes climatiques », prévient Taoufiq Bennouna, Spécialiste principal en ressources naturelles à la Banque mondiale. « La situation est suffisamment alarmante et nécessite des actions urgentes », ajoute-t-il.

Conscient de la nécessité d’agir et de l’urgence de prendre à bras le corps le risque climatique dans les actions des gouvernements, le Groupe de la banque mondiale a mis en place une stratégie Changement Climatiques  pour les pays de l’Afrique subsaharienne dont l’objectif est de renforcer la résistance du développement au changement climatique. Elle est composée de 4 piliers : renforcer les opportunités d’adaptation ; renforcer les opportunités d’atténuation ; promouvoir la connaissance et développer les capacités ; augmenter les possibilités de financement. C’est justement ce dernier point qui était á l’ordre du jour début Décembre 2009 lors d’un atelier organisé dans la capitale mauritanienne.

Invité lors du dernier sommet de Copenhague sur les changements climatiques, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz— dont le pays assure la présidence du Comité Permanent Inter États de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) — avait  demandé la mise en œuvre du Plan d'Action de Bali, adopté en décembre 2007. « L'avenir de la planète est entre nos mains et nous devons donc assumer cette responsabilité avec rigueur et discernement », a-t-il souligné.

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