jeudi 31 mai 2007

avons nous la grandeur et l'ambition ?

si je résume la situation de ces derniers jours ..
après la crise d'eau et d'électricité qui a failli provoquer l'effondrement de tout Nouakchott en causant des dégâts matériels aux citoyens que nous n'avons pas fini de chiffrer, le silence prolongé du coté du ministère publique, il y a eu visite du président pour l'hôpital, il y a eu lettre de mission pour le PM, il y a eu le 5eme (depuis les élections) conseil de ministre aujourd'hui (on sait que ça n'a pas risqué d'être un conseil houleux, pourtant il y a de quoi l'être), probablement, il y aura un petit ou grand discours demain donné par le PM devant un parlement que je ne sais pas qualifier.

entre temps, il y a eu soixante cérémonies de réception de personnes au palais. ould ckeikh abdallahi a battu le record de nombre de personnes reçu au palais présidentielles, de simple chercheur de nomination au prétendant représentant de l'opposition en passant par ould yassa, tous le monde a eu son droit d'être reçu par le président.
et curieusement tout ce beau monde s'accorde que ould cheikh abdallahi est bon, de bonne famille, de bonne volonté, certains même ont osé dire leur certitude déjà de sa compétence, etc

mais, ce que leur aurait échappé c'est que tout ça est bon à RIEN.
que le président ou son PM aient des bonnes volontés et des bonnes intentions .. bla bla, les Mauritaniens n'en veulent plus entendre.
pourquoi êtes vous obliger à chaque fois de sentir le besoin de dire des mots qui n'ont plus aucune signification en ce 21eme siècle tel "bonne volonté" ou encore des propos décousu et farfelus comme "on prendra toutes les mesures nécessaires pour résoudre le pb" ?

Ahmed ould sidi baba, prés avoir bassiné le président et le gouvernement à la tété, le lendemain après être reçu par ce même président, Ould sidi baba en sortant déclare "j'ai senti chez l'homme une volonté ferme ..."

pour finir et en un seul mot : on ne veut plus entendre parler de bonnes volontés qu'elles soit chrétiennes ou chiites.
on attend du CONCRET.

Les nombreuses années de misères et de tractations de la vies quotidiennes ont balayé (à raison) avec elles toute forme de naïveté et de bonhommie qui caractérisaient l'individu Mauritaien d'antan.
après un long mois d'inertie et d'inactivisme, une visite éclaire à un hôpital INSALUBRE tel que le CHN pour dire sa satisfaction totale du service et de la qualité de médecine qu'on y pratique ne peut et ne doit pas passer comme un évènement banal, surtout lorsqu'on sait que c'est la première sortie de la tête de Mauritanie dans son ère démocratique.
ne trouvez vous pas que le conseiller communication du président doit être viré après cette bourde ?.

après la visite, certains bloggers se demandent quand est ce que les sanctions tombent et quelle serait leur sévérité ? ou encore quelle seraient les bonnes décisions que le président et sont équipe se donnent la peine d'appliquer en toute urgence pour sauver les âmes qui y sont hospitalisées ?

Détrompez vous, il y a rien de tout cela, le président est totalement satisfait et content du service rendu au sein de cet exemplaire d'hôpital !

encore une fois, le poème me revient à la tête :
3ala 9adri ahli el3azmi tati el3aza-imou .. etc
(c'est selon la grandeur de l'âme que l'on a (ou pas) les grandes ambitions)

monsieur le président je ne vous souhaite pas de tomber malade, mais si cela vous arrive, je prie Dieu pour que vous soyez soigné sur un lit à cet hôpital puisque vous en étés complètement satisfait.

Lambda.

mardi 29 mai 2007

Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Cela fait 40 jours que le nouveau président a été investi, un mois que le nouveau gouvernement est en place et nous attendons !

Les premiers jours portaient en eux l’espoir du changement. On se disait qu’il est inéluctable.

Depuis chaque jour amène son lot de misère et de désolation, de faim et de soif.

La réponse du gouvernement tient en deux mots « commission interministérielle » !

Et des scandales en veux tu en voilà, de la gabegie à la criminalité en passant par la drogue et autres blanchiments, l’ère nouvelle commence décidément mal, tout cela accompagné d’un silence assourdissant.

Le président est trop occupé pour mettre en œuvre son programme, il y a plus urgent : le président reçoit, un défilé interminable d’invités de marque.

Mais aucune décision, et nous attendons toujours !

Le PM travaille 20 heures sur 24 ! mais les organigrammes ne sont toujours pas mis en place et la déclaration de politique générale du gouvernement se fait attendre, elle est même régulièrement reculée, et nous continuons d’attendre !

« Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark »

D’aucuns disent que les caisses de l’état seraient vides, et le pays paralysé par le manque de moyens financiers . pourtant à l’issue de la transition les autorités sortantes nous disaient que le Trésor était « plein ».

A leur décharge reconnaissons que cette affirmation a été faite par le fameux quatuor des faux chiffres, menteurs chevronnés, ils ne s’attendaient sûrement pas à ce qu’on les croit.

Aujourd’hui il faut agir, et pour débuter il faut tirer les choses au clair !

Ce gouvernement, s’il ne veut pas être complice de la saignée à blanc du pays, doit demander un audit général de l’état .nous devons pour notre part et comme l’ont dit nombre de bloggers aider ce gouvernement à prendre les bonnes décisions.

Appelons à un sit-in pour exiger cet audit nécessaire, un sit-in ici à Nouakchott mais aussi à Nouadhibou et partout de part le monde où il y a des mauritaniens inquiets de la situation de leur pays.

Ce gouvernement devra apprendre à rendre compte à ses concitoyens.

Exigeons de notre président élu de tenir ses engagements, de mettre en œuvre son programme.

L’heure de la sieste est passée. Il est temps de se réveiller.

RIM

samedi 26 mai 2007

De la justice et du droit

Lorsqu’un procureur perçoit qu’il est plus judicieux de procéder à une autopsie légale qu’à la commission d’urgence d’un chirurgien pour sauver un malade sur le billard, la justice place les morts avant les vivants. C’est le droit d’outre-tombe.

Lorsqu’ un délinquant est pris en flagrant délit de viol et qu’il soit libéré sous caution, par un juge soucieux de son pécule , la justice place les criminels avant leurs victimes. C’est le droit du denier mal aquis.

Lorque le droit n’est plus un droit à quoi que ce soit .Mais le droit du plus fort au service de sa puissance. Le juge n’est plus rien qu’un instrument d’une machine infernale dont le bras ne voit plus dans les lois que l’assouvissement d’une vengeance ou l’accomplisment servile d’un ordre puissant.

En Mauritanie,durant ces dernière années tout a été vu et bien pire que cela. Un droit d’outre-tombe au service de deniers mal acquis. Mais le mal

La justice, se trame dans les prétoires et les avocats vous en diront que ce qui en transparaît n’est que la partie apparente d’un gigantesque iceberg. Le citoyen n’en perçoit que l’autorité, pas la liberté.Elle est entièrement orientée vers la repression. Le juge judiciare ne perçoit plus sa fonction originelle.

Pourtant paradoxalement le juge judicaire est le protecteur des libertés individuelles et le garant de la propriété privée. Mais qu’en reste-t-il au vu de tant d’évenements qui se déroulent chaque jour et qui font voir la faiblesse de nos institutions judiciaires ? C’est autant dire qu’une organisation, judiciaire fut-elle, n’est rien sans l’engagement moral , l’indépendance professionnelle et l’autonomie financière de ceux qui la composent.

En effet, face à tant d’arbitraire et de méconnaissance des règles les plus élèmentaires du droit du fond et de la procédure, il convient de s’interroger si en fait le juge n’est que l’expression la plus médiatisée et l’acteur le plus en vue d’un système général de laxisme à l’égard des lois et de leur application. Et dont il n’est qu’un maillon parmi d’autres.

Aussi pour s’en convaincre, il suffit de parcourir l’arsenal juridique de droits objectifs et positifs dont dispose l’Etat mauritanien pour déceler le déphasage entre la règle de droit et l’usage qui en est fait. Or on sait que dans sa définition même la règle de droit n’est que « l’expresssion d’une valeur sociale d’une société donnée à un moment donné de son histoire ». Et les valeurs sociales ont certainement subi ces dernières années les pires épreuves.

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Constitution mauritanienne de 20 Juillet 1991

« Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Le Président de la République est garant de l'indépendance de la Magistrature »
« Le juge n'obéit qu'à la loi. Dans le cadre de sa mission, Il est protégé contre toute forme de pression de nature à nuire à son libre arbitre. «
« nul ne peut être arbitrairement détenu. Le pouvoir judiciaire, gardien de la liberté individuelle, assure le respect de ce principe dans les conditions prévues par la loi. »

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Code de l’électricité Loi 2001 :

Le présent Code a pour objectif : « la libéralisation du secteur de l’électricité ; le développement harmonieux de l’offre d’électricité dans le cadre des lois en vigueur; la création des conditions économiques permettant la rentabilisation des investissements dans le secteur de l’énergie électrique ; le développement de la consommation de l’énergie électrique pour toutes les couches de la population et pour l’industrie ; le respect des conditions d’une concurrence juste et loyale et des droits des utilisateurs et des opérateurs.

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Code de l’eau (loi n° 2005-030 ) :

« L’eau fait partie du patrimoine de la Nation. L’usage de l’eau constitue un droit reconnu à tous, dans le cadre des lois et règlements en vigueur. (...)

La politique de l’Etat vise à garantir l’accès des populations à l’eau potable(...), La gestion de l’eau doit être globale, durable et équilibrée. (..) de l’alimentation en eau potable et, d’une manière générale, de la santé et de la salubrité.

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Les télécommunications (loi n° 99-019)

La présente loi a pour objectifs : d'accroître la compétitivité du secteur; de libéraliser le marché des télécommunications; de créer un environnement favorable à l'entrée des investisseurs privés dans le secteur des télécommunications; de séparer les fonctions de régulation et d'exploitation; d'instituer une Autorité de Régulation indépendante ; de définir les règles de concurrence applicables dans le secteur ; de garantir la transparence des processus de régulation du secteur; d'apporter des garanties en matière d'interconnexion; de favoriser l'accès universel aux services.

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Code du travail (Loi n° 2004-017)

Le contrat de travail à durée indéterminée peut toujours cesser par la volonté de l'une des parties. Avant toute décision de licenciement, l'employeur doit en informer le travailleur par écrit indiquant le motif allégué et l'invitant à fournir des explications par écrit dans un délai de quarante huit heures. Toute résiliation est subordonnée à un préavis, notifié par écrit, par la partie qui prend l'initiative de la rupture. Le motif de la résiliation doit être mentionné dans cet écrit. Le préavis ne doit être subordonné à aucune condition suspensive ou résolutoire. Il commence à courir à compter de la date de la remise de la notification. Cependant, la rupture du contrat peut intervenir sans préavis en cas de faute lourde laissée à l'appréciation de la juridiction compétente (art 46) (..)

Tout étranger qui désire occuper sur le territoire mauritanien un emploi salarié de quelque nature que ce soit, doit obtenir au préalable un permis de travail dont la nature et les conditions d'octroi sont fixées par un décret pris après avis du conseil national du travail, de l'emploi et de la sécurité sociale. (art 388)

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Code déontologie du marché financier (instruction 002/GR/2007)

Dans leurs relatiosnavec la clientèle, les banques doivent respecter strictement le principe de l’égalité de traitement et de l’équité notamment en matière deconditions applicables aux opérations et règles de priorité (...) (art 6)

Les banques soivent collecter suffisamment d’information sur leurs clienst pour s’assurer que les opérations et les transactions qui leurs sont confiées par ces derniers n’ont pas de rapport avec le blanchiment d’argent ou toute autre activité illégale. En cas de suspiscion, les banques sont tenues d’informer la banque centrale et de tenir à sa disposition tous les justificatifs afférents à ladite opération.(article 13)

Code des Pêches ( loi n°2000-025)

Les ressources halieutiques des eaux sous juridiction mauritanienne constituent un patrimoine national que l’État a l'obligation de gérer dans l'intérêt de la collectivité nationale, dans le cadre défini par les dispositions de la présente Loi. Il définit à cet effet une stratégie visant à protéger ces ressources et à permettre leur exploitation durable de manière à préserver l'équilibre des écosystèmes et de l'habitat aquatique. (art 3)

Les activités de pêche dans les eaux sous juridiction mauritanienne, sont soumises à autorisation préalable du ministre chargé des pêches. (art 22)

Les transferts de licences de pêche ne peuvent être autorisés qu’à titre exceptionnel, par le ministre chargé des pêches, en conformité avec les dispositions applicables du plan d’aménagement et de gestion des pêcheries. (art 25)

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Organisation de l’activité touristique (loi 96-023)

Les exploitants des établissements de tourisme ne doivent s'engager que pour des prestations de services qu'ils sont en mesure de fournir, comme ils ne peuvent vendre des services de qualité

inférieure à celle des services qui correspondent au standing de leur établissement (art 6)

Les exploitants des établissements de tourisme doivent obéir aux valeurs culturelles et religieuses de notre pays ainsi qu'aux règles et principes admis dans la profession (art 7)

Les établissements de tourisme doivent en outre être tenus dans un état conforme aux prescriptions des règles d'hygiène, de salubrité publique et de sécurité (art 8)

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Code des douanes (loi 66-145)

Les lois et règlements douaniers doivent être appliqués sans égard à la qualité des personnes (art 3)

Les marchandises qui entrent sur le territoire douanier qui en sortent sont passibles, selon le

cas, des droits d'importation ou des droits de sortie inscrits au tarif des douanes (art 5)

A l'importation, la valeur à déclarer est le prix normal des marchandises, c'est -à- dire

le prix réputé pouvoir être fait pour ces marchandises, au moment et dans le lieu fixés ci- après, lors

d'une vente effectuée dans les conditions de pleine concurrence entre un acheteur et un vendeur

indépendants.Lorsqu'une vente a été effectuée dans ces conditions, le prix normal peut être déterminé à partir du prix de facture (art 26)

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        Loi sur la poste (Loi n°2004-015 )

Les tarifs de chacun des services postaux universels sont fixés selon les principes suivants. Ils doivent être :

  1. Identiques sur l'étendue du territoire national, quels que soient les lieux de levée et de distribution;
  2. Raisonnables tels que les usagers aient accès aux services offerts;
  3. Compétitifs, transparents et non discriminatoires;
  4. Les principes directeurs de la tarification des services visés à l'article 8 ci-dessus sont arrêtés par l'Autorité, qui s'assure de leur prise en compte par l'opérateur;
  5. Les opérateurs sont tenus de mettre à la disposition du public et de communiquer à l'Autorité de Régulation leurs tarifs;(...)


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Code pénal (Ordonnance 83-162)

Les tentatives de délits ne sont considérées comme délits que dans les cas déterminés par

une disposition spéciale de la loi. (art 3)

Seront aussi punis de la dégradation civique les procureurs généraux ou de la République, les substituts, les juges ou les officiers publics qui auront retenu ou fait retenir un individu hors des lieux déterminés par le gouvernement ou par l'administration, ou qui auront traduit un citoyen devant une cour criminelle sans qu'il ait été préalablement mis légalement en accusation. (art 119)

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Code de Commerce (loi 2000-05)

Nul ne peut directement ou par personne interposée, pour son compte ou le compte

d'autrui, entreprendre une profession commerciale ou industrielle s'il a fait l'objet :

1. D'une condamnation définitive à une peine afflictive et infamante ou à une peine

d'emprisonnement sans sursis, pour faits qualifiés crime par la loi;

2. D'une condamnation définitive à trois mois d'emprisonnement au moins pour,

corruption, vol, escroquerie, abus de confiance, recel, soustractions commises par les

dépositaires des deniers publics, pour faux en écriture privée, de commerce ou de banque au

sens de l'article 146 du code pénal;

3. D'une condamnation définitive à trois mois d'emprisonnement au moins sans sursis

pour délits d'usure, pour fraude et falsification portant sur les valeurs mobilières, les

appellations d'origine et la propriété industrielle;

4. D'une condamnation définitive à trois mois d'emprisonnement au moins sans sursis par

application de la loi sur les sociétés;

5. D'une condamnation définitive à une dégradation civique;

6. D'une condamnation définitive à trois mois d'emprisonnement au moins sans sursis

pour exercice illégal d'une profession commerciale ou industrielle;

7. D'une condamnation définitive sans sursis à plus de trois mois d'emprisonnement pour

infraction à la législation économique, pour banqueroute et délits assimilés;

8. D'une condamnation pour infraction en matière de registre du commerce.

Les incapacités prévues ci-dessus ne s'appliquent pas aux personnes qui ont bénéficié d'une

réhabilitation.

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Code pastoral (Loi n° 2000-044 )

L’espace pastoral est un domaine collectif inaliénable et imprescriptible, réservé

exclusivement aux activités du pastoralisme. (Article 13)

Toute forme d'appropriation exclusive de l'espace pastoral est illégale. (Article 14)

Aucune concession foncière dans l'espace pastoral ne sera accordée, si elle a pour effet

d’entraver l’accès des pasteurs aux ressources pastorales. (Article 15)

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Code de procédure pénale (Ordonnance n° 83-163 révisée 23 février 2007) )

Sont compétents le juge d’instruction du lieu de l’infraction, celui de la résidence de l’une

des personnes soupçonnées d’avoir participé à l’infraction, celui du lieu d’arrestation d’une de ces

personnes, même lorsque cette arrestation a été opérée pour une autre cause (article 44)

Dans tous les cas de garde à vue et quelle qu’en ait été la durée, l’officier de police judiciaire doit justifier devant le magistrat compétent les dispositions qu’il a prises (art 57)

Lorsque le juge d’instruction est présent sur les lieux, le Procureur de la République ainsi

que les officiers de police judiciaire sont de plein droit dessaisis à son profit (Art 63)

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Chacun trouvera dans ces extraits normatifs, une illustration de ce que le droit exige et ce que les institutions en font.

Les exemples sont nombreux, mais ce peu (qui fait l’essentiel) a l’avantage de ne pas occulter les multiples facettes d’un droit dans lequel le juge , aux premières loges, n’en est cependant ni le vecteur déterminant ni l’acteur principal.

Pr ELY Mustapha

jeudi 24 mai 2007

Ces sociétés qui nous arnaquent

Il y a quelques années la Socogim a initié avec la BADH la construction de logements sociaux, à l’époque était née la cité Maaouiya, qui devait justifier pour tout le monde que même privatisée (je devrais dire plutôt offerte), la banque avait toujours pour objectif l’habitat pour tous.

Le concept a eu beaucoup de succès, les maisons étaient bien construites et elles ne coûtaient pas cher, du coup rebelote.

En 2002 l’épargne a été ouvert pour une extension de la cité Maaouiya, la maison devait coûter 3.900.000 UM avec un dépôt initial de 1.300.000 UM, le restant étant payable sur 10 ans et devait être livrée au bout de 2 ans

Ce devait être une opportunité pour les petits épargnants, une occasion offerte à une classe moyenne d’accéder à la propriété.

Finalement non seulement au bout cinq ans nous attendons toujours mais le rêve se transforme en cauchemar, la société SOCOGIM a réclamé à la BADH quatre million/maison en raison d’augmentation des matériaux de construction, bien qu’a y regarder de près, et vu la manière dont elles ont été construites,ils n’ont pas dû se ruiner.

La BADH qui apparemment ne voyait pas l’intérêt d’entrer en litige avec la SOCOGIM a immédiatement accepter.

Après tout les pigeons sont là pour passer à la caisse !

On aurait pu croire que, vu qu’ils ont eu au moins 1300 000 um par 400 maisons soit cinq cent vingt millions pendant cinq ans, on aurait pu croire alors qu’une perte de 40 misérables millions peuvent être facilement surmontée par la banque.

Eh bien non ! c’est toujours aux pauvres épargnants de payer les pots cassés.

C’est à ces pauvres fonctionnaires et travailleurs qui pour la plupart ont pris des crédits sur salaire sur plusieurs années pour réunir le dépôt initial.

Et ce n’est pas tout, évidemment la BADH n’allait pas rater une occasion de plumer des pigeons aussi consentants alors pendant qu’on y est elle se rajoute en plus des sous de la SOCOGIM encore 2.300.000 UM, comme disons petite gratification.

les quatre millions doivent être payés immédiatement et pour le reste il faut avoir un accord de crédit de la banque pour 2 300 000 um restant payable sur quatre ans avec un taux de 16% (soit 66 000/mois), ce qui fera que grosso modo la maison passe de 3 900 000 um à 7 200 000 um cela fait une augmentation près 85%.

Vous avez dit logements sociaux ? mais j’ai dû rater un épisode car à y regarder de plus près on jurerait que l’on essaye de décourager les petits épargnants. Affaire à suivre.

Min nahiyetin oukhra, et toujours dans le style pigeons.

La MAURITEL s’y met elle aussi à puiser dans les poches de ses abonnés sans leur demander leurs avis.

Pourquoi pas elle aussi me diriez vous ?

La MAURITEL faisait payer la connexion de 128 kbit a 17 000 et poussière( vu qu’on est dans la cour des grands on va pas parle de la petite monnaie)et dans sont infinie bonté elle décide que cela est trop cher est que désormais la 128 serait facturée à 9900 um et la 256 à 17 000.

Jusque là cela a l’air d’une bonne chose mais surprise à la réception des factures que découvre-t-on ? tous les abonnés qui avait une connexion 128 se sont retrouvé à du 256, ceux à 256 ont été passés à 512 ainsi de suite.

Je précise tout de même que ceci a été fait sans leur demander leur avis, l’explication donnée était simple vous payiez déjà 17.000 vous continuez à payer 17.000 en quoi cela vous dérange ?

Oh en rien du tout sinon que l’on décide pour moi de faire passer mon abonnement de 128 à 256 sans me demander mon avis parce que cela arrange Mauritel.

Alors on va continuer longtemps comme ça à se faire avoir par tout le monde.

LM

lundi 21 mai 2007

L’eusses-tu cru ?

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Chiffres à méditer... pour un avenir à construire

La dette extérieure de la Mauritanie : croissance de 219% en 32 ans.

Le changement enregistré entre la 1970 et 2002 est 219%. C'est en 1985 qu'on enregistre le plus haut niveau (16,2) et c'est en 1970 qu'on enregistre le plus bas niveau (1,8)

Qu’est-ce que c’est ? Le service de la dette est la somme des principaux remboursements et intérêts payés en devises étrangères à court et à long terme ainsi que les redevances dues au FMI. Dans cette optique , le service de la dette est exprimé en pourcentage du revenu national brut (ensemble des richesses produites en une année et qui représentent un revenu pour les agents économiques). Quand ce pourcentage est élevé, cela signifie généralement qu'un pays est fortement endetté par rapport à sa richesse nationale (sa solvabilité). Attention à ne pas confondre le service de la dette avec la dette elle-même.

Et pourtant durant cette période : Le 16 mars 2000, la Mauritanie a été le premier pays à bénéficier d’un traitement de sa dette (extrêmement favorable) en Club de Paris dans le cadre de l’initiative pour la réduction de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE) renforcée. A cet égard, le point de décision a été atteint en février 2000 et le point d’achèvement en juin 2002, avec 1,1 Mds US$ d’allégement de dette. Cette réduction a été renforcée par l’effort additionnel de remise de la dette bilatérale française (Contrat de Désendettement et de Développement, C2D). La récente annonce par le G8 de l’annulation de la dette des pays pauvres concerne la Mauritanie pour un montant de l’ordre de 1 Md US des Etats-Unis.

L’indice des prix : accroissement de 191% en 18 ans

Indice des prix à la consommation calculé sur une base 100 à l’année 1995

Qu’est-ce que c’est ? L'Indice des Prix à la Consommation (IPC) est une mesure permettant de suivre dans le temps l'évolution des prix des biens et services couramment utilisées ou consommées. Ces produits incluent les aliments, le logement, les meubles, l'habillement, les transports et les loisirs. L'année de référence utilisée est 1995; l'indice a alors la valeur 100. Une augmentation de cet indice est désignée par le terme inflation. Une diminution de cet indice est désigné par le terme déflation. Le taux d'inflation constitue donc la variation positive de l'IPC. Évidemment, le panier de biens et services sur lequel on base nos calculs change avec le temps dû aux changements des habitudes de consommation. Généralement, si dans un pays l'IPC connait de fortes variations positives et que les salaires sont inchangés, le pouvoir d'achat diminue. Inversement, si les salaires augmentent plus que les prix, le pouvoir d'achat connaît une augmentation.

Croissance de 110% en 18 ans de l’indice des prix dans le secteur de l'alimentation. Prévisions pour 2010 : Croissance de 157% !


Qu’est-ce que c’est ? Ce sous-indice de l'Indice des Prix à la Consommation (IPC) mesure les variations subies dans les prix dans le secteur de l'alimentation durant une période donnée. Il a été construit pour mieux comprendre les variations qui affectent un secteur incontournable des dépenses des individus et des ménages. Évidemment, le panier de biens alimentaires sur lequel on base les calculs change avec le temps dû aux changements des habitudes de consommation.

Indice des prix dans le secteur de l'alimentation en prenant l’année 1995 = 100. Pour l'ensemble de la période 1982-2000, on enregistre une moyenne annuelle de 94%. Le changement enregistré entre la première et la dernière année est 110%. Sur la base de ces informations, cet indice est estimé à 157 % en 2010.



Croissance annuelle du PIB par habitant : chute de 78% en 42 ans.

Qu’est-ce que c’est ? La croissance annuelle du Produit intérieur brut (PIB) en % représente la variation relative d'une période à une autre du volume du PIB en dollars constants d'une année de référence. Elle reflète l'augmentation (ou la baisse dans le cas d'une croissance négative) du niveau d'activité économique dans un pays . Il s'agit d'un indicateur souvent retenu lorsque l'on veut faire des prévisions à court et à moyen terme sur la situation économique d'un pays. Dans la mesure où il s'agit de la croissance par habitant on retranche les variations qui seraient redevables des fluctuations démographiques. Normalement, une croissance économique équivaut à un enrichissement.

Pour l'ensemble de la période 1961-2003, on enregistre une moyenne annuelle de 1,8. Le changement enregistré entre la première et la dernière année est 78%.


La croissance annuelle du Produit intérieur brut (PIB) : Chute de 65% en 42 ans

Qu’est-ce que c’est ? La croissance annuelle du Produit intérieur brut (PIB) en % représente la variation relative d'une période à une autre du volume du PIB en dollars constants d'une année de référence. Elle reflète l'augmentation (ou la baisse dans le cas d'une croissance négative) du niveau d'activité économique dans un pays . Il s'agit d'un indicateur souvent retenu lorsque l'on veut faire des prévisions à court et à moyen terme sur la situation économique d'un pays. Normalement, une croissance économique équivaut à un enrichissement. Cependant, cet indicateur pourrait s'avérer trompeur dans la mesure où la croissance du PIB serait redevable d'une croissance démographique et non d'une amélioration de l'économie. Il importe alors de considérer la croissance du PIB par habitant.

Évolution Pour l'ensemble de la période 1961-2003, on enregistre une moyenne annuelle de 4,1. Le changement enregistré entre la première et la dernière année est 65%.

Épargne nationale brute en pourcentage du PIB : Chute de 100% en 43 ans


Qu’est-ce que c’est ? Globalement, l'épargne nationale brute représente la différence entre le PIB et les dépenses de consommation finale (l'ensemble de la consommation dans un pays pendant une période donnée). D'une manière plus précise, il s'agit de la partie du revenu national disponible qui n'est pas affectée à la dépense de consommation finale. L'épargne nationale brute correspond aussi à la somme des épargnes brutes des différents secteurs institutionnels. Cet indicateur tire son utilité du fait qu'il nous renseigne sur la capacité d'un pays à débloquer ses propres capitaux pour les investissements, autrement dit, la non dépendance vis-à-vis les capitaux étrangers

Évolution Pour l'ensemble de la période 1960-2003, on enregistre une moyenne annuelle de 10,8. Le changement enregistré entre la première et la dernière année est 100%.


Pourcentage de la population vivant avec moins d'un dollar par jour (PPA) : Chute de 47% en 10 ans


Qu’est-ce que c’est ? La proportion de personnes vivant en-dessous de $1 par jour est le pourcentage de la population dont les dépenses de consommation sont inférieures à $1,08 en moyenne par jour mesuré en dollars de 1993. Pour une meilleure comparaison internationale, les prix sont convertis en utilisant des taux de la parité de pouvoir d'achat (PPA), eux même fixés en fonction du pouvoir d'achat. Les données ont été regroupées: l'année 1993 représente la moyenne des années 1990-1993; l'année 1997 représente la moyenne des années 1994-1997 et l'année 2003 représente la moyenne des années 1998-2003.

Évolution Pour l'ensemble de la période 1993-2003, on enregistre une moyenne annuelle de 34,7. Le changement enregistré entre la première et la dernière année est 47%.


Et pendant cette période où le pays accuse des chutes de développement vertigineux comme l’on montré si bien les statistiques précédentes (université de Sherbrooke notamment), voici le discours institutionnel ambiant :

Selon les estimations, le taux d’incidence de la pauvreté est tombé de 56,6 % en 1990 à 46,7 % en 2000, ce qui représente un progrès majeur. Cette baisse tient à la période de croissance soutenue que le pays a connue depuis 1992, ainsi qu’à la réorientation des dépenses publiques vers les secteurs sociaux et les programmes de lutte contre la pauvreté. À cela s’ajoute une amélioration sensible des indicateurs sociaux : les taux de scolarisation primaire sont ainsi passés de 49 % en 1987 à 96 % en 2004, et l’accès aux soins de santé maternelle a progressé de 65 % en 2000 à 80 % environ en 2004. » (Banque mondiale)

La Mauritanie met en œuvre depuis une quinzaine d’années un programme d’ajustement structurel et enregistre globalement de bons résultats économiques (croissance moyenne de 5% par an environ, depuis 1994). Néanmoins, près de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté de 1 USD. La pauvreté affecte particulièrement les zones rurales. Ce programme a permis d’enregistrer de bonnes performances économiques et d’améliorer les indicateurs de développement humain. La croissance s’est accélérée depuis 2003 notamment grâce aux secteurs du BTP et des services. (diplomatie.gouv.fr):

L’eusses-tu cru ?

L’apparition de l’homme en Mauritanie daterait du paléolithique inférieur et remonterait donc à plus de 600.000 ans comme semblent l’attester les innombrables traces laissées dans le Nord du pays. Et pourtant... il peine toujours à gérer sa case.

Pr ELY Mustapha

dimanche 20 mai 2007

PETITION POUR L'AUDIT DE LA TRANSITION

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Considérant que le 3 août 2005 est une date qui marque la chute de la dictature et constitue le début d'une ère nouvelle, nous, mauritaniens, soucieux de l'avenir de notre pays, signataires de la présente pétition sur le net, demandons un audit de la période d’exception de la Transition.
Partant du fait que toute démocratie ne peut naître que sur des bases saines et dans un cadre assaini, il est de notre devoir de demander que la situation, notamment économique, de notre pays soit clarifiée pour savoir d'où nous partons. C'est ainsi que nous pouvons savoir où nous allons et pouvons juger les résultats accomplis par les personnes et les institutions élues démocratiquement qui doivent rendre compte au peuple.
Il ne s'agit pas pour nous d'une chasse aux sorcières ou de règlements de comptes mais d'un acte citoyen et républicain qui nous permet de savoir dans l'avenir le chemin parcouru et de juger des décisions et actes de nos gouvernants qui ont eu notre confiance.

1- Maatala
2- Yanis
3- LM®
4- Alioune
5- Bouguelba
6- Aleya
7- La soeur de Maatala
8- Lemberti
9- Un fan anonyme de Maatala
10- RIM
11- Bougadoum
12- Kaisersauzé
13- Lambda
14- La grande soeur à LM
15- Big brother
16- Le christ
17- Rimo
18- Al amiri
19- Ouldmauritanie
21- G Sand
22- Ahmed Salem
23- Mohamed
24- Fils du bled
25- L'apprenti poète
26- Azawane
27- Z ould X
28- Mohamed-2
29- Sidi
30- Kane
31- Mohamed Lemine
32- Loubaba
33- Senhoury

P.S. :

Au nom de tous, je remercie les signataires qui ont pris un peu de leur temps pour apposer leurs noms, en anonymes, sur notre pétition symbolique pour un audit de la Transition.

L’apprentissage de la démocratie passe par la prise de conscience collective de la nécessité de respecter les ressources de la communauté.

J’espère que nos petites voix qui crient dans le désert soient entendues car plus ces voix sont nombreuses, soutenues, plus l’écho sera grand, même aux oreilles qui ne veulent pas entendre…

Faisons qu’il y ait aussi d’autres échos pour que ceux qui sont ou seront aux responsabilités de notre pays et qui peuvent se reprocher quelque chose, ne dorment jamais d’un sommeil apaisé. Et comme dans une autre légende, nous puissions toujours penser que « l'œil était dans la tombe et regardait Caïn »…

Yanis

jeudi 17 mai 2007

Le renouvellement de la classe politique : la seule solution d’avenir pour instaurer une vraie démocratie en Mauritanie.

L’avènement de la démocratie en Mauritanie, en 2007, a suscité beaucoup d’espoir. Tout permettait de croire que la politique ne devrait plus être comme avant d’où le renouvellement de la classe politique attendu.

Le constat à l’issue des différentes élections et après la constitution de l’équipe gouvernementale est tout autre.

A vous de juger :

  • Le Président de la République : un ancien ministre sous Mokhtar O. daddah, il y a près de 35 ans et un ancien ministre du dictateur déchu O. Taya.
  • Le Premier ministre : un ancien conseiller économique du dictateur déchu et un ancien gouverneur de la BCM avec rang de ministre sous le même régime.
  • Le président de l’Assemblée Nationale : un ancien ministre sous O. Taya.
  • Le président du Sénat : un ancien ministre de O. Taya.
  • Le chef de file de l’opposition : un ancien ministre de Mokhtar O. Daddah, il y a plus de 30 ans.
  • Deux ministres de l’ancien régime qui n’ont marqué leurs passages aux responsabilités que par la gestion de l’incompétence, un ancien ambassadeur chargé de défendre la dictature auprès des instances des droits de l’Homme devenu ministre des affaires étrangères, etc.

C’est ainsi que les mêmes têtes du passé ressurgissent pour nous promettre un avenir meilleur. Seul changement, le mode de casting…

Et on nous parle de curriculum vitae au moment du choix des responsables mais on oublie que ceux qui ont des CV avec une expérience professionnelle actuellement en Mauritanie ont été parachutés une première fois, le plus souvent de rien, et depuis, ils sont « sur orbite », celle des grands postes de l’Etat, au service des différents dictateurs et de leurs lobbies.

Comment voulez vous présenter, par exemple, le CV de l’un des nouveaux ministres qui a été propulsé représentant à l’Unesco puis ambassadeur éphémère dans un pays du Moyen Orient alors qu’il était pigiste à Radio Mauritanie et aurait fait par la suite des études tardives et floues, en Europe de l’Est au moment de l’éclatement de l’URSS… Quand dans le même temps des intellectuels comme Abdelwedoud O. Cheikh, Saidou Kane et tant d’autres, moins connus, sont ignorés, écartés, diabolisés et n’ont jamais été sollicités ou appelés aux responsabilités qu’ils devaient naturellement occuper. Seuls les médiocres, les voleurs de deniers publics et leurs acolytes pouvaient se prévaloir d’avoir occuper des postes de décision et donc de prétendre rester aux commandes car ayant l’expérience qu’il faut et quelle expérience !

Il y a comme un deal politique, actuellement, qui ne dit pas son nom entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.

On dirait un vilain compromis entre l’équipe Sidioca-ZZ-Belkheir d’une part et les partis de l’ancienne majorité et les indépendants-dépendants d’Ely qui seraient en hibernation pour 5 ans, d’autre part: laissez nous gouverner en appuyant notre politique (pas de motion de censure, votes des projets de lois proposées par le gouvernement) et nous vous laissons en paix (pas d’ouverture de vieux dossiers humanitaires ou économiques, pas de mise en cause des fortunes accumulées sur le dos du peuple, pas d’abolition des privilèges passés).

C’est ainsi que tout semble aller bien en Mauritanie. Pourtant, on assiste à une vraie inversion des rôles : la mafia représente maintenant le peuple et les dits « justes » sont aux commandes !

On peut conclure que la mafia a tout gagné, elle a acquis une légitimité populaire. C’est très inquiétant et toujours pire quand les rôles s’inversent. Hitler aussi avait l’adhésion du peuple allemand en 1933 et Al Capone était aimé dans les faubourgs de Chicago dans le même temps. Et pourtant on connaît le terreau sur lequel se bâtissent la dictature ou la pègre, son terrain de prédilection. En Allemagne, c’était la défaite de 1918 et la crise mondiale de 1929. A Chicago, c’était la corruption et la loi de la prohibition de l’alcool. Chez nous, c’est la dictature des régimes qui se sont succédés jusqu’au summum avec O. Taya, la gabegie, les détournements de deniers publics et le clientélisme.

En Mauritanie, en 2007, ne pouvaient plus faire de la politique dans nos campements et villages éloignés que les mafieux, ne pouvaient plus être nommés aux hautes fonctions que ceux qui ont servies sans mérite et se sont servi à satiété…

La solution existe et ce n’est pas un travail titanesque. Mais seul le Président élu a la possibilité d’impulser cette dynamique.

Il s’agit de la dissolution tout simplement de l’Assemblée Nationale, la chambre la plus importante du Parlement et la mise à la retraite anticipée de hauts gradés de l’armée et de la police ainsi que de hauts fonctionnaires de l’Etat bien connus (sous la dénomination de Roumouz El Vessad).

Cela doit se faire au bout de 2 ans au maximum, délai permettant d’asseoir les institutions de l’Etat sur de meilleurs bases et d’affaiblir « le monstre » qui peut avoir toujours des sursauts…

C’est le devoir qui incombe au Président de la République actuel, avant de laisser la place, en 2012, à une nouvelle génération.

Le courage politique, c’est de savoir remettre en cause l’ordre établi et avoir une vision d’avenir. Cela passe inévitablement par franchir le Rubicon, un vrai programme et une révolution douce, nécessaire en Mauritanie.

Yanis

lundi 14 mai 2007

Lettre à Mohamed Khouna Ould Haidalla, ancien président de la République.

Monsieur le Président,

Nous souhaitons, à l’instar de tous nos compatriotes épris de justice et de liberté que l’affaire qui vous préoccupe trouve un juste et rapide dénouement. Comme nous souhaitons que cela se fasse sans préjugés ni partis-pris quelconque assis sur une identité, un patronyme ou tout autre critère qui ferait obstacle à la bonne justice.

Monsieur le président,

Au-delà de cette affaire, le champ des responsabilités est partagé. Si , Sidi Mohamed, votre fils, est poursuivi, ce serait à l’image d’une part de notre jeunesse qui durant ces vingt dernières années a été victime de la démission de l’Etat. Ce dernier supporte une part non négligeable de responsabilité dans cette situation.

Durant ces dernières années notre jeunesse a été livrée à elle-même. Contemplant les temples de la corruption et du népotisme qui prenaient racine jusque dans les rouages de l’Etat.

Horizons fermés, culture bafouée, valeurs sociales au rabais, emploi inexistant, niveau de vie rasant le seuil de subsistance, que restait-il à cette jeunesse que de chercher autrement les moyens de s’affirmer ?

Et les voies pour cela n’étaient ni la science, ni l’éducation, ni la culture absentes mais plutôt celles d’un mimétisme de survie : jouer le jeu d’une société que l’Etat a façonnée à son image. Celle où la jeunesse éprise de vie et d’espoir ne trouvait devant elle qu’un pays, où ignorée, elle développa un instinct de survie.

Une jeunesse sacrifiée à l’autel des intérêts d’un Etat gangrené et soumis au dictats de quelques uns. Et en toute chose ce sont les débuts qui comptent. Ayant ouvert les yeux sur tant d’injustice, de privation et de négligence on ne peut reprocher à une jeunesse mauritanienne d’avoir cherché à survivre quand la Nation entière était démissionnaire.

Monsieur le président

Aujourd’hui, encore notre justice se cherche après tant d’années où la vue d’un magistrat n’engendrait pas le respect, ou celle d’un policier n’inspirait qu’un « tatement » de poche et la prochaine confiscation d’un bien.

Les dérapages, non hélas pas encore cédé le lieu à la rigueur des procédures judiciaires et aux respects des droits du prévenu du fait de la répétition de vieilles habitudes acquises dans la pénombre des commissariats et à l’ombre des prétoires.

En cela encore l’Etat mauritanien a durant ces dernières années laissé libre cours à une justice au service des intérêts de certains. Une justice instrumentalisée qui n’a plus de justice que le nom. Et dont aujourd’hui encore les justiciables pâtissent du fait de ce «naturel qui revient au galop ».

Monsieur le président,

L’affaire qui vous préoccupe, nous préoccupe tous. Il convient cependant que nous la placions, au delà de son caractère individuel, dans le champ d’un problème plus vaste, plus alarmant encore : celui de notre jeunesse à la dérive.

Monsieur le président,

Vous êtes un homme connu pour sa rigueur et sa respectabilité et vous avez eu ce geste digne d’écrire à l’actuel président de la République, Sidi MOhamed Ould Cheikh Abdallahi, pour attirer son attention sur les aspects de cette affaire, mais combien de familles et de pères durant ces dernières années ont pu saisir une quelconque autorité ou une quelconque justice pour leurs enfants qui croupissent encore en prison ?

C’est pourquoi votre lettre, à laquelle nous faisons échos ici, nous semble éminemment importante et nous donne l’occasion d’élever notre voix pour dire haut et fort que l’Etat Mauritanien de ces dernières années est bien responsable de la dérive d’une jeunesse qui, durant des années , s’est trouvée en perdition entre le Charybde de la corruption et le Scylla des stupéfiants. Et qu’entre ces deux bornes destructrices tout un pan du système étatique politico-administratif contribuait à alimenter ces deux monstres suppôts d’un Léviathan qui heureusement s’en est allé.

Et si aujourd’hui, beaucoup d’espoir est fondé dans les pouvoirs publics pour trouver une solution à cela, il n’en demeure pas moins que pour réparer les dérives du passé d’une jeunesse abandonnée, nous pensons qu’il n’est meilleurs remèdes que la prévention (pour le futur) et la clémence (pour le présent).

Pr ELY Mustapha

mardi 8 mai 2007

Culs-de jatte et morts en sursis

Sur le débat sur la peine de mort on ne reviendra pas. Il est si abondant et a fait couler tant d’encre et évaporé tant de salive que le retracer ici s’apparenterait à des ratures sur des cahiers ouverts d’une conscience humaniste encore en crise face à la peine capitale.

Cruelle chose que celle de prononcer une peine de mort à l’encontre d’un individu qui par la suite s’avérerait innocent. Encore plus cruel que de croire qu’un tribunal a le droit d’ôter une vie qu’il n’a donnée. Plus cruel encore une société ou la peine de mort est aussi présente dans ses lois que la simple contravention de voirie. Plus inhumain encore celle qui coupe les extrémités d’un individu qui a volé, une fois, deux fois…le réduisant à un cul-de-jatte.

L’examen du code pénal mauritanien nous incite à la réflexion suivante : si les dispositions sont appliquées n’aurions-nous pas eu les trois-quarts du peuple passés par les armes et le reste se trainant en culs-de jatte (estropié)?

En effet, le code pénal mauritanien est basé sur une conception poussée des peines afflictives et infamantes (la mort, l’amputation, les travaux forcés, la réclusion).

En effet outre que tout condamné sera fusillé, la femme enceinte n’ y échappe pas (après sa délivrance) autant dire que le reste du monde n’est pas mieux loti. La sécurité de l’Etat lieu privilégié. Tout y est à condamnation à mort de facto (espionnage, trahison) .

L’assassinat, le parricide, l’empoisonnement : des passeports pour le peloton d’exécution.

L’anthropophagie ou la récidive suite à une condamnation à perpétuité : peine de mort.

L’hérésie, l’ apostasie, l’athéisme, le relus de prier, l’adultère : peine de mort.

Refuser de prier : peine de mort

Tout musulman majeur qui refuse de prier tout en reconnaissant l'obligation de la prière sera invité à s'en acquitter jusqu'à la limite du temps prescrit pour l'accomplissement de la prière obligatoire concernée. S'il persiste dans son refus jusqu'à la fin de ce délai, il sera puni de la peine de mort. S'il ne reconnaît pas l'obligation de la prière, il sera puni de la peine pour apostasie et ses biens confisqués au profit du Trésor public. Il ne bénéficiera pas de l'office consacré par le rite musulman (art 306)

Apostasie : peine de mort

Tout musulman coupable du crime d'apostasie, soit par parole, soit par action de façon apparente ou évidente, sera invité à se repentir dans un délai de trois jours.

S'il ne se repent pas dans ce délai, il est condamné à mort en tant qu'apostat, et ses biens seront confisqués au profit du Trésor.

Homosexualité : peine de mort

Tout musulman majeur qui aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe sera puni de peine de mort par lapidation publique.

Adultère : peine de mort

La peine de mort par lapidation, sera prononcée à l'égard du coupable marié ou divorcé. A l'égard de la femme en état de grossesse, la peine de flagellation et celle de lapidation sont suspendues jusqu'à l'accouchement.

Outre que suite à cela les trois-quarts du peuple seront déjà fusillés que restera-t-il ? Un quart de culs-de-jatte !

L’application de l’article 351 du code pénal ne fait pas de doute à ce propos :

Quiconque a soustrait frauduleusement une chose qui ne lui appartenait pas est coupable de vol et sera condamné à l'amputation de sa main si toutes les conditions suivantes sont remplies:

1. Si le voleur est sain d'esprit et majeur;

2. Si la soustraction est frauduleuse;

3. Si la chose soustraite est susceptible d'appropriation;

4. Si le coupable n'a droit à aucune revendication légitime vis-à-vis de la victime du vol;

5. Si la valeur de la chose soustraite est égale ou supérieure au quart de dinar en or;

6. Si le vol n'a pas pour mobile immédiat une nécessité de fait;

7. Si la soustraction a été opérée dans un lieu habituel de gardiennage ou de conservation de la

chose soustraite;

8. Si le coupable n'est pas autorisé à pénétrer dans le lieu où s'est déroulée la soustraction;

9. Si le coupable n'est pas un ascendant de la victime de la soustraction;

10. Si la chose soustraite est sortie du lieu de sa soustraction;

11. S'il n'existe aucun lien conjugal entre l'auteur et la victime de la soustraction et que la chose soustraite ne peut donner lieu à un vol entre les deux.

Dans tous les cas, l'amputation de la main droite du coupable n'est prononcée que lorsque toutes les conditions ci-dessus énumérées ont été réunies.

Si le coupable est récidiviste primaire, il sera amputé de son pied gauche. S'il est tri-récidiviste, il sera amputé de la main gauche. S'il est récidiviste pour la quatrième fois, il sera amputé de son pied droit. S'il est récidiviste pour la cinquième fois, il sera flagellé et emprisonné.

L’application de cet article aurait réduit (aux sens propre et figuré) bien du personnel politique et administratif de l’Etat sous l’ancien régime. Mais pas seulement celui-là.

En effet, avec ce que le pays a vécu ces vingt dernières années, comment en principe après avoir appliqué les dispositions de ce code pénal, pensez-vous qu’il serait resté de vivants dans le désert mauritanien? Personne. A moins d’être six pieds sous terre ou, au mieux, se trainant sur le ventre.

Tout comme pour le reste de la législation mauritanienne, il est temps de revoir la législation pénale pour qu’elle puisse épouser le siècle, car avec cette législation anachronique bien du monde est potentiellement en attente dans le couloir de la mort. Cul-de-jatte et mort en sursis.

Pr ELY Mustapha

le 1er janvier 2008

Mon opinion ou plutôt ma conviction qu'a partir de cette date nous aurons plus rien rien de chez rien sauf la démocratie au passage les irakiens, les afghans et j’en passe eux aussi ont cette démocratie venu de loin et pourtant, elle n’ a pas aidé au developpement ni a éradiquer la pauvreté pire encore elle a crée un climat des tensions des divisions au sein des populations majoritairement musulmane hier encore avaient les même ennemis notre avenir a été penser en 1957 a ROME par qui en tout cas pas des mauritaniens ni des africains mais avant toute chose dissipons tout de suite un possible mal entendus, il ne peut y avoir de démocratie authentique dans le cadre du capitalisme. Pourquoi ? parce que le capitalisme place le champ économique hors démocratie, entre les mains du marché, et en possession d’une minorité privilégiée non élue, au pouvoir héréditaire. Si aujourd'hui il y a une démocratie en mauritanie ce n’est nullement le fruit du hasard.

(les accords de cotonou)ARTICLE PREMIER

Objectifs du partenariat

La Communauté et ses États membres, d'une part, et les États ACP, d'autre part, ci-après dénommés «parties», concluent le présent accord en vue de promouvoir et d'accélérer le développement économique, culturel et social des États ACP, de contribuer à la paix et à la sécurité et de promouvoir un environnement politique stable et démocratique.


Il faut juste signaler que les États ACP ont refusé de signer alors UE a décide que les pays non signataires des accords de cotonou ne bénéficieront plus du Fonds européen de développement (FED) plus précisément la France conformément à sa tradition colbertiste et jacobine.

Le FED est l'instrument principal de l'aide communautaire à la coopération au développement aux États ACP

Voici un historique

* Premier FED : 1959-1964
* Deuxième FED : 1964-1970 (Convention de Yaoundé I)
* Troisième FED : 1970-1975 (Convention de Yaoundé II)
* Quatrième FED : 1975-1980 (Convention de Lomé I)
* Cinquième FED : 1980-1985 (Convention de Lomé II)
* Sixième FED : 1985-1990 (Convention de Lomé III)
* Septième FED : 1990-1995 (Convention de Lomé IV)
* Huitième FED : 1995-2000 (Convention de Lomé IV et sa révision IV bis)
* Neuvième FED : 2000-2007 (Accord de Cotonou)
* Dixième FED : 2008-2013 (Accord de Cotonou révisé)

L’idéologie du traité de rome

Les expériences d’union douanière du passé avaient montré l’effet stimulant de la création d’un grand marché : aux Etats-Unis, en Allemagne avec le Zollverein (1834) ou encore dans le Benelux (1948), les effets de l’unification ont été très positifs. A l’inverse, l’exemple de l’unification italienne a montré que les régions les moins favorisées pouvaient pâtir de l’élargissement d’un marché si elles n’y étaient pas préparées.

Les Européens avaient acquis la certitude que les techniques américaines et le niveau de productivité atteint aux Etats-Unis étaient largement liés à la taille de leur marché intérieur. Ils pensaient qu’un grand marché commun européen permettrait la transformation rapide et profonde de l’appareil de production, condition nécessaire pour acquérir une capacité concurrentielle à l’égard de l’industrie américaine et s’engager vers la libéralisation mondiale qui se dessinait déjà.

La connotation libérale du Marché commun apparaît dans la place majeure attribuée au marché et dans la confiance accordée à ses vertus régulatrices. L’effet attendu est l’intensification de la concurrence et l’élargissement du marché stimulant les économies d’échelle, conditions nécessaires pour une forte expansion économique susceptible d’entraîner la hausse du niveau de vie prévue par le Traité. La libre circulation apparaît ainsi comme le principal moteur du Marché commun et touche quatre domaines fondamentaux, appelés d’ailleurs couramment les « quatre libertés » qui sont énoncées dans l’article 3 a et c du Traité :

* La libre circulation des marchandises qui doit être assurée par l’élimination des droits de douane et des restrictions quantitatives (contingentements) ainsi que de « toutes autres mesures d’effet équivalent » ;
* La libre circulation des services ;
* La libre circulation des capitaux (aucune discrimination fiscale n’est autorisée) ;
* La libre circulation des personnes (tout discrimination de nationalité est interdite).

La libre circulation des personnes dans les accords de cotonou



ARTICLE 13

Migrations

5. a) Le Conseil des ministres examine, dans le cadre du dialogue politique, les questions liées à l'immigration illégale en vue, le cas échéant, de définir les moyens d'une politique de prévention.

b) Dans ce cadre, les parties conviennent notamment de s'assurer que les droits et la dignité des personnes sont respectés dans toute procédure mise en œuvre pour le retour des immigrants illégaux dans leur pays d'origine. À cet égard, les autorités concernées accordent les facilités administratives nécessaires au retour.

c) Les parties conviennent également que:

i) - chaque État membre de l'Union européenne accepte le retour et réadmet ses propres ressortissants illégalement présents sur le territoire d'un État ACP, à la demande de ce dernier et sans autres formalités;

- chacun des États ACP accepte le retour et réadmet ses propres ressortissants illégalement présents sur le territoire d'un État membre de l'Union européenne, à la demande de ce dernier et sans autres formalités.

Les États membres et les États ACP fourniront à leurs ressortissants des documents d'identité appropriés à cet effet.

Vis-à-vis des États membres de l'Union européenne, les obligations au titre du présent paragraphe s'appliquent seulement à l'égard des personnes qui doivent être considérées comme leurs ressortissants au sens de la Communauté, en conformité avec la déclaration n°2 annexée au traité instituant la Communauté européenne. Vis-à-vis des États ACP, les obligations au titre du présent paragraphe s'appliquent seulement à l'égard des personnes qui doivent être considérées comme leurs ressortissants au sens de leurs législations nationales respectives;



Apres l’ independance de 1960 grace au traité de rome de 1957 voici la democratie de 2007 grace aux accords de cotonou de 2003,un pelerinage 50ans apres rien n’a changé l’air les couleurs le souvenir demeurent tels.

NOS VIES VALENT PLUS QUE LEURS PROFITS

ouldmauritanie

jeudi 3 mai 2007

La Diaspora : loin des yeux, loin du cœur

La diaspora mauritanienne est au cœur d’une pièce dramatique qui depuis des années se joue en monologue d’Etat, sans voix au chapitre.

1. Le drame des ambassades

L’Etat mauritanien ne connait pas le nombre de ses ressortissants à l’étranger.

Jamais les ambassades ne se livrent à un recensement fiable des ressortissants et ne sont jamais en contact direct avec eux. Elles entretiennent avec eux une relation d’ignorance et même souvent de méfiance.

Beaucoup de nos ressortissants à l’étranger , sachant cela, ignorent complètement, et à juste titre, ces ambassades qui ne sont que des villégiatures pour « diplomate » en engraissement commandé. Même les évènements importants, nationaux notamment, qui doivent être célébrés par les ambassades et qui servent à la rencontre des ressortissants sont inexistants.

L a raison en est que souvent les moyens pour organiser ces manifestations sont détournés à des fins personnelles, soit dans l’impossibilité de connaitre les ressortissants et leur nombre, l’ambassade renonce à célébrer un quelconque événement. C’est autant dire que les ambassades ne jouent même pas leur rôle à l’étranger et encore moins d’inviter les ressortissants pour une quelconque information les concernant comme le font les ambassades des autres pays en leur fournissant un soutien et une assistance dans leurs relations avec les institutions du pays hôte. Et rien qui puisse donner aux ressortissants l’impression d’appartenir à un pays ou encore d’affirmer à cette occasion leur allégeance à leur nation.

La diaspora ayant compris cela s’est détachée de ces institutions « diplomatiques « et ne collabore pas avec elles vue leur inutilité. Cela eût hélas comme conséquence la rupture avec le pays du fait que la courroie de transmission et le lien politico-administratif, que sont les représentations diplomatiques et consulaires, ne jouait pas leur rôle. Durant ces dernières années on a mis cet état de fait sur le manque de moyens des ambassades mais il était en fait évident qu’il s’agissait d’une volonté délibérée sinon latente de ne rien faire qui puisse servir cette diaspora. Une forme de laxisme diplomatique qui servait bien les autorités centrales car cela éloignait le centre de décision de toute influence de cette diaspora qui, par ses prises de position politiques souvent averties et informées, risquait de pouvoir changer les choses.

2. Le drame du passeport

Pendant ces trente dernières années plus de 45 % de mauritanien sont entrés et ressortis de Mauritanie avec des noms et prénoms différents. A la facilité de délivrance du passeport s’ajoutait celle de pouvoir changer tous ses identifiants dans le passeport. On reçut des gens qui une saison portaient un nom et un autre nom la saison suivante. Mieux encore certains avaient plusieurs passeports mauritaniens et en usaient au gré de leur voyage et de leur destination.

Certains se sont spécialisés dans la modification du passeport quand ils sont fichés pour méfaits dans certains pays. On assista même dans un aéroport d’un pays maghrébin au drame d’un mauritanien qui s’était trompé de passeport en le cherchant dans sa poche qui contenait plus d’un passeport. Celui exhibé ne contenait pas les photos de ses enfants en bas âge qui l’accompagnait pour soins! Il fut renvoyé au pays sans quitter la zone de transit.

Les ambassades sont très informées sur cette falsification des passeports et la tolèrent. Ainsi un mauritanien pouvait se présenter dans un laps de temps très court à une ambassade en s’identifiant avec deux passeports différents et personne ne trouvait rien à y redire.

Cette situation confortait d’ailleurs la position des ambassades de continuer à ignorer la diaspora dont d’ailleurs elles contestent souvent l’existence ou même l’homogénéité.

Ainsi lorsqu’en 1991, une association d’enseignants demanda un recensement des ressortissants mauritaniens dans le pays ou elle résidait aux fins électorales et administratives, on lui répondit que « c’est une décision qui doit être demandée par les autorités centrales à Nouakchott et que de toute façon l’ambassade ne peut pas garantir l’authenticité des passeports.. .». Un pays qui ne peut garantir les pièces d’identification de ses ressortissants, ne peut reconnaître sa diaspora. Evidence machiavélique !

3. Le drame de la diaspora diabolisée



Lorsque l’on évoque dans les cercles politiques en Mauritanie le mot « diaspora » c’est aussitôt la consonance politique qui prime. Mieux encore la police politique et le système des renseignements voyaient dans la diaspora un groupe d’individu qui a quitté son pays pour le déstabiliser de l’extérieur.

Ainsi dans certains rapports de police portés à la connaissance de juges en Mauritanie rapportent dans le questionnement de certains prévenus la question : « quels liens as-tu avec la diaspora ? ». Cette connotation péjorative se traduisait à l’étranger par les instructions de méfiance que reçoivent les représentations diplomatiques et consulaires à l’étranger.

Et c’est sur cette base de défiance entretenue du centre vers la périphérie que ces structures traitent cette diaspora. D’ailleurs l’ancien régime politique a crée de réelles structures administratives de blocage de tout accès de la diaspora à quelque poste de responsabilité à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Ainsi il y avait aux affaires étrangères des individus commandités qui avaient pour mission de bloquer tout dossier que reçoit une organisation internationale pour le recrutement d’un ressortissant mauritanien à l’étranger. Les organisations internationales ont en effet l’obligation de prendre l’avis du pays du ressortissant pour accepter sa candidature.

Les intellectuels de la diaspora en ont beaucoup pâti et certains se reconnaîtront ici et comprendront pourquoi leurs dossiers malgré leurs qualifications n’ont jamais reçu de réponses. Ces « coupes-ambitions » come on a pu les appeler trouvent leurs ramifications dans les ambassades dont beaucoup, par leurs rapports aux autorités d’accueil, ont porté préjudice à cette diaspora.

4. Le drame de l’absence d’intérêt national pour la diaspora



Dans tous les pays il existe une structure de suivi de leurs ressortissants à l’étranger ( Exemple : l’Union des Français à l’étranger, l’office national des tunisiens à l’étranger ou encore le Ministère algérien délégué chargé de la communauté nationale à l'étranger etc.) qui travaille avec ces communautés qui en tire le meilleur pour le pays (savoir-faire, transfert de technologie, investissement, tourisme, rayonnement culturel…) et qui les associe à la vie nationale (sensibilisation, visites, conférences, réunions, débat etc.).

En Mauritanie l’inexistence de cette structure montre le désintérêt politique et administratif que le pays affiche pour ses ressortissants dans lesquels il ne voit pas une immense richesse et une inestimable vitrine socioculturelle du pays à l’étranger qu’il gagnerait à encadrer, mais plutôt «un « ramassis » d’individus potentiellement dangereux (soit par leur activisme ou par leur capacité et leur savoir à changer les choses) à maintenir coûte-que-coûte hors des frontières.

Et pour cela les alibis ne manquent pas. Car la diaspora n’ayant pas voix au chapitre dans le devenir de son propre pays ne peut s’expliquer et encore moins se faire comprendre.

Ainsi récemment, l’exclusion de cette diaspora de l’ensemble du processus électoral du fait d’une décision irraisonnée et injustifiée de la transition n’a pas pu trouver un lever de bouclier de cette même diaspora que, depuis des années, on s’est attelée à ignorer et à diviser dans ce but justement de la neutraliser.

On a ajouté à son éloignement géographique un éloignement administratif et politique. Elle n’a jamais été inscrite dans les stratégies nationales de développement.

Mise à l’écart, elle fut éloignée des yeux et elle devînt du cœur.

Pr ELY Mustapha