mercredi 27 juin 2007

des contours qui restent à définir

Il y a trois mois déjà que nous avons élu notre président et que nous attendons qu'il commence l'exécution de son programme électoral.
Programme que j'ai longuement relu et qui soit dit en passant ne comporte nulle part la mention précisant les seules décisions prises par le gouvernement seront les renouvellement des permis de recherche et la nomination des fidèles.
D'après J.D. de Nouakchott Info le président aurait dit en s'adréssant à un groupe de cadres amis de ZZ " qu’il est permis de garder l’espoir de voir les conditions de vie des mauritaniens s’améliorer au cours des exercices prochains. Cependant, note-t-il, pour le reste de l’exercice 2007, force est de constater que la marge de manoeuvre du gouvernement est limitée. Pour lui, cette situation résulte de deux facteurs à savoir le déficit de la production pétrolière et le poids de certaines dépenses antérieures."
Nous constatons quant à nous que les fameux revenus pétroliers qui devaient être gardés pour les générations futures (une aberration soit dit en passant) et donc seraient des recettes non budgétisées, se retrouvent miraculeusement être la cause du déficit budgétaire à hauteur de 17 milliards!! chiffre qui d'ailleurs autre coïncidence étonnante correspond exactement à la somme qui se trouve actuellemnt dans le fameux compte 64 M$ .
autre cause de ce famaux déficit, nous dit-on, des dépenses imprévues engagées par le gouvernement passé, qui d'ailleurs nie vigoureusement ce fait.

Donc Monsieur le président nous avons votre parole contre la leur: une seule solution
AUDITEZ !!!
je sais c'est une idée fixe que nous continuerons tous à véhiculer jusqu'à ce que ce soit fait.

Aujourd'hui le conseil des ministres a approuvé un projet de loi de finance rectificative 2007.
espérons juste que le souci affiché de réduire les charges et dépenses de l'état se traduira par l'annulation ou du moins la réduction drastique des chapitres "dépenses diverses"
mais gageons qu'avec l'avènement de grands spécialistes de ce chapitre avec les dernières nominations, celui-ci aura encore de beaux jours devant lui.

Min Nahiyetin Oukhra parmi ces sociétés qui nous arnaquent, les nouvelles banques étrangères BNP Paribas et Société générale nous proposent des taux d'intérêt défiant toute concurrence entre 15 et 18% , si l'un de vous est client d'une de ces banques en France, il serait intéressant de savoir quels taux sont appliqués là bas?
à leur décharge les autres banques appliquent des taux allant de 20 à 25 % voire parfois 28%
pour encourager l'investissement et relancer l'économie, il va falloir repasser.

la palme d'or de l'arnaque est tout de même décernée à la BCM , dont le gouverneur ne cessent de faire de grands discours sur les équilibres macroéconomiques et sur la réduction de l'inflation qui selon luiserait stabilisée autour de 6%.
Pourquoi alors des taux d'intérêt usuriers??

Alors en paraphrasant Sidioca qui parle d'une formation politique dont les "contours restent à définir", nous avons un état dont les contours restent à définir.

LM

mercredi 20 juin 2007

PARTEZ, ON NE VOUS REGRETERA PAS.

Face au problème récurent d'approvisionnement en eau à NKTT, voyons ce nouveau cas d'école.

l'état au lieu de se bouger et dépêcher des experts, monter des comités d'urgence pour prendre le dossier en main, il semble que la société gérante est livrée à elle même.

Or, par la force des choses, la société a déjà démontré son incapacité de maitriser le problème par ses propres moyens.

Voici ce que dit le DG de la SNDE Abdallahi Ould Hweibib :

Le problème est dû à l'augmentation de la consommation (chers clients, arrêtez de vous doucher pour réduire la consommation et faire plaisir au monsieur SNDE) + la chaleur (arrêtez de faire tourner vos clim qui augmente la température extérieure) + énergie manquant (il prétend manquer d'un groupe électrogène supplémentaire) sans avoir la gentillesse de prononcer un seul mot d'excuse auprès de ses clients pour la gêne.

Il parlait tranaaaanquilement au micro, et il semble déguster -avec saveur non dissimulé- le fait d'être haut responsable et cousin du président. Pour les gens qui connaissent, ça donne quoi comme sensation ?

Monsieur saad ebih ould Med Elhacen, comme pour epauler son directeur vient nous parler des superbes realisations futures et autres salades du genre Aftout essahli.

A la radio, au lieu de se sentir responsable et se comporter suivant la situation à caractère on ne peut plus urgent et alarmant, les deux dirigeants de la SNDE continuent à jeter la responsabilité sur les citoyens (voire déclarations au média + publicités insolentes et immorales radio-télévisé).

Ould Hweibib a tenté aussi de jeter la responsabilité sur des sujets encore moins évidents genre problème régional ou encore le réchauffement de la planète.

en fait, dans ce siècle que nous vivons, face à un problème que l'on n'arrive pas à régler facilement, les gouvernement des pays occidentaux disposent désormais de deux bouc émissaires : le terrorisme et le réchauffement de la planète.

Les dirigeants de la SNDE semblent avoir compris cela, et ils s'en servent sans scrupule.

Je m’attends prochainement à ce qu'ils nous parlent d'explosions terroristes sur les tuyaux d'Idini et autres découverte de bombes sous différentes installations de la société.

Le comble de l'incompétence et de la vulgarité c'est les déclarations du directeur d’ approvisionnent en eau au ministère de l’hydraulique Monsieur Mohamed El Moctar Ould Mohamed lorsqu'il affirme que malgré la dégradation dans laquelle nous vivons désormais, on doit s'estimer heureux, car le problème n'est pas posé uniquement pour nous.

Il nous apprend que le problème est posé à l'échelle continentale en rapportant avec fierté (!) que 314 millions d'africains n'ont pas accès à l'eau potable.

Et alors ? Je ne vois pas en quoi notre situation est meilleure que la leur.

ça me rappelle les déclarations de Taya quand il évoquait les retards des salaires des fonctionnaires dans les pays voisins pour montrer que notre situation est meilleure.

Comme pour dire : tant que vous recevez un salaire (bas soit-il) à la fin du mois, estimez vous heureux.

C'est à cause de cette mentalité boiteuse qui consiste à l’obligation de «se suffire du peu que l'on a» cumulée sur les décennies et ancrée dans les mentalités, que je ne m'étonne pas si j'ai des compatriotes -totalement innocents- qui s'estiment heureux par le simple fait qu'ils ne sont pas en prison ou qu'il ne sont pas poursuivi. Pour le reste, ils ne se sentent pas concernés.

Le citoyen est traqué mentalement et physiquement jusqu'au coin le plus reculé dans son intérieur.

Disons que l'Héritage culturel récité en sa majorité aux temps de la première dictature dynastique de Banou oumayateu et écrits (3açr ettadwin) aux temps de l’hégémonie de El3abbaçiyine, les Abbassides qui glorifie la mauvaise interprétation du dogme Eurradha bil9adha'a : la soumission totale face au destin, n'a pas arrangé les choses non plus. Mentalement, le musulman dans mon pays est appelé à se comporter comme s’il etait uniquement «de passage». Car lorsqu'on est uniquement «de passage», «le peu» devra nous suffire. ON NE DEVIENT PAS TROP REGARDANT. C'est comme ça que notre monde n'avance pas, et c'est dans le contraire que réside peut être le secret de l'évolution et du progrès chez «les autres». Le jour on l'on comprendra que LE DESTIN c'est nous-même qui le créerons, les choses prendront un autre tournant.

Je ferme cette parenthèse plutôt culturelle pour ne pas trop m'éloigner de mon sujet.

Dans une situation de rupture de fourniture de service pareille (en l’occurrence l’eau courante), et sous un gouvernement sain (comme le prétend l'être le notre), les moindres des choses, c'est que ces individus d'Abdallahi Ould Hweibib, Saad ebih ould med elhacen et Med elmokhtar ould Med d'un autre temps sautent comme des vulgaires responsables qui n'avaient ni conscience professionnelle ni compétences techniques.

N’envisageant toujours pas la démission par eux-même, inconscients de la gravité de la chose comme il semble, l'État doit prendre ses responsabilités et mettre fin le plus rapidement possible à cette mascarade qui est l'eau et l'électricité.

Je me demande ce qu'attend le parlement pour interpeler le gouvernement sur le sujet avec exigence de date butoir pour résoudre le problème.

Personnellement, une démocratie qui ne sanctionne pas ceux qui méritent le châtiment, me pose problème.

Sur un plan strictement moral, si ses trois responsables à deux balles ne démissionnent pas à leur initiative eux même, et si j'étais aux affaires, je ne vois pas comment résister à l’envie de les envoyer devant un tribunal correctionnel pour la gestion désastreuse et les dégâts causés à l'endroit de l'existence conceptuelle de l'État mauritanien et à son image.

Pour vous, si l'État -en tant que concept- ne se manifeste et ne se matérialise pas par un service continu, que serait-il donc alors pour vous ?

Lorsque vous habitez dans le 1er arrondissement et que vous payez le baril d'eau de mauvaise qualité à 600 voire 1000 UM que vous payez auparavant à 200 (trois fois plus cher dans le meilleur des cas), et que vos ressources pécuniaires sont limitées, ça vous donne des idées noires.

Les quartiers dit riches ne sont pas mieux lotis car ils payent la citerne de 5 tonnes à 13 000 UM, qu'ils payaient auparavant à 8 000 UM (augmentation de plus de 61%).

Ce fléau de soif, les pauvres et les riches en sont victimes. A la différence que la classe moyenne ne peut pas s’offrir le luxe de bouteille d’eau minérale. Même lorsqu'on est malade sur un lit à l’hôpital national.

Alors, Messieurs Ould hweibib, Saad-Ebih Ould med elhassen et Mohamed El Moctar Ould Mohamed (la clic), sachez désormais et en termes clairs et sans langue de bois, que vous volez ce que vous toucher comme salaires. Car, en terme simples, Vous ne remplissez pas la mission pour laquelle l’Etat vous verse votre salaire à la fin du mois.

Pensez-y lorsque vous apprêtez à dormir le soir prés avoir bien mangé et bu l'eau minérale en bouteille.

Moi, habitant du 1er arrondissement, je vais continuer à boire l'eau de ma Beurigua probablement mélangé à qlq goûtes la sueur du front du charretier de mon quartier. Même si le prix de 600 UM dépasse légèrement mon budget. Même si la qualité de cette eau ne me rassure pas trop. Et même si mes petits enfants encore à l’age fragile en souffrent. Le fils des nos voisins riches leur avait lancé hier dans la figure qu’ils ne les fréquentera plus car ils risquent de développer une hépatite B.

lui, et ses parents -en cette période de crise- ne boivent que de l’eau en bouteille comme vous.

Je peux aussi conformément à votre cher souhait m'estimer heureux. Cependant assumez-vous le fait que vous méritez pas vos salaires (vu vos postes respectifs, vous devez en avoir plusieurs) et donc par conséquent assumez le statut dé tourneurs -de nouveau genre- des deniers public.

Si vous allez à la mosquée et êtes cohérent au fond de vous-même, ne pousser pas jusqu'à ce qu'on vous relève de vos fonctions (ce qui pourrait être en cour en ce moment). Préserver le peu de dignité qu'il vous reste et laisser la place à d'autres plus compétents et surtout plus sérieux. La SNDE regorge des gens plus dignes et qui sont surtout capables -TECHNIQUEMENT ET HUMAINEMENT PARLANT- de prendre ce problème à bras-le-corps.

Lambda.

lundi 18 juin 2007

CHRONIQUE DE SOCIÉTÉ : des sociétés qui arnaquent et les problèmes sociaux en de mains peu rassurantes

Ces sociétés qui nous arnaquent - suite

On avait précédemment parlé dans un blog du comportement mafieux de la banque de l’habitat (BADH) au sujet des logements sociaux. C’était un message de LM du 24 mai 2007 (« ces sociétés qui nous arnaquent»).

Je me rappelle bien qu’il y a plus d’un an, je vous avais parlé du sujet, après un visite avec un promoteur immobilier de ces logements dits sociaux et j’avais tenu à alerter tous les amis sur l’arnaque surtout au sujet de la construction et de l’état des logements qui était on ne peut plus scandaleux : murs déformés, portes et fenêtres ravagés par la rouille, zones salées de constructions avec des matériaux non adaptés etc.

En effet, en visitant ces lieux ou nids de poules en grand, j’avais une vision d’horreur en pensant que dans quelques années tout va s’effondrer comme la cité fantôme de Las Palmas de Sebkha (5ème arrondissement), appelée longtemps du nom de la tribu d’un ancien ministre des Finances qui aurait distribué à sa parentèle des lots importants dans cette cité.

L’arnaque vient d’atteindre son paroxysme du coté des logements construits sous l’égide de la SOCOGIM en convention avec la BMCI.

Plusieurs cadres moyens qui ont souscris en 2002-2003 des contrats stipulant qu’au bout de 2 ans ils pouvaient enfin être propriétaires se sont retrouvés floués. En effet, il était convenu qu’ils payaient un acompte de 2 millions d’UM et que la maison leur coûterait en définitive 6 millions d’UM au terme du contrat.

Mais ils ne vont pas être à leur première surprise en trouvant au bout de 2 ans que rien n’a avancé et pire la somme totale due est montée à plus de 9 millions d’UM soit 50% d’augmentation et ce sans tenir compte des chiffres de l’inflation et des règles élémentaires du contrat.

Plus encore, l’ancien directeur des crédits à la BMCI, responsable du projet au départ s’est retrouvé à la tête d’une société fictive responsable du suivi du projet…

Ces jours-ci, on apprend, une fois de plus, que les maisons seront livrées aux clients mais en payant en tout plus de 14 millions d’UM soit plus de 130% de plus que le prix fixé par le contrat initial!

Avec la BADH, c’était 7,2 millions pour 3,9 millions initialement (85% d’augmentation).

Des arnaques que l’Etat laisse faire et même approuve.

Il faut savoir que ces marchés ont bénéficié surtout aux hommes d’affaires et aux hauts fonctionnaires qui ont eu chacun un lot de plusieurs maisons avant que les vrais bénéficiaires aient pu se retourner. C’est ainsi qu’il a fallu augmenter le nombre de logements, vu que tout a été donné à ceux qui ne devaient pas en bénéficier… C’est ainsi que des personnes non concernés par les logements sociaux, Roumouz El Vessad pour la plupart et richissimes déjà, se sont retrouvées sur la liste des futurs propriétaires. Qui nous dit qu’ils ne sont pas inscrits aussi dans les kebbas ? Tout est possible.

Un nouveau responsable pour les affaires sociales


La semaine dernière, le Commissaire des affaires sociales et de la sécurité alimentaire a été relevé de ses fonctions juste après un voyage à Rome, au siège du PAM (Programme alimentaire mondial), pour expliquer, avec tout son staff, l’urgence de venir en aide à la Mauritanie qui est en passe de connaître une famine comme le Niger, l’an dernier et l’Ethiopie, il y a encore plusieurs années. Tout le staff était fier de ses interventions et d’avoir gruger la communauté internationale (encore une fois) et près à réceptionner les milliers de tonnes de vivres qu’ils n’allaient pas tarder à revendre à des hommes d’affaires bien connus de la place qui contrôlent les prix des denrées de première nécessité (riz, blé etc.).

L’ancien Commissaire avait sans doute l’autorisation du PM ou de Sidioca avant de monter au créneau et faire appel à la communauté internationale. Pourtant, c’est lui le bouc émissaire qu’il faut jeter en pâture. Le PM s’était pourtant fait contredire par le Trésor Public sans égratignure et Sidioca n’a pas le temps de parler au peuple : il reçoit en continu depuis 2 mois tous les visiteurs étrangers de la Capitale et même les touristes (le chef d’un bureau d’Areva était paraît-il juste de passage à Tergit…).

Vous vous rappelez qu’à la constitution du gouvernement de ZZ, nous avons eu les CV de tout le monde et du dit Commissaire ainsi que du Délégué à la promotion du secteur privé qui ne sont pas sur la liste des ministres. Pourquoi n’avons nous pas eu aussi à la constitution du gouvernement, les noms des directeurs de la SNIM, de la douane, de la police etc qui sont aussi importants que nos 2 compères pseudo ministres ?

Qui a lu le CV du nouveau Commissaire nommé à la hâte et probablement dans l’urgence ?

Personne.

Alors, comme je ne voyait pas de CV venir comme d’habitude, j’ai demandé à un ami très au fait de l’actualité dans notre pays et des coulisses du pouvoir. Je vais l’appeler « Gorge profonde». Je ne donne les informations qu’il me donne que parce qu’elles sont exactes et vérifiées et qu’elles ne concernent pas la vie privée des personnes, même publiques.

Le nouveau Commissaire est monsieur Jiddou O. Abderrahmane O. Sadi. Ancien instituteur, il a intégré l’ENAP (Ecole Nationale d’Administration Publique) de Rabat au Maroc dans le cadre de la coopération marocaine très généreuse après le retrait de la Mauritanie de Tiris El Gharbia. Il faut savoir que la majorité de l’administration territoriale mauritanienne est issue de cette formation. Il n’y a pas pour les mauritaniens de concours d’entrée comme pour les marocains alors que les étudiants de l’ENA de Nouakchott passent un concours. Par ailleurs, on n’a pas besoin d’être bilingue. C’est ainsi que les défaillances de l’administration mauritanienne surtout pendant les années de braises (89-91) sont liées pour la plupart à ces administrateurs formés sans passer par le cursus habituel et arrivés dans une optique politique sectaire, le plus souvent (baassistes et nasséristes). Ce fût le cas de la justice avec les magistrats de l’ISERI mais là, c’est un autre sujet…

Revenons à notre Commissaire, il intègre donc à la fin de sa formation le cycle très convoité des administrateurs civils, sans concours, encore une fois, comme par magie.

Il est nommé directeur adjoint de l’administration territoriale au Ministère de l’Intérieur puis en 1993, à la création du Secrétariat de l’Etat civil, directeur des études et de la règlementation sous Khattar O. Cheikh Ahmed. Il gère ainsi le projet financé par la Coopération française pour l’état civil qui sera une catastrophe sans nom.

En 1996, après le départ de Khattar, il est démis de ses fonctions sous le nouveau Secrétaire d’Etat, Abdelwedoud.

En 1998, il reprend la même direction, à l’arrivée à la Primature de O. Guig. Les centres d’Etat civil à l’intérieur du pays et dans les Moughataa de Nouakchott, deviennent de vraies boutiques où des « kits » de l’Etat civil sont en vente comprenant actes de naissances, livrets familiaux etc. Le tout informatisé et en bonne et due forme…

Par la suite, sous le règne de Taya, l’Etat civil redevient une simple direction comme elle devait toujours l’être en sachant que Taya a gagné toutes les élections 1991-92, 1997 et 2003 avec sa complicité bienveillante malgré les remarques des bailleurs de fonds étrangers.

Le 3 août 2005, Jiddou O. Abderrahmane est nommé Secrétaire général du ministère de l’Hydraulique. Au bout de 2 mois et malgré l’appui de O. Ghazouani qui l’avait proposé, il est viré par Ely O. Mhaïmid, le ministre, médecin vétérinaire de bonne et classique formation et ancien directeur au ministère du développement rural. Les raisons de son limogeage échappent à notre ami « Gorge profonde» mais le problème de compétence ne serait pas étranger à la décision…

Depuis il y a eu les élections et toutes les adhésions et retournements de vestes (et boubous, aussi), ce qui a bouleversé la carte politique. Le nouveau Commissaire aurait été du bon coté (et comment d’ailleurs !), ce qui explique qu’il ressurgit pour occuper un poste de rang ministériel au premier gouvernement, encore, de l’ère démocratique, celui de la IIIème République…

Mes meilleurs vœux, ainsi que celles de « Gorge profonde », pour les affaires sociales et la sécurité alimentaire en Mauritanie
YAN

samedi 16 juin 2007

Non à l’instrumentalisation politico-idéologique du savoir.

Que les Mauritaniens de tous bords , en Mauritanie et ailleurs. Que les mouvements politiques de tous bords en Mauritanie et ailleurs sachent que tous les esprits libres de Mauritanie, contreront sur le plan des idées et sur le terrain, en se battant pied-à-pied s’il le faut, toute attitude tout courant politique, idéologique, économique, éthnique , militaire qui mettrait en cause les principes suivant :

  • L’identité de la Mauritanie en tant que pays composé d’un peuple arabe, négro-africain et berbère, uni et solidaire.
  • L’appartenance de tous les mauritaniens à un même et unique territoire, défini géographiquement, à un Etat , souverain sans division de race , d’ethnie ou de réligion
  • Le rejet de toutes théorisations idéologique, politique, économique visant l’identification du Mauritanien
  • Le rattachement du mauritanien à sa patrie par le jus sanguinis (droit du sang)et le jus solis (et droit du sol) sans autres considérations hors-la-loi .

Ces principes immuables rejettent toute volonté d’établir un discours ségrégationniste, racial basé sur une volonté malsaine d’introduire la division entre tous les mauritaniens arabes, négro-africains ou berbère. De refuser le droit des mauritaniens déportés au retour dans leur pays ou de ne pas leur reconnaître leurs droits fondamentaux à vivre sur le sol de leur pays dans la dignité.

L’air du temps revèle des « intellectuels » qui, de conférences en conférences ,de réunions publiques en réunion privées, utilisent un argumentaire scientifique économique et financier, juridique et social, instrumentalisé pour étayer des thèses racistes et d’exclusion.

Que ces « conférenciers « et autres « universitaires » sachent que nous les laisserons pas faire et qu’ils trouveront en nous, et en tous ceux épris d’une Mauritanie unie et sans haine, une muraille qu’ils ne pourront pas franchir.

Aussi nous adressons une mise en garde solennelle à tous ceux qui utiliseront un savoir acquis pour en faire un instrument de divison et de justification de l’inhumain , que nous leur répondrons ici-même et ailleurs quelles que soient leurs positions scientifique,politique, idéologique ou sociale.

Que nous ne tolérerons pas que les principes ci-dessus mentionnés soient effleurés ni remis en cause.

Sur ce plan, nous déve loppons une forme d’intolérance intellectuelle qui ne s’embarassera pas de contrer nommément les personnes et les organisations politiques ou autres qui se livreraient à la division du peuple mauritanien par le recours à la manipulation des esprits.

S’il est intolérable que des individus cherchent à diviser un peuple, il est d’une malhonnêteté intellectuelle évidente de vouloir le faire en usant et en abusant d’un savoir qui, au lieu de servir la communauté, s’acharne à la détruire.

Mais une chose est certaine ils trouveront ,en nous, l’antithèse exacte de leurs discours; dussions-nous être le dernier bastion de resistance.

Pr ELY Mustapha

mercredi 13 juin 2007

ASSURé MAIS PAS RASSURé

La superbe L200 d'Akhyarhoum s'engage sur la route, et roule comme si elle descendait une forte pente. quand elle accélère rien ne pourra l'arrêter. à l'accélération, le moteur est presque inaudible. les pneus gardent encore leurs poils, selon l'expression des garagistes : "keur3eyha mza9bine" (elle a encore les pneus poilus).

elle adore dévorer les kilomètres sur l'axe reliant Nouakchott à la ville d'Atar via Akjoujt .
Avec cette magnifique bagnole, Akhyarhoum à pris l'habitude de fuir les nuisances de la ville de Nouakchott tous les soirs du vendredi pour passer un week-end paisible loin des bruits de la ville après une semaine chargée.
un détail : Akhyarhoum n'aime pas les mauvaises surprises, la L200 a souscrit une assurance toutes options.

seulement voilà, Akhyarhoum typiquement fidèle à ses principes favorisant la générosité et la gentillesse envers ces amis meme les moins fortunés, ce jour il n'a pas pu refuser à son ami les clé de sa voiture.
son ami -à l'occasion d'un mariage- doit venir en voiture et se montrer "quelqu'un" coûte que coûte.
le poids de la société est écrasant, son jugement est sans merci. la société n'aime pas les faibles.
La question pour l'ami d'Akhyarhoum était essentiellement existentielle: TO BE OR NOT TO BE.
il n'était pas question qu'il vienne à l'endroit de la célébration "à pied".
dans sa tête, il était hanté par l'image que les jeunes filles et paillettes du mariage auront fait de lui. c'est pour cela qu'il tenait absolument à venir à bord de la L200 d'Akhyarhoum, histoire aussi de déposer -à la fin de la soirée- quelques unes chez elles, et réparer l'adresse.

Confortement installé à bord, il tourne la clé. Au quart, le moteur était déjà démarré.
En cours de route, alors qu'il était entrain de dérouler dans sa tête les évènements, les postures à adopter, les beaux sourires à distribuer, il s'est fait fauché le devant de la voiture par un homme enturbanné à la cinquantaine paisiblement installé à bord d'une veuille carcasse -miraculeusement- roulante .. et à quelle vitesse !

Il lui a massacré l'aile gauche + le radiateur + une partie du moteur.
Après 3 mois de tractations avec son assurance, Akhyarhoum a obtenu le papier lui donnant droit à l'indemnisation qui s'élève à .. 7.000 UM.
Depuis bientôt deux ans, il roule sans assurance aucune.
ex gendarme haut gradé comme il est, tous les policiers de Nouakchott n'osent pas l'arrête et encore moins lui demander les papiers de la voiture.

dans notre société, si dans un accident (ou fauchage) il y a mort d'homme, la tribu envoie une délégation demander pardon et payer eddiya à l'amiable.

pour les dégâts matériels, ella 7ad yetkayss eyyak may3addal akçidaaaah.
pour résoudre ces genre de pb à la "locale", un ensemble de tribus (je peux vous citer les noms) a déjà signé un pacte qui stipule -entre autre- le non payement de diya entre eux.

UNE AUTRE GROSSE ARNAQUE

Pour obtenir un visa, la plupart des ambassades occidentales exigent une (voire plusieurs) assurances, maladie, rapatriement, etc.
je suggère à toute personne voulant se rendre à l'etranger de bien vérifier la validité de l'assurance maladie qu'il aura souscrit.

Une personne ayant souscrit une telle assurance maladie-rapatriement s'est rendu à Paris pour un séjour ordinaire de plusieurs semaines.
Après un petit coup de froid, la personne est tombé malade, après hésitation, elle s'est souvenu qu'elle a souscrit une assurance. elle appelle le numéro marqué sur l'attestation, et à sa surprise, à l'autre bout du fil, on lui apprend que ça fait plus de six mois que l'organisme assureur (basé à Nouakchott) n'a plus d'agrément après d'eux.
Après vérifications avec plusieurs personnes venues en périodes décalées, il semble qu'il s'agit d'un commerce lucrative qui vise essentiellement les voyageurs à l'etranger.

L’organisme assureur (basé à Nouakchott) signe un contrat avec l'organisme d'assurance étranger juste pour avoir son numéro d'affiliation + ses cordonnées (adresse, tél, fax).
Quinze jours après, il rompt le contrat sous un prétexte bidon.
C'est comme ça qu'il continue à délivrer des attestations meme apres la cessation de son contrat comptant sur le fait que le voyageur à l'etranger n'a pas le temps pour tomber malade.
Ses assureurs fictifs comptent aussi sur un autre fait majeur : lorsqu'on est Mauritanien, ça n'est pas dans notre mentalité de faire valoir les attestations et papiers qu'on a sous la main.
dans notre esprit, ses attestation et papiers servent uniquement à etre regulier lors d'une verification.

Lambda.

vendredi 8 juin 2007

Petit Mauritanien

Je ne sais si, dans vingt ans, tu liras cette lettre mais je ne souhaite qu’une chose : que tu la lises dans une Mauritanie prospère et fière de son passé et sûre de son avenir.

Petit Mauritanien,

Aujourd’hui , tu as quatre ans je te regarde gambader sur tes frèles jambes et je m’interroge.

Je m’interroge sur ce que te laisseront les générations d’aujourd’hui et sur le poids que déjà te font supporter celles d’hier.

Que vont-t-elles te laisser en héritage ?

De quelque côté que je me retourne je ne vois que la désolation d’un sous-développement orchestré.

Tes airs de jeux sont des dépotoirs à ciel ouvert .Une capitale en ruine noyée dans les immondices où les routes sont des nids de mort où rugissent des tacots branlants à tombeau ouvert. Des nids de desespoirs producteurs de l’handicap et pourvoyeurs des gémissiments des accidentés qui peuplent les lits à descente de nos hôpitaux insalubres.

Ton univers d’écolier est une aire de non-savoir . Une école où l’instituteur, prophète de jadis, est dévenu dans une société sans repères, l’icône de l’ignorance et le pôle de l’irrespect. Vivant en dessous du seuil de subsistance et s’accrochant à qui mieux mieux aux haillons d’une société qui a rangé le savoir aux rayon de l’inutile. Qu’aurais-tu appris, mon enfant, dans ce miasme éducationnel sinon à prendre les chemins de la déliquance ?

Qu’auras-tu reçu en héritage de tes pères ?

Ils ont pillé le pays et ses ressources. Ils ont laissé un pays exangue où des miliers de citoyens végétent dans une pauvreté criante dans des bidons-villes aux relents de misère instituée. Des familles entières vivant de vent et d’espoir et que déciment en silence la soif, la faim et la maladie.

Petit Mauritanien,

Je sais que tu ne comprendras pas pourquoi sur une terre d’Islam tant d’hommes et de femmes ont pillé les ressources de la communauté . Comment ils ont appauvri leur pays et hypothéqué ton avenir. Comment ils ont crée la ségrégation entre toi et ton frère au nom de leur désir de pérennité. Te laissant ainsi supporter le schisme social de leur bétise raciale. Tu te demanderas si les préceptes spirituel s et moraux de l’Islam furent l’une des préoccupations de nos gouvrnants et tu n’auras pas tort.

Que vont-t-ils te laisser en héritage ?

Un Etat fragilisé par la culure de l’intérêt personnel , du clanisme et la corruption dans lequel demain tu ne seras peut-être qu’un maillon qui perpétuera la chaine.

Tu ouvriras les yeux sur un pays aux ressources naturelles épuisées où le sable, aux pieds nus, est une braise et le soleil, sans toit, enfer. Car ils auront tout emporté dans leur voracité jusqu’à la dernière sardine des côtes jadis prospères de ton pays.

Depuis des dizaines d’années que les richesses de ton pays sont exploitées, elles n’ont jamais contribué à un développement durable.

Tu ne pourras compter ni sur un tissu industriel d’envergure, ni sur une production nationale compétitive sur les marchés internationaux, ni sur une technologie exportée , ni sur un savoir faire qui aurait fait notre fierté nationale ou internationale. Rien.

On ne t’aura laissé, en pillant tes richesses, que du vent. Un pays comptant parmi les pays les plus pauvres du monde ayant un indice de développement plus bas que le niveau d’une mer qu’ils auront exploitée à outrance et pollué à satiété.

Aujourd’hui je te regarde et le sourire innocent que tu m’adresses fait mal et j’y mesure toute l’ampleur de l’injustice que l’on te fait.

Je ne sais si en lisant dans vingt ans cette lettre, au moment où peut-être je ne serai plus là , tu aurais eu droit, toi et tes enfants , à une école studieuse, à un cadre de vie sain à un travail épanouissant et à une vie heureuse dans un pays développé .

Je ne le sais pas. Mais je le souhaite vivement. Bien qu’au moment où j’écris cette lettre, j’ai un doute profond en celà.

Non pas un doute en ce que notre pays puisse se redresser un jour et t’offrir une vie heureuse à laquelle tu auras généreusement contribué par ton savoir, tes efforts et ton travail, mais un doute quand à l’ampleur du sacrifice qu’il faille consentir par une société minées par les non-valeurs.

Certes nous inaugurons aujourd’hui une ère démocratique mais elle sera ce qu’en feront ses acteurs. Soit le catalyseur d’un changement qui te bénéficiera dans vingt ans, soit le début d’un changement dans la continuité dont tu souffriras encore dans vingt ans et au-delà.

Petit Mauritanien,

L’espoir est permis que demain soit meilleur qu’aujourd’hui ; et toutes les bonnes volontés de ce peuple oeuvrent à cela.

Mais si cela n’était pas le cas, sache au moins dans ta misère future, dont nous sommes responsables, que nous étions dans le passé plus misérables que toi. Et que si nous ne t’avons rien laissé en héritage, c’est que nous étions encore moralement plus méprisables. Un épisode à gommer de l’histoire des peuples.

Récrée-toi une Nation nouvelle. Et ne te retourne pas.

Pr ELY Mustapha

mercredi 6 juin 2007

CHRONIQUE DE SOCIETE : LE SECTEUR DU TRANSPORT ROUTIER VU PAR UN CITOYEN

Un constat affligeant


Le secteur du transport, notamment du transport routier, est le grand malade de l’économie mauritanienne. Il a été toujours délaissé par les pouvoirs publics. La mafia de la FNT (la Fédération Nationale des Transports) et la police, sous sa coupe, en ont fait ainsi leur fief.

L’état des routes du ressort d’un autre département ministériel (!), celui de l’Equipement, n’a pas arrangé la situation pour la population.

Le nombre d’accidents, de blessés et de morts est une vraie hécatombe pour une population de 3 millions d’habitants et un parc automobile dérisoire.

Il suffit de voir le nombre de personnalités connues qui sont décédées ou ont été gravement blessées ces dernières décennies dans un accident sur nos rares routes : Jiddou O. Salek, Ahmed O. Minnih, Med O. Sidi Ali, Sow Abou Demba, Pr Med O. Ahmed Aïcha, Med Lemine O. Ahmed, Saidou Kane etc. La liste est longue malheureusement. Encore plus longue de citoyens lambda fauchés parfois dans la fleur de l’âge.

Pourtant, l’Etat a toujours laissé ce département dans la misère et le désintérêt.

C’est ainsi que les auto-écoles sont inexistantes et celles qui ont pignon sur rue possèdent des épaves de Renault 5 avec des moniteurs sans formations ni compétences.

Le permis de conduire est lui-même l’objet d’une vente aux enchères où le plus offrant le décroche sans problème et sans même se présenter. Et tout le monde le sait et personne ne réagit. En fait, la règle est d’obtenir le permis puis d’apprendre par la suite à conduire souvent dans un véhicule de l’Etat… C’est ainsi que la route de la plage (notre corniche) et l’espace devant le stade olympique sont devenus les champs privilégiés de nos apprentis conducteurs.

L’inexistence de signalisation et le fait que 90 % des automobilistes n’ont jamais appris les rudiments du code de la route a fait qu’une seule règle est appliquée : la priorité à droite.

Même aux ronds-points, faits pour rendre la circulation plus fluide, vous êtes obligés de laisser passer la voiture qui y entre ! Ainsi les embouteillages sont monstres aux heures de pointe.

Il paraît qu’il y a quelques années au moment de la floraison des ronds-points à Nouakchott (une autre façon de détourner l’argent public), une campagne a été menée par la police routière pour expliquer que dans les ronds-points la priorité est à gauche (comme partout dans le monde à de rares exceptions) et ce qui répond à la logique mais rien n’y a fait. Les voitures étaient ainsi bloquées dans les ronds-points et bloquaient par la même la circulation qui devaient être plus fluides… Le carrefour Madrid est l’exemple même de cette anomalie et de l’abandon de l’Etat.

Entre les agglomérations urbaines (notamment sur la route de l’Espoir ou plutôt de la mort), les dépassements se font au niveau des montées et les camions la nuit se garent sur la chaussée sans aucun feu arrière. Ces camions de la mort appartiennent à la FNT et un forfait est payé à la police et à la gendarmerie pour ne pas répondre aux normes minimales de circulation (feux en bon état, existence de rétroviseurs, respect de la charge, respect des temps de repos pour les chauffeurs etc.).

Un petit témoignage de citoyen en visite un jour au ministère


Au ministère du transport, il y a quelques années, je suis venu pour chercher à immatriculer une voiture d’occasion que je venais de payer comme étudiant à l’Etranger car il est impossible à un jeune cadre ou fonctionnaire de se payer une bagnole et les crédits n’existent pas ou sont insignifiants et avec des taux scandaleux et usuriers. Elle était presque toute neuve comparée à une grande partie du parc automobile. Le matin, je me suis présenté au bureau dit après avoir payer 402 000 UM à la douane comme le stipule les textes. Le monsieur gentil qui n’a accueilli avec le sourire m’a dit que c’était clos pour ce jour et que je pouvais passer demain. Naïf comme je suis je me présente toujours tout seul le lendemain à 9 H 30. Grande fut ma surprise en m’attendant dire que c’est déjà fini pour ce jour. Je me permis de dire que je suis pourtant venu assez tôt et qu’il ne me semblait pas qu’il y avait du monde, étant le seul devant la porte. Le monsieur très sérieusement me rétorqua que le nombre maximum de nouvelles immatriculations nationales pour les particuliers par jour était de 5 et que je n’avais qu’à passer demain assez tôt. Je lui répondis que si demain et les jours suivants malgré tous mes efforts, je n’arrivais que 6 ème ou 7 ème, quelle était alors la solution ? Et puis il me semblait que 5 immatriculations par jour pour toute la Mauritanie était très peu vu le parc automobile…

J’ai rapidement compris que je n’avais rien compris depuis le début. Mes années à l’extérieur m’avait déconnecté des réalités administratives locales. En réfléchissant, je me suis rendu compte que les sourires qui m’accueillaient surpris ne comprenaient pas pourquoi je suis là à demander à un service public un droit de citoyen sans intervention ou bakchich…

En prenant le téléphone et en appelant un ami qui était aussi surpris de mes démarches de citoyen anonyme, j’ai eu le sésame avant midi, signé du même bonhomme qui n’a pas perdu son sourire…de fonctionnaire médiocre et laid qui fait penser au fonctionnaire du Manteau de Gogol.

Des responsables ne distinguant pas encore les priorités !


La constitution du premier gouvernement de l’ère démocratique a été marquée par un fait important : le secteur du transport est devenu un département ministériel à part entière. Ainsi, on peut penser que notre Président Sidioca et son PM ont vu la gravité de la situation et ont décidé de faire de ce secteur une priorité de leurs mandats.

L’une des premières déclarations du nouveau ministre, M. Ahmed Ould Mohameden, en visite à Nouadhibou fut celle là: « la Mauritanie envisage une nouvelle option économique qui fera de la ville de Nouadhibou un véritable joyau du Sahara et une zone de libre échange qui va concurrencer les principaux pôles économiques mondiaux. »

Et je me mis à penser à Singapour, HongKong… Mais je ne pouvais effacer de ma mémoire les épaves de Renault 5 où nos concitoyens apprennent dangereusement à conduire, ces ronds-points de la honte, ces innombrables accidents qui peuvent être éviter...

Etait-il aussi si déconnecté de la réalité ou c’était un discours de démagogue ? Comment un ministre de l’un des pays les plus pauvres du monde en charge d’un secteur en déconfiture peut oublier les vrais et les réels problèmes et commencer à délirer comme s’il était un ministre du G8 ?

Des propositions concrètes et urgentes


Le centième des fonds nécessaires au projet futuriste (sauf pour la drogue, peut être) de Nouadhibou peut sauver des centaines de vies humaines et assainir un département tout entier.

Les mesures à prendre apparaissent évidentes. Je propose les actions suivantes comme des priorités à court terme qui ne peuvent pas attendre:

  • Une campagne nationale de sensibilisation sur la conduite routière.
  • Une campagne nationale de signalisation routière logique et optimale (l’aide de spécialistes étrangers est nécessaire).
  • La reforme du permis de conduire et l’obligation d’être inscrit dans une auto-école.
  • La fermeture des auto-écoles actuelles et le passage devant une commission pour l’obtention d’un nouvel agrément.
  • Les routes interurbaines : obligation d’avoir les feux en bon état (avant et arrière, notamment ces feux souvent oubliés de stop qui s’allument quand on touche à la pédale de frein) et des rétroviseurs ; c’est à la police et à la gendarmerie qui sont partout à ne rien faire sur ces axes de le vérifier surtout pour les voitures de transport.
  • Les routes urbaines : suppression progressive sur 2 ans des « cars rapides », ces autres cercueils irrespectueux des pauvres citoyens ( et création de vraies sociétés de transport répondant aux normes minimales de sécurité), interdiction des épaves de taxis et confinement des charrettes et des animaux de trait à des zones déterminées avec les maires, ville par ville.

Voilà 6 mesures peu coûteuses pour l’Etat et le citoyen qui sont de l’ordre de l’urgence du secteur des transports routiers.

Après cela, le gouvernement peut se permettre même de participer à la prochaine conquête de la planète Mars…

Yanis


P.S. :

J’appelle tous nos amis de CanalH à animer une rubrique CHRONIQUE DE SOCIETE : on pose des problèmes de société, secteur par secteur, en message du blog, une fois par semaine, et on fait des propositions concrètes et simples qui seront discutées, corrigées et complétées dans les commentaires. Une synthèse pourra être faite à la fin et adressée aux autorités compétentes pendant ces « 100 jours » de période de grâce « en attendant le bonheur »…

Les sujets sont nombreux : La santé, le logement, l’eau, l’électricité, la voirie, l’enseignement, l’emploi etc.

lundi 4 juin 2007

Leader de qui ? Statut de quoi ?

La question principale qui se pose est de savoir pourquoi le statut de l’opposition est un texte qui est né sous la transition ?

Pourquoi les autorités de transition ont elles tenu à ce que l’opposition ait un statut et qu’il y ait un dirigeant de l’opposition officiellement encadré par une loi dans ses faits et gestes ?

Questions dont la réponse ne peut-être trouvée que dans la volonté des autorités de transition de parfaire un système démocratique dans lesquelles elles planifiaient d’en être partie prenante après sa réalisation. Majoritaires ou minoritaires au parlement les autorités de la transition avaient le souci d’assurer un statut à celui qu’ils soutiendront. S’il n’est pas président, il aurait au moins un statut pour influencer le cours des choses. En somme une mise en application anticipée du fameux adage : « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Et la charité est tombée dans l’obole de Daddah.

Le 22 février 2007, le CMJD avait soumis aux partis politiques « pour enrichissement », dit-on, un projet de loi portant statut de l'opposition démocratique en Mauritanie. Le 23 Mars 2007 le conseil du CMJD a adopté le projet par ordonnance. Il laissa au président à venir un engagement envers l’opposition qu’il n’a pas pas prit. Et pourtant il l’a entériné. En effet, deux mois après les élections présidentielles, Ahmed ould Daddah est déclaré « leader de l’opposition ». .. non pas comme l’aurait voulu l’esprit du projet par désignation de l’opposition mais il le fut par le conseil constitutionnel au vu de ses élus au Parlement.

Leader d’une opposition parlementaire ou de l’opposition nationale ?

Cette désignation fait de daddah le leader de l’opposition parlementaire, bien qu’il ne soit pas député lui-même, mais est-il le leader de l’opposition nationale?

En effet, l’opposition nationale, celle qui réunit tous les partis représentés ou non au parlement, est l’opposition réelle. C’est une base plus large et plus effectives qu’un petit nombre de députés au parlement qui d’ailleurs sans coalition avec les autres députés (Hatem, UFD...) ne représentent pas un poids au sein de l’organe législatif. Il aurait donc fallut que le leader de l’oppsotion soit choisi par les partis politiques en activité eux-mêmes représentés ou non représentés au parlement. Car il sera alors leader d’une opposition nationale et non d’un groupe parlementaire.

Quant à l’argument du pourcentage obtenu par Daddah aux élections présidentielles, il l’a obtenu au sein d’une coalition qui l’a soutenu , il est le résultat d’une opposition solidaire et non d’un parti unique en opposition.

Un leader par roulement ou un leader figé ?

La notion de « leader » de l’opposition n’a de réalité que lorsqu’il y a dans le jeu politique un bipartisme de fait ou un parti majoritaire qui gagne les élections et un parti minoritaire qui s’érige en opposition (exemple en Grande Bretagne, aux Usa etc.) dans notre pays il ya plusieurs partis d’opposition. La notion de « leader » ne peut naître que du consensus de ces partis à désigner leur leader et il serait préférable que cette fonction soit occupée par roulement pour donner à chaque parti la possibilité de participer à l’exercice des fonctions dévolues par l’ordonnance sur l’opposition.

Ce n’est que juste car, face au pouvoir en place et à ses décisions (économiques , sociales etc) , chaque parti par sa vision idéologique , son approche pragmatique et ses solutions déclarées pourra participer plus efficacement à améliorer la décision officielle. C’est dans cette diversité que s’éxrcera le pluralisme politique nécessaire à une démocratie basée sur la concertation jusque avec l’opposition mais pas sur une opposition à leader unique.

Opposition statutaire , opposition partenaire ?

Le statut de l’opposition est-il un cadeau empoisonné ?

Les craintes que suscite le statut de l’opposition sont, bien entendu, la course vers la fonction de « leader » et les avantages que la loi lui confère. Surtout dans une vraie opposition démunie ne vivant que sur les cotisations de ses adhérents , briguer la fonction de « leader » est un gain appréciable pour ses activités et leur financement.

Un grain de la zizanie est ainsi semé, sauf si toute l’opposition nationale (pas forcément parlementaire) puisse librement décider du choix du titulaire de ce poste.

Deux attitudes extrêmes, auxquelles pourrait mener ce statut , peuvent survenir :

  • Ou l’on aura une opposition obnibulée par le leadership et risque de sombrer dans la division et les tiraillements. Et elle sera alors neutralisée dans son action politique par le statut. Ce qui arrangerait bien la majorité au pouvoir qui aura alors le champ libre devant elle.
  • Ou le statut aboutit à désigner un leader de l’opposition qui, par ambition ou par complaisance, neutralisera l’opposition qu’il représente et érigera une « opposition partenaire » de la majorité au pouvoir ce qui menace encore davantage la démocratie. Une opposition a sens unique. Or sans opposition , il n y a pas de démocratie.

Enfin, si la philosophie du statut est d’ancrer la « culture démocratique » et d’éviter la « marginalisation de l’opposition », il risque si on n’y prend garde d’ériger l’opposition en un énième ministère supplémentaire du gouvernement.

Un leader-ministre qui, suivant son statut ministériel et protocolaire, aurait perdu l’esprit, le geste et les mots qui font l’opposition : la dialectique constructive, l’envolée dénonciatrice et le « non » salvateur.

Pr ELY Mustapha

samedi 2 juin 2007

Chronique du temps qui ne passe pas

Bonjour chères et chers,

Le spectacle que donne à voir l'équipe aux affaires n'est pas des plus rassurants. Ai-je la berlue ou avez-vous comme moi l'impression que la flamme faiblit, la fleur se fane, l'espoir (s'il a jamais existé) commence à s'envoler ? Le gouvernement fait du surplace, le président prend son temps, pour les mauritaniens, c'est chronique du temps qui ne passe pas. Tout ça pour ça ?! serait-on tenté de dire. On nous a vendu des élections. Tout va changer, vous allez voir, faites nous confiance, vous ne vous occupez de rien on s'occupe de tout. Et ils se sont d'abord occupé de rien, c'était urgent. Pour amuser la galerie et occuper les esprits, va que je t'organise une petite visite à l'hôpital ! Pendant ce temps, le bruit court de plus en plus assourdissant, que les militaires ne sont jamais partis, que le président ne contrôle rien, que les caisses sont vides. Les militaires ne sont pas partis mais ils ont emporté la caisse. Le président et le premier ministre (j'y ajoute le président de l'Assemblée Nationale) sont les voix du peuple. Ils n'ont pas été investis par les militaires mais bien par un président ou des députés qui tiennent leur mandat du peuple. Alors qu'ils prennent leurs responsabilités : un audit et des sanctions le cas échéant, la démission ou endosser le chèque et être comptable des abus de la soldatesque. Sidi doit prendre son courage (sait-on jamais, il peut bien en avoir) et se départir de son manteau de marabout transi de peur pour affronter directement les militaires et les accompagner dans leurs casernes. Qu'y pourrait-il perdre ? Les militaires auront-ils le courage d'affronter la communauté internationale quelques semaines seulement après des élections saluées par le monde entier, y compris par les principaux protagonistes défaits ? Rappelons juste qu'après nous avoir débarrassés de la dictature Ely et la junte avaient supplié les civiles d'aller plaider la levée de l'embargo imposé par la communauté internationale. J'aurais aimé ajouter que le peuple sera aussi du côté du président pour préserver les acquis démocratiques mais là je risquerais de passer pour un blaireau ou un grand naïf.

Jojobel