dimanche 8 avril 2007

Les enfants de Bayla : A quoi rêvent nos enfants ?

Ma dernière visite à Nouakchott fut en prison. J'ai visitée la prison d'enfants de Bayla. Et j'ai vu qu'elle n'était que l'antichambre de celle des grands fauteurs; de ceux que l'on isole pour non seulement les punir mais aussi les mettre à l'abri des regards. Ils représentent ce que notre société ne peut supporter de voir: ses déviances qu'elle n'arrive pas assumer.

Déviances qu'elle cache dans des replis nauséabonds de béton armé jusqu'aux dents par acquis de mauvaise conscience. Mais les vrais criminels sont-ils entre ces murs?

Ces enfants là, je leur ai parlé et j'ai vu dans leurs yeux tout le désespoir du monde. A Bayla, dormant à même le sol parfois les pieds enchaînés, pour on ne sait quel motif dont il faut chercher les raisons dans les sautes d'humeurs d'un gardien au balbutiement d'une inintelligibilité carcérale, les enfants ne parlent que des sévices qu'ils subissent et leurs rêves se sont depuis longtemps évanouis dans la grisaille des murs.

A chacun son histoire à chacun ses errements dans une société qui les condamne sans les comprendre. D’où viennent-ils, ces "criminels" en culottes courtes? Sans aucun doute de notre société. Une société qui a démissionné vouant le fruit de ses entrailles aux gémonies de la mal–éducation et de la famille éclatée. L'enfance sacrifiée n'est pas seulement entre ces murs, elle est dans la rue.

A quoi rêvent nos enfants ? A ce que ces gouvernements successifs de la désolation et de la corruption n’ont pu leur donner :

* Un état de paix
* Une société sans ségrégation
* une éducation à la mesure de leur ambition
* une famille heureuse et unie
* un environnement propice pour leurs jeux et leurs rêves



Combien de ces enfants quittent-ils la vie carcérale pour une vie civile normale et respectable ? Très peu en corps et jamais en esprit. Le nombre est d’ailleurs moins important que les séquelles que ces enfants ont gardées de leurs pénibles et frustrants séjours dans cette prison pour enfants. Enfants qui, depuis longtemps, ne le sont plus et prennent le chemin d’une autre prison.

Car j’ai aussi visité la prison centrale de Nouakchott où j’ai vu des enfants transférés de la prison de Bayla puisque dit-on, ils ont atteint « l’âge de la majorité ».

Je les ai vus ces enfants ayant subi les pires sévices puis ensuite enfermés dans des isoloirs nauséabonds et soumis à des régimes sévères. Ils venaient de quitter une enfance dans les fers et reprennent une adolescence en enfer.

Les prisons ne sont que le reflet des dysfonctionnements d’une société, mais en Mauritanie contrairement aux autres pays l’état des prisons et de leurs occupants n’intéresse personne et surtout pas les gouvernants. C’est un sujet qui ne fait l’objet d’aucun débat public ni de programmes de réhabilitation publiquement concertés. Rien. Le silence. Comme si l’on cherchait à couvrir une tare familiale qui n’est en fait ici qu’une tare de l’Etat issue de ses œuvres politiques.

Les rêves des enfants de Bayla je les ai vus consignées en dessins à la craie sur des murs crasseux, je les ai vus sur des papiers chiffonnés au fond de cellules humides. Des images d’évasion, des dessins d’enfants martyrs qui ne voient plus le monde qu’à travers un filtre de rancune et qui cherchent désespérément à être comme tous les enfants.

En quittant la prison de Bayla, un très jeune et frêle enfant était assis au fond de la cour, je lui demandais :

* Qu’as-tu fait pour être là ?
* Je ne sais pas
* Quel âge as-tu ?
* Je ne sais plus.



Est-ce cela notre société de demain? Une société dont les enfants ont perdu, à cause de la corruption de ses gouvernants, l’injustice de son Etat, et l’indigence des familles, la mémoire ?

J’ai visité ces prisons à petits pas, et moralement, je n’en suis pas ressorti.

Je crois que je suis resté là-bas à côté de ce petit prisonnier qui a perdu la mémoire. Qui ne sait plus. Qui ne sait pas.

Car moi non plus, face à tant de bêtises d’une société et de ses hommes, je ne sais plus. Je ne sais pas.

Pr ELY Mustapha.

La néocolonisation continue sous la forme des accords de cotonou

Une serie de conventions conclues entre les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne (UE) en 1975,1979,1984,et 1989 ,la derniere version ayant donné lieu à une revision en 1995 et à la publication d’un livre vert en 1996.

L’eleboration de ce type de conventions rejoint les objectifs fondateurs de L’UE établis dès le traité de ROME 1957,eux-mêmes repris dans les accords de lomé et finalement dans les accords de cotonou(2000) qui n’est pas à proprement parler un accord mais un protocole d’accord qui fixe simplement les principes des prochaines negociations ACP-UE ,arrête un calendrier et reitere la volonté des participants de parvenir à un accord d’ici décembre 2007 date à laquelle la negociation des Accords de Partenariat Economique (APE) doit s’achever .

ARTICLE 37 (accords de cotonou)

Procédures

1. Des accords de partenariat économique seront négociés au cours de la période préparatoire qui se terminera le 31 décembre 2007 au plus tard. Les négociations formelles des nouveaux accords commerciaux commenceront en septembre 2002 et ces nouveaux accords entreront en vigueur le 1er janvier 2008, à moins que les parties ne conviennent de dates plus rapprochées.


Ce nouveau cadre de coopération commerciale appelé (APE) sera mis en place à travers des accords de libre échange sur une base de réciprocité, entre l’UE et chacune des six configurations régionales que sont : les Caraïbes, le Pacifique, l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO + Mauritanie), l’Afrique Centrale (CEMAC + Sao Tomé et Principe + Congo Démocratique), la COMESA (Marché commun d’Afrique Orientale et Australe) et la SADC (Communauté de Développement de l'Afrique Australe).



Des seize pays de la région Afrique de l’Ouest(AO), seule la Mauritanie n’est pas membre de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Dans le cadre des négociations APE, les Autorités mauritaniennes ont toutefois donné mandat au Secrétariat Exécutif de la CEDEAO pour négocier en ses lieux et place avec l’UE



Cet instrument(APE) se définit comme un accord de libre-échange qui instituera une ouverture réciproque des marchés entre l’UE et les pays ou régions ACP qui seront parties à ces accords ,il favorise les negociations avec la region plutot que le pays , il favorise le secteur privé plutot que le public en mettant le lien entre commerce et développement

Très peu d’études d’impact ont abordé la question de l’impact de l’APE sur les secteurs de production, sur les ménages et sur l’emploi pire encore et tout le monde le sait les risques d’une libéralisation sur les finances publiques, le secteur productif et fragiliser d’avantage les industries naissantes, si un certain nombre de mesures d’ajustement n’étaient pas mis en œuvre de manière appropriée, y compris des réformes fiscales.



Le piege de cet instrument (APE) se trouve dans les normes de travail, on nous dit libre-échange mais avec les normes de travail de L’UE alors je me pose une question quel sont les entreprises de la région qui peuvent exporter avec les normes de L’UE des produits agro-alimentaires sur le marché européen ?

Autre pieges, qui dit liberalisation dit aussi investisseur etrangé par la suite le pouvoir economic se trouve au main des multi national sans oublier que le pouvoir politique lui aussi va se trouver au main de la region alors meme si la mondialisation est bénéfique il ne faut surtout pas oublier que La mondialisation laisse sur le côté, des franges de populations paupérisées dans les pays riches et un bon nombre de pays en développement incapables d’en tirer parti.
ouldmauritanie