samedi 2 juin 2007

Chronique du temps qui ne passe pas

Bonjour chères et chers,

Le spectacle que donne à voir l'équipe aux affaires n'est pas des plus rassurants. Ai-je la berlue ou avez-vous comme moi l'impression que la flamme faiblit, la fleur se fane, l'espoir (s'il a jamais existé) commence à s'envoler ? Le gouvernement fait du surplace, le président prend son temps, pour les mauritaniens, c'est chronique du temps qui ne passe pas. Tout ça pour ça ?! serait-on tenté de dire. On nous a vendu des élections. Tout va changer, vous allez voir, faites nous confiance, vous ne vous occupez de rien on s'occupe de tout. Et ils se sont d'abord occupé de rien, c'était urgent. Pour amuser la galerie et occuper les esprits, va que je t'organise une petite visite à l'hôpital ! Pendant ce temps, le bruit court de plus en plus assourdissant, que les militaires ne sont jamais partis, que le président ne contrôle rien, que les caisses sont vides. Les militaires ne sont pas partis mais ils ont emporté la caisse. Le président et le premier ministre (j'y ajoute le président de l'Assemblée Nationale) sont les voix du peuple. Ils n'ont pas été investis par les militaires mais bien par un président ou des députés qui tiennent leur mandat du peuple. Alors qu'ils prennent leurs responsabilités : un audit et des sanctions le cas échéant, la démission ou endosser le chèque et être comptable des abus de la soldatesque. Sidi doit prendre son courage (sait-on jamais, il peut bien en avoir) et se départir de son manteau de marabout transi de peur pour affronter directement les militaires et les accompagner dans leurs casernes. Qu'y pourrait-il perdre ? Les militaires auront-ils le courage d'affronter la communauté internationale quelques semaines seulement après des élections saluées par le monde entier, y compris par les principaux protagonistes défaits ? Rappelons juste qu'après nous avoir débarrassés de la dictature Ely et la junte avaient supplié les civiles d'aller plaider la levée de l'embargo imposé par la communauté internationale. J'aurais aimé ajouter que le peuple sera aussi du côté du président pour préserver les acquis démocratiques mais là je risquerais de passer pour un blaireau ou un grand naïf.

Jojobel