vendredi 12 janvier 2007

Petite fillette à 47 ans appelée Mauritanie


-Allô ! tour de contrôle vous m'entendez ?
ici la cabine de pilote.
puis-je m'engager sur la piste pour décollage ?

-oui ! vite, car l'avion présidentiel est deja dans les airs de l'aéroport et a deja demandé l'atterissage. il est de retour de Khartoum.

nous etions deja à bord, l'avion suisse etait neuf et quand les moteurs super puissants ont commencé à tourner à fond, j'entendait à peine un bruit silencieux qui m'a rapelé le vent du désert quand il vient se jeter contre les feuilles des quelque rares arbres de teumate sur la region désertique de l'inchiri .. en ayant l'oreille proche de la branche, on entend un sifflement fort mais insidieux en meme temps.

c'est quand l'avion a commencé à prendre de la hauteur, et en regardant par le hublot, que je me suis dit ça y est j'y crois maintenant ! on est bien parti et rien au monde ne pourra plus nous arrêter avant la destination finale (je dis ça pour ceux qui hésitent au moment où il faut croire !).
en jetant un regard par la fenetre alors que l'apareil continue son ascension victorieuse vers les cieux, j'ai vu sur le tarmac, quelque soldats (certains d'entre eux etaient tres maigres) de l'infanterie nationale (chargés de presenter les honneurs au président à l'aéroport), ces soldats etaient entrain de prendre position et s'aligner sur le tarmac avec leurs matériels :
tambours, batons et clarinettes en vue de recevoir le president à son retour (le moment est au wel daddah gaç n'dar). les images qu'on allait certainement passer à la télé nationale montrant la troupe chantant l'hymne national pendant que le president se défile en affichant sa fierté et en serrant la main aux diferents membres du gouvernement (de la place) m'ont vite traversé l'esprit.
rien n'est plus normale :
le president qui part en visite à l'etranger, c'est normale qu'on lui presente les honneurs à son retour. sauf qu'il y un hic dans l'histoire. là dedans, il y a qlq chose d'exceptionnel qui s'est produit pour que cette visite ait leiu. j'en suis une victime parmi autre ...
Ômar lui aurait hurlé sur la gueule son fameux : min eyné laka hadha ! dhé mahou lak !
pour retourner aux affaires de la place, le simple citoyen que je suis, ne peut que se mettre à méditer la situation dans laquelle nous nous sommes embarqué aujourd'hui.
j'ai l'impression d'avoir laissé deriere moi un chantier où les gens qui y travaillent sont en plein bousculade pour vendaliser et piller ce qui leur reste de ce chantier pour s'eclipser apres avoir entendu que la venue du chef de chantier (futur honnete president peut etre ?) et de l'inspection du travail est imminente.
Pendant que les petites constructions de Nouakchott-Nord disparaissent au fur et à mesure que l'avion s'enfonce doucement mais sereinement vers le haut, et en pensant à l'etat général de mon pays à la veille de ces elections presidentielle de 2007 apres 47 ans d'independance, c'est un sentiment à la foi amer et degoutant qui m'a secoué le corps.
dans mon siege tout seul, les genoux collé à la poitrine, c'est comme si on m'avait administré une forte charge electrique sur la nuque puis une autre sur les cotes.
Nous prions depuis tres longtemps, et je ne sais pas s'il faut continuer à prier pour avoir un president pieux et qui va avoir pitié de l'etat et corriger les maux qui gangrennent l'ossature de l'appareil etatique Mauritanien.
je m'incline religieusement devant l'enormité de la tache !
le phénomene des hauts parleurs des « standards » qui hurlent et crachent des sonorités extrêmement désagréables m'a attiré l'attention l'année dernière.
cette années c'est au tour de l'état de circulation à Nouakchott.
mes amis, avez vous constaté que ce n'est plus un plaisir de prendre le volan de sa voiture et aller faire un tour dans la capitale ?

L'etat actuel de la circulation dans notre capitale ne reflète-il pas l'etat mentale et politique dans laquelle nous nous retrouvons ?
voici un exemple :
autour du point rond, carrefour Madrid par ex. (qu'on peut assimiler si vous voulez, à un rdv électoral ou à une échéance politique), à ce rendez-vous, je constate que nous n'avançons que par grignotage.
la notion de priorité à disparu et au croisement, l'usager passe en filant, il avance jusqu'à ce que l'autre n'ait plus de choix que s'arrêter ou bien lui rentrer dedans. s'il s'arrête, tant mieux, l'usager file droit vers sa destination sans jeter un regard, sinon c'est lui (celui qu'on l'a contraint) le fautif car il lui est rentré dedans.
un autre phénomene tjs au chapitre de circulation, plus ta voiture est pourrie, plus tes chances pour passer en priorité sont grandes.
d'où le nombre assez elevé de caracasses poubelles qui traînent devant toi pendant les heures de flots sur les axes principales de la capitale.
pour passer en priorité dans un carrefour ou sur un point de croisement, le jeu ressemble plus à un jeux de force : celui qui impressionne (voir fait peur) le plus passe en premier.
je connais certains (majoritairement des femmes) qui preferent garer leurs voitures et ne pas s'aventurer dans cette folle course à la mort.
sans parler de l'absence de procès verbaux pour infractions ni de systèmes d'assurances complètement inopérationnels en cas de demandes de remboursements apres avoir été victime d'un accident dont on est pas le responsable.
à cause de ce désordre sur nos routes, la perte humaine et matérielle n'a jamais cessé d'augmenter pendant ces dernieres années où la Mauritanie a vu son parc automobilier s'exploser.
A ce sujet à caractère urgent, s'ajoute l'etat de routes (non butimées et trouées lorsqu'elles le sont) et les saletés qui trainent toujours dans les rues de Nouakchott.
je ne sais pas si on a encore un souvenir (aussi petit qu'il soit) des promesses avancées par les maires locaux et deputés quand ils n'etaient que pretendant à leurs postes actuels.
allons nous aussi oublier les futures promesses des futurs candidats à la presidence aussi rapidement ?
ce qui me mene directement sur le sujet le plus abordé en ce moment dans les salons de Nouakchott à savoir les candidatures présidentielles.
malheureusement, notre pays ne dispose pas encore de forces politiques comme on l'entend aillaurs.
les forces capables d'agir sur la rue et de preserver les acquis (s'il y en a) tout en empechant les hommes au pouvoir de tourner en rond, ces forces n'ont pas encore fait leurs apparition chez nous.
nous avons beau repeter que l'appartenance de l'individu Mauritanien est plutot tribale, regionale ensuite vient la notion du groupe d'interet. l'appartenance politique au sens idéologique du terme n'est presente que dans des cas tres rares.
Cette réalité est en train de laisser la place à une autre réalité. celle d'émancipation et de prise en main.
J'avoue que je suis tres mal à l'aise quand il s'agit des candidatures des vieux (les candidats ayant depassé l'age de 60 ans).
je crains que ces personnes -à travers leurs éducations reçu pendant leur enfance et pendant leurs jeunesses d'il y plus de 50 ans et à travers leurs outils cognitifs souvent traditionnels pour voir la gravité des choses- n'aient pas été faconné à etre adaptable avec l'ère dans laquelle nous vivons et nous esperons vivre aujourd'hui.
donc : si vous etes content de l'actuelle situation et que vous n'etes pas gené (je crois que vous n'etes pas peu), votez l'un de ces trois candidats ou equivalent.
si vous avez la conviction pour changer vers le meilleurs, allez voir plutot du coté d'un candidat jeune porteur d'idées rénovateur.
le fait que le choix du CMJD s'est deja arreté sur un candidat designé, certes, représente un danger, mais ne représente pas une garantie à 100% pour que ce dernier soit porté à coup sur à la présidence.


Les maux de la Mauritanie contemporaine sont aujourd'hui bien diagnostiqués, les solutions le sont aussi.
reste à trouver le courage pour bousculer les esprits. la fausse tranquillité régnante doit etre bousculée pour laisser la place à l'esprit du changement.
pour ça il va falloir cravacher !

Lambda