lundi 18 juin 2007

CHRONIQUE DE SOCIÉTÉ : des sociétés qui arnaquent et les problèmes sociaux en de mains peu rassurantes

Ces sociétés qui nous arnaquent - suite

On avait précédemment parlé dans un blog du comportement mafieux de la banque de l’habitat (BADH) au sujet des logements sociaux. C’était un message de LM du 24 mai 2007 (« ces sociétés qui nous arnaquent»).

Je me rappelle bien qu’il y a plus d’un an, je vous avais parlé du sujet, après un visite avec un promoteur immobilier de ces logements dits sociaux et j’avais tenu à alerter tous les amis sur l’arnaque surtout au sujet de la construction et de l’état des logements qui était on ne peut plus scandaleux : murs déformés, portes et fenêtres ravagés par la rouille, zones salées de constructions avec des matériaux non adaptés etc.

En effet, en visitant ces lieux ou nids de poules en grand, j’avais une vision d’horreur en pensant que dans quelques années tout va s’effondrer comme la cité fantôme de Las Palmas de Sebkha (5ème arrondissement), appelée longtemps du nom de la tribu d’un ancien ministre des Finances qui aurait distribué à sa parentèle des lots importants dans cette cité.

L’arnaque vient d’atteindre son paroxysme du coté des logements construits sous l’égide de la SOCOGIM en convention avec la BMCI.

Plusieurs cadres moyens qui ont souscris en 2002-2003 des contrats stipulant qu’au bout de 2 ans ils pouvaient enfin être propriétaires se sont retrouvés floués. En effet, il était convenu qu’ils payaient un acompte de 2 millions d’UM et que la maison leur coûterait en définitive 6 millions d’UM au terme du contrat.

Mais ils ne vont pas être à leur première surprise en trouvant au bout de 2 ans que rien n’a avancé et pire la somme totale due est montée à plus de 9 millions d’UM soit 50% d’augmentation et ce sans tenir compte des chiffres de l’inflation et des règles élémentaires du contrat.

Plus encore, l’ancien directeur des crédits à la BMCI, responsable du projet au départ s’est retrouvé à la tête d’une société fictive responsable du suivi du projet…

Ces jours-ci, on apprend, une fois de plus, que les maisons seront livrées aux clients mais en payant en tout plus de 14 millions d’UM soit plus de 130% de plus que le prix fixé par le contrat initial!

Avec la BADH, c’était 7,2 millions pour 3,9 millions initialement (85% d’augmentation).

Des arnaques que l’Etat laisse faire et même approuve.

Il faut savoir que ces marchés ont bénéficié surtout aux hommes d’affaires et aux hauts fonctionnaires qui ont eu chacun un lot de plusieurs maisons avant que les vrais bénéficiaires aient pu se retourner. C’est ainsi qu’il a fallu augmenter le nombre de logements, vu que tout a été donné à ceux qui ne devaient pas en bénéficier… C’est ainsi que des personnes non concernés par les logements sociaux, Roumouz El Vessad pour la plupart et richissimes déjà, se sont retrouvées sur la liste des futurs propriétaires. Qui nous dit qu’ils ne sont pas inscrits aussi dans les kebbas ? Tout est possible.

Un nouveau responsable pour les affaires sociales


La semaine dernière, le Commissaire des affaires sociales et de la sécurité alimentaire a été relevé de ses fonctions juste après un voyage à Rome, au siège du PAM (Programme alimentaire mondial), pour expliquer, avec tout son staff, l’urgence de venir en aide à la Mauritanie qui est en passe de connaître une famine comme le Niger, l’an dernier et l’Ethiopie, il y a encore plusieurs années. Tout le staff était fier de ses interventions et d’avoir gruger la communauté internationale (encore une fois) et près à réceptionner les milliers de tonnes de vivres qu’ils n’allaient pas tarder à revendre à des hommes d’affaires bien connus de la place qui contrôlent les prix des denrées de première nécessité (riz, blé etc.).

L’ancien Commissaire avait sans doute l’autorisation du PM ou de Sidioca avant de monter au créneau et faire appel à la communauté internationale. Pourtant, c’est lui le bouc émissaire qu’il faut jeter en pâture. Le PM s’était pourtant fait contredire par le Trésor Public sans égratignure et Sidioca n’a pas le temps de parler au peuple : il reçoit en continu depuis 2 mois tous les visiteurs étrangers de la Capitale et même les touristes (le chef d’un bureau d’Areva était paraît-il juste de passage à Tergit…).

Vous vous rappelez qu’à la constitution du gouvernement de ZZ, nous avons eu les CV de tout le monde et du dit Commissaire ainsi que du Délégué à la promotion du secteur privé qui ne sont pas sur la liste des ministres. Pourquoi n’avons nous pas eu aussi à la constitution du gouvernement, les noms des directeurs de la SNIM, de la douane, de la police etc qui sont aussi importants que nos 2 compères pseudo ministres ?

Qui a lu le CV du nouveau Commissaire nommé à la hâte et probablement dans l’urgence ?

Personne.

Alors, comme je ne voyait pas de CV venir comme d’habitude, j’ai demandé à un ami très au fait de l’actualité dans notre pays et des coulisses du pouvoir. Je vais l’appeler « Gorge profonde». Je ne donne les informations qu’il me donne que parce qu’elles sont exactes et vérifiées et qu’elles ne concernent pas la vie privée des personnes, même publiques.

Le nouveau Commissaire est monsieur Jiddou O. Abderrahmane O. Sadi. Ancien instituteur, il a intégré l’ENAP (Ecole Nationale d’Administration Publique) de Rabat au Maroc dans le cadre de la coopération marocaine très généreuse après le retrait de la Mauritanie de Tiris El Gharbia. Il faut savoir que la majorité de l’administration territoriale mauritanienne est issue de cette formation. Il n’y a pas pour les mauritaniens de concours d’entrée comme pour les marocains alors que les étudiants de l’ENA de Nouakchott passent un concours. Par ailleurs, on n’a pas besoin d’être bilingue. C’est ainsi que les défaillances de l’administration mauritanienne surtout pendant les années de braises (89-91) sont liées pour la plupart à ces administrateurs formés sans passer par le cursus habituel et arrivés dans une optique politique sectaire, le plus souvent (baassistes et nasséristes). Ce fût le cas de la justice avec les magistrats de l’ISERI mais là, c’est un autre sujet…

Revenons à notre Commissaire, il intègre donc à la fin de sa formation le cycle très convoité des administrateurs civils, sans concours, encore une fois, comme par magie.

Il est nommé directeur adjoint de l’administration territoriale au Ministère de l’Intérieur puis en 1993, à la création du Secrétariat de l’Etat civil, directeur des études et de la règlementation sous Khattar O. Cheikh Ahmed. Il gère ainsi le projet financé par la Coopération française pour l’état civil qui sera une catastrophe sans nom.

En 1996, après le départ de Khattar, il est démis de ses fonctions sous le nouveau Secrétaire d’Etat, Abdelwedoud.

En 1998, il reprend la même direction, à l’arrivée à la Primature de O. Guig. Les centres d’Etat civil à l’intérieur du pays et dans les Moughataa de Nouakchott, deviennent de vraies boutiques où des « kits » de l’Etat civil sont en vente comprenant actes de naissances, livrets familiaux etc. Le tout informatisé et en bonne et due forme…

Par la suite, sous le règne de Taya, l’Etat civil redevient une simple direction comme elle devait toujours l’être en sachant que Taya a gagné toutes les élections 1991-92, 1997 et 2003 avec sa complicité bienveillante malgré les remarques des bailleurs de fonds étrangers.

Le 3 août 2005, Jiddou O. Abderrahmane est nommé Secrétaire général du ministère de l’Hydraulique. Au bout de 2 mois et malgré l’appui de O. Ghazouani qui l’avait proposé, il est viré par Ely O. Mhaïmid, le ministre, médecin vétérinaire de bonne et classique formation et ancien directeur au ministère du développement rural. Les raisons de son limogeage échappent à notre ami « Gorge profonde» mais le problème de compétence ne serait pas étranger à la décision…

Depuis il y a eu les élections et toutes les adhésions et retournements de vestes (et boubous, aussi), ce qui a bouleversé la carte politique. Le nouveau Commissaire aurait été du bon coté (et comment d’ailleurs !), ce qui explique qu’il ressurgit pour occuper un poste de rang ministériel au premier gouvernement, encore, de l’ère démocratique, celui de la IIIème République…

Mes meilleurs vœux, ainsi que celles de « Gorge profonde », pour les affaires sociales et la sécurité alimentaire en Mauritanie
YAN