samedi 6 janvier 2007

Sidioca ou l'art de l'interview

l'interview est un exercice dont on sort rarement indemne, cela demande un savoir faire qui n'est pas donné à tout le monde. Dans son interview accordée au journal le calame du 05 janvier, le candidat Sidioca la relève au rang d'art.

Dès le début le ton est donné: « vous êtes cité comme l'un des favoris pour une opinion pour laquelle de fortes rumeurs vous présentent comme l'homme d'une bonne frange des militaires au pouvoir qui veulent ainsi assurer leurs arrières. »

je vous concède que la question est tarabiscotée et aurait gagné à être formulée plus simplement, mais franchement ce n'est comme même pas une raison pour dire n'importe quoi, car Sidioca répond: « je n'ai rien de plus que vous à ce sujet » qu'est ce que cela peut bien vouloir dire?? et ça continue : « Je n'ai rien à rétorquer. Sur cette question je tiens à être très précis »faudrait savoir!

Il nous cite les deux points principaux de son programme et dit « je souhaite que le maximum de mes compatriotes viennent m'apporter leur soutien pour ce programme », ça c'est pour se démarquer clairement des candidats qui recherchent le minimum d'adhésion à leur programme!(...) « je ne vois pas pourquoi on considère que c'est un problème si l'institution militaire ne parte pas opposée à ma candidature. »

faudrait revoir la question le journaliste a parlé de militaires au pouvoir donc du CMJD et là ce ne serait pas seulement un problème, ce serait la trahison du sacro-saint principe de neutralité du CMJD sur lequel est basé toute la transition, mais n'allons pas trop vite en besogne M. Sidioca. Pour le moment rien ne confirme cela.

« Vous êtes le candidat de qui? » Bon là à sa décharge je dois reconnaître que la question déjà était stupide, mais notre Sidioca a fait mieux :"je suis le candidat de moi-même." sans commentaires, n'insistez pas ce serait trop facile, je ne tire pas sur les ambulances.

Après il nous dit que c'est une candidature réfléchie « à la suite d'une longue période d'écoute de mes concitoyens »(...) « j'ai pensé que je pouvais être utile dans la recherche de solutions et pour gouverner autrement. »

Moi qui croyait que dans un programme électoral on est sensé proposer des solutions, ça doit être dépassé, maintenant vous êtes élu pour chercher des solutions, dans cinq ans on les aura c'est sûr, après encore cinq ans pour rechercher les méthodes pour les appliquer mais pas de bol la loi ne permet que deux mandats et M....

la valse des questions vaseuses continue « vous êtes le candidat de la continuité ou celui de l'alternance? »

la réponse est radicale « Je n'appartiens pas à ce qu'il y a ici. » ça a le mérite d'être clair et il nous dit qu'il s'est éloigné pendant 14 ans et surtout « je me suis bien gardé de me mêler de ce qui s'est passé ici. »

Et j’ai envie de répondre tu sais quoi Sidioca (au point où on en est on peut bien se tutoyer) vu que ça t’as si bien réussi pourquoi ne continues-tu pas à ne pas te mêler de ce qui se passe ici ?

et le journaliste de dire : « sur le plan de la gestion, il y a beaucoup de choses à faire » c’est que c’est contagieux cette histoire de lapalissades

Sidioca nous dit : « ce que je peux assurer c’est que je veillerai personnellement à ce que le pouvoir exécutif c.a.d. moi ou ceux qui travailleront avec moi n’empêchent pas que la justice suive son cours. »

C’est comme même rassurant de penser que la garantie d’une justice indépendante est que Sidioca surveillera Sidioca. Ouf on a eu chaud.

En ce qui concerne le passif humanitaire et là trêve de plaisanteries Sidioca nous dit et je cite : « En ce qui concerne les déportés, n’importe quelle personne dont la mauritanité est prouvée doit revenir dans son pays si elle veut »

Ah bon la longue période d’écoute ne voua a pas réussi M. le candidat, je vous proposerai bien d’en prendre une autre et de nous revenir dans cinq ans mais je ne suis pas sûr que d’ici là l’âge vous permette de vous présenter encore ( serait-ce un secret d’état ? car sur le site du candidat on se garde bien de dévoiler cette fameuse date.)

Alors pour finir de deux choses l’une ou vous décidez de ne plus solliciter le suffrage de vos concitoyens ou alors au moins arrêtez les interviews.

Vous remarquerez que j’ai soigneusement évité de relever les quelques fautes de syntaxe la cause en étant que je ne sais pas si elles sont l’œuvre du journaliste ou du candidat.

A l’approche de l’ouverture de la campagne présidentielle, je me ferai un plaisir de partager avec vous mes réflexions sur les différentes sorties des candidats.

RIM.