dimanche 14 octobre 2007

la montagne accouchera d'une souris, si elle n'est pas stérile

la création d'un parti politique est une liberté garantie par la constitution mauritanienne, tant que celui-ci respecte la loi.
pourquoi alors la création du futur parti de la majorité présidentielle soulève-t-elle donc l'indignation de nos partis d'opposition et même de certains partis de cette même majorité (Messaoud ente vem)?
selon ses détracteurs, ce parti risque de reproduire les errements du PRDS dans toute sa splendeur passée (zemen ba6chou), à y voir de plus près nul besoin d'un parti pour instrumentaliser une administration monnayable à souhait; M. Daddah en sait quelque chose lui qui a profité ses largesses durant la transition ( ministre des finances )

Pourquoi Messaoud qui dit craindre cette même instrumentalisation, passe sous silence le cas de ses ministres par ailleurs intouchables ( ministres de l'hydraulique et de la jeunesse et des sports)

peut être alors devrait on chercher ailleurs l'origine de cette obsession?
l'enjeu est nettement moins altruiste et beaucoup plus terre-à-terre voire pécunier.
car voyez-vous l'enveloppe financière allouée au financement des partis politiques est partagée selon les résultats obtenus lors du premier tour des municipales, seulement les indépendants ne sont pas comptabilisés, s'ils s'organisent en parti, la part des autres se réduirait alors en peau de chagrin.
la loi n'est pas rétroactive me direz-vous, oui mais avec une majorité absolue au parlement, l'amendement d'une loi ne devrait pas poser de problèmes

l'opposition insiste pour que Sidi ne soit pas affilié au futur parti, qu'il ne le dirige pas soit, mais qu'il n'en soit pas proche est ridicule.
Si M. Daddah devait demain être élu président, dissoudra-t-il le RFD pour autant? prétendre alors ne pas en être proche serait ridicule, mais que le RFD n'ait existé que pour faire élire Daddah est tout aussi ridicule. ( ceci est évidemment valable pour tout autre politicien briguant un mandat présidentiel)

Donc il faut s'indigner de l'état actuel de notre administration qui de l'aveu même du Premier Ministre ( chahida chahidoun min ahliha) ne s'améliore pas : une administration qui reste corruptible à souhait!!
D'ailleurs la création d'un ministère de la modernisation de l'administration est une aberration en soi c'est une réforme profonde de cette administration qu'il faudrait entendez recyclage; remise à niveau et tout le tutti quanti
car en Mauritanie on fait comme d'habitude on saute les étapes, la modernisation c'est la charrue avant les bœufs.

Ceci est un appel à la création d'un véritable contre-pouvoir, d'une opposition qui prend ses responsabilités et qui sera notre véritable bouclier contre l'hégémonie d'un éventuel PRDS bis.

nous avons besoin d'une véritable opposition dans ce pays, qui ne fait pas que s'indigner de la perte éventuelle de ses petits privilèges.
dont les activités ne se limitent pas au fait d'être reçus par le président et de l'organisation de conférences de presse.

LM