mardi 24 juillet 2007

Nouakchott

Tevragh Zeina - Ilôt K

Ilôt K 071

Je vous présente l'Ilôt K, le quartier dans lequel je traîne fréquemment mes sandales. J'habite au niveau des arbres de la piste (ici on ne dit pas 'rue', allez savoir pourquoi...) que vous voyez sur la première photo. Petit appartement joliment appelé 'maison des volontaires' ou 'case de passage', qui sert à héberger les volontaires ou assimilés qui ont la bonne idée de venir passer un peu de leur temps à Caritas.

Place de l'école "Petit Centre"

La deuxième photo est prise de cette piste et offre une vue imprenable sur la place du Petit centre, une des nombreuses écoles privées francophones de Nouakchott. Le système scolaire publique laisse encore beaucoup à désirer, ce qui fait le succès de ces écoles privées. Un reproche fait à ce système est notamment sa division en scolarisation arabophone et francophone. Le résultat est qu'aujourd'hui la population se retrouve divisée en 2, dont une partie écrit et parle parfaitement l'arabe et l'autre le français, sans que, dans chaque "filière" la langue qui n'est pas celle d'enseignement soit étudiée, ou très peu. Résultat : les personnes ayant étudié en français le parlent et l'écrivent bien, parlent le hassanya couramment (dialecte arabe mauritanien), comprennent l'arabe classique (le hassanya en est très proche) mais n'écrivent et ne lisent pas l'arabe. Les personnes ayant étudié en arabe le comprennent et le lisent bien mais ne lisent pas et ne parlent pas français, à moins d'avoir l'occasion de s'y former personnellement ou de travailler en environnement francophone. Quand ces personnes ont la possibilité de se former à une autre langue, ils choisissent pour beaucoup l'anglais. L'enseignement arabophone est privilégié dans la couche populaire, par le biais des écoles coraniques. Personnellement j'ai eu souvent à regretter de ne pas avoir encore pris le temps et eu le gourage de me mettre au hassanya lors de mes visites chez des amis habitants les quartiers pauvres, ou lors de mon voyage en empruntant les transports mauritaniens. Dans la vie quotidienne, les petites boutiques sont elles aussi souvent tenues par des arabophones, et les femmes parlent très souvent peu le français. Ce qui devrait me motiver pour l'apprendre, ce sacré dialecte !!! J'y pense, j'y pense...

Route du lycée français

La route du lycée français (qui accueille en réalité tous les enfants de nationalité française jusqu'à la terminale) est visible sur la troisième photo.

Comme vous pouvez le constater, Nouakchott est faite de nombreuses pistes et de quelques grands axes goudronnés sans trottoirs. La ville est relativement verte, avec quelques endroits un peu plus riches en arbres mais peu fréquentés car pas du tout conçus pour être des espaces publics (terrain de l'ambassade de France, bien barricadé, parc du cinquième, où des cultures de légumes et salades côtoient malheureusement les ordures, qui, envahissant la ville, ne se gênent pas non plus pour déborder sur cet espace vert).

Petit tour au cinquième

Puits du 5èmeLe cinquième est l'un des quartiers les plus pauvres de Nouakchott ; comme pour une majorité de Nouakchottois les habitants doivent se ravitailler en eau, soit grâce à un ravitaillement par fûts sur des charettes tirées par des ânes, soit en se rendant aux puits disséminés dans les quartiers (photo ci-après : le puits est la construction dépassant la taille des maisons alentours, à côté la file d'attente des habitants du quartiers, aux environs de 9 heure le matin pour remplir leurs bidons).

Ce quartier abrite l'un des marchés les plus importants et les plus populaires de la capitale, où tout peut être trouvé, neuf et occasion ; poisson, tissus, légumes, chaussures, épices, vêtements, portails, tapis, pipes et tabatières artisanales, mousses à salon (les canapés locaux), médicaments traditionnels, viande, ustensiles de cuisine, ...

Ce qu'on appelle communément "les jardins de Nouakchott", un espace vert bourré de palmiers en plein centre-ville, se situe également dans ce quartier. Une partie est apparemment vivement déconseillée aux honnêtes gens sans défense (d'ailleurs elle n'est pas très agréable à parcourir, avec ces palmiers déracinés et ces sentiers défoncés ; un vrai décors de fin du monde), une autre sert à des cultures potagères ; tomates, salades, les Mauritaniens y récoltent même les dattes à l'époque de la guetna.

Toujounine, la brousse à la ville

Toujounine, sur la route de l'espoir (axe Nouakchott - Néma), cache, derrière ses boutiques, restos et autres stations essence tous plus ou moins intéressés par les voyageurs en partance, comme une atmosphère de brousse. Quand vous vous aventurez à l'arrière, c'est d'abord l'odeur de menthe qui trahit l'esprit des habitants. Puis vient rapidement la découverte des cultures, impressionnantes, parsemées de puits à l'ancienne, qui doivent alimenter toute la capitale en menthe fraîche, cet ingrédient indispensable au thé mauritanien. Au milieu, quelques jardins de légumes trouvent aussi leur place. Entre eux des sentiers à l'allure broussarde, bordés de buissons épineux, cheminent joyeusement.

Le désert n'est pas loin, juste derrière, il envahit l'air de rien les quelques constructions qui ont voulu s'édifier si près de lui. Les magnifiques dunes orangées ajoutent la touche qu'il fallait pour parfaire l'ambiance de brousse du quartier. Sans oublier la ceinture verte, cette plantation d'arbustes, belle tentative (apparemment réussie) pour arrêter l'envahissant désert ; oiseaux, phacos, petites gazelles, chameaux, et même Nouakchottois (et amis de Nouakchottois) en manque de brousse, s'y réfugient.

sanddv.teria.org

je vous livre ce cette texte que j'ai trouvé excellent est qui décrit assez bien certains quartiers de Nouakchott.
LM