lundi 30 avril 2007

et si le changement avait déjà commencé?

Deux jours après la nomination du gouvernement plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer le quota des ministres noirs au sein de ce gouvernement, d’autres contestent la véracité des diplômes de nos ministres.
Personnellement qu’ils soient blancs, rouges, noirs ou bien plombiers, boulangers cela m’importe peu pourvu qu’ils s’attaquent aux vrais problèmes des mauritaniens.

Je vous signale que les plus grandes catastrophes économiques africaines ont été élaborées par la crème du monde de la finance pour le compte du FMI et autres coopérants qui nous ont sucés le sang. Ce gouvernement doit être jugé sur pièce.
Pour le reste je partage avec vous cet excellent texte de Boubou Diawara qu’un ami a qualifié de « Plein d'entrain et d'optimisme »
LM

Etre mauritanien ?

Cette interrogation s'adresse à tous ceux qui comme notre cher Bayal s'interrogent sur le devenir de notre patrie chérie. Qu'une patrie ne se gère pas en termes comptables. Sa gestion ne doit omettre personne quelque soit sa couleur en termes de droit, tel doit être la revendication légitime d'un patriote.

Tenir des propos contraires dans cette phase historique de notre petite démocratie c'est prendre tous ceux qui ont contribué à la façonner pour des débiles. La Mauritanie est un bien pécieux pour tous les mauritaniens sans distinction, mais pour en bénéficier il faut mener un combat politique perpétuel à travers les formations autorisées.

C'est dire que pour etre mauritanien, il faut le mériter par l'action et par le mérite; non pas par quota etnique. La Mauritanie est un bloc indissociable qui avait en certain moment de son parcours subi les aléas d'une mauvaise gestion ayant entrainé les retombées connues et que nous tentons d'y remédier à travers le processus en cours.

Aujourdhui,la formation des institions du pouvoir s'y prêtent à travers leur composition qui a bien tenu compte du paramètre "équité" que d'autant recusent. Meme si je flirte avec l'extreme pour donner des explications d'égalité, je dois rappeller à mon Bayal que les 2 chambres constuantes qui dans les prochaines années vont légiferer les textes législatifs permettant de canaliser l'action gouvernementale, ainsi que le poste clé de l'interieur sont attribués à ceux (je n'utilise pas les memes termes marginaux ) que tu prétends etre bannis de la nation mauritanienne.
Trois postes qui viennent après celui du premier ministre en termes d'importance pour reformer en profondeur le pays.

C'est dire que tous les paramètres ont été tenus en compte pour n'offenser personne mais notre exigence aujourdhui doit etre le dogme de résultat et surtout que les promesses des elections soient exécutées.

Pour finir, le mot d'ordre actuel de tout mauritanien patriote soucieux de batir une nation forte est bien de soutenir le nouveau gouvernement dans son effort de rassembler l'ensemble des fils du pays en prenant en charge les tares de la société qui ont failli à notre unité nationale.

Diawara Boubou.M via cridem

vendredi 27 avril 2007

Peuple, voici comment on t’a volé

Le rapport général de la cour des comptes pour l’année 2005 malgré ses handicaps et ses insuffisances confirme la vision d’un budget à l’image d’un régime qui a détourné les deniers publics au profit d’une minorité et qui a laissé un peuple dans la misère. Un budget confectionné pour mieux détourner les ressources d’un peuple volé.

La manipulation des lois de finances et de leur cadre comptable : le budget dans le budget

La manipulation de la loi des finances et de son cadre comptable le budget a permis de mettre en place les techniques de détournement « légal » des fonds publics. Ces techniques apparaissent notamment dans

Les comptes spéciaux du Trésor : l’hémorragie financière

Ces comptes spéciaux du trésor qui en principe sont destinés à la réalisation de dépenses spécifiques et confiées à un ordonnateur principal, le chef d’un département ministériel ont constitué en Mauritanie le lieux le plus apparent de ce qui a été le drame principal et l’hémorragie financière de l’Etat. Ils ont été utilisés pour le détournement systématique des deniers publics.

Ces comptes représentent une exception au principe de non-affectation des recettes, dès lors qu’ils permettent d’affecter à une activité particulière une recette en liaison directe avec cette activité. ces comptes qui doivent fonctionner comme les autres lignes de dépenses budgétaires sont simplement assimilés en Mauritanie à de véritables fonds extrabudgétaires.

Entre 2002 et 2003, le montant de la dotation des comptes spéciaux du trésor a été augmenté de 763% Les taux d’exécution, pour l’ensemble des comptes mouvementés au cours de l’exercice, sont très élevés. D’où la multitude des dépassements de crédit qui mine le budget général

Cette augmentation a particulièrement touché le compte d’affectation spéciale intitulé « fonds

National pour l’action humanitaire ». Et aucune justification légale à cela et aucun décret d’affectation ou d’avance n’établit cette augmentation conformément aux dispositions de la loi organique des lois de finances.

Pour 2005 prévisions des comptes spéciaux du Trésor ont été augmentées par des lois de finances rectificatives de 34,39%

Les dépenses du budget d’investissement ont connu une augmentation de plus de 137 millions d’UM, sans qu’aucun texte (décret d’affectation ou d’avance ou loi rectificative) de modification du montant de ce budget n’ait été pris ou porté à la connaissance de la Cour des comptes.

La dissimulation légalisée et institutionnalisée: le compte « LF et LFM »

En 2005 apparait un compte spécial du trésor appelé curieusement LM et LFM ayant un montant très élevé (1 426 100 000 UM) et dont l’objet est indéterminé.

Ainsi, on crée un compte spécial du trésor qui porte une appellation en initiales et dont l’objet est obscure et qui a une dotation d’un milliard et demi ! Et qui échappe à tout contrôle. Même la Cour des compte n’a pu obtenir le texte portant création de ce compte !

C’est l’expression de la volonté délibérée d’utiliser les deniers publics à des fins inavouées.

En 2005, La loi de finances rectificative a augmenté les crédits ouverts dans ces comptes par la loi de finances initiale de 50% !

Les crédits globaux : un budget de diversion.

Les crédits globaux sont « destinés à faire face aux dépenses d’urgence, imprévues, omises ou à répartir ».

Une boite à pandore qui a servi à toutes sortes de dépenses à la discrétion de l’administration financière qui à travers le jeu des « sous-dotation » réalise un financement occulte sous forme de subventions et autres transferts incontrôlés.

La Cour des Comptes a constaté aussi bien pour l’ensemble des ministères que pour les exercices examinés (2003,2004 et 2005), que les rubriques intitulés « dépenses diverses » et « services divers» sont celles qui comportent les dotations budgétaires les plus importantes. Toutes les rubriques intitulées « Divers » sont, non seulement, les plus nanties en matière de dotations, mais aussi celles qui connaissent des taux d’exécution les plus élevés, voire des dépassements (« Services Divers » « frais de transport missions ») Un budget de… diversion.

En 2005, les « services divers » et « dépenses diverses » ont continué à enregistrer les dotations les plus importantes. Ils comprennent une rubrique appelée « créances diverses de l’Etat » d’un montant de 10 360 750 000 UM dont l’objet reste inconnu de la Cour des Comptes.

Une curiosité en passant : une dotation de 20 millions pour les « frais d’hôtel d’anciens chefs d’État », est prévue dans le budget. Cette dotation qui n’avait connu aucun ordonnancement aux cours des exercices antérieurs, a enregistré en 2005 des dépenses à hauteur de 99% ! Quel ancien chef d’Etat mauritanien est resté à l’hôtel si longtemps…Dévinez.

Un exemple frappant : La gestion 2005 ou l’accélération de la recette et de la dépense ou l’art de se remplir les poches avant de quitter.. .

Suite au changement intervenu le 3 Août 2005, une ordonnance portant loi de finances rectificative a été adoptée en vue de permettre la régularisation des dépenses exécutées hors loi de finances initiale au titre de 2005 et la prise en compte du décret d’avance n°2005-074 en date du 2 Août 2005 ouvrant des crédits au profit des forces armées nationales d’une part et le règlement des engagements de l’État d’autre part. Il en est résulté paradoxalement une hausse des dotations des comptes spéciaux du Trésor et des augmentations, qui sont allées « essentiellement bénéficié au Ministère de la Défense Nationale– et ce en application de la loi de finances rectificative - pour un montant de 3 375 000 000 UM et les dépenses communes pour un montant total de 31 160 750 000 UM . »

L’exécution du budget général de l’État, au titre de l’exercice 2005, a été marquée par une croissance de l’ordre de 65% par rapport aux prévisions de 2004.

De même des hausses à concurrence de 20% et 73%, par rapport à l’exercice antérieur, ont été enregistrées respectivement tant dans les réalisations des recettes que dans celles des dépenses.

Pour la même année et relativement aux acquisitions de biens et services il a été relevé, contrairement à 2003 et 2004, que la rubrique « entretien, maintenance et réparation » a bénéficié d’une dotation supérieure à celle des exercices précédents, soit une augmentation de plus de 163% !


On ordonnance 170 084 fois la même dotation !


La pratique des dépassements…on ordonnance une dotation plus de 100 000 fois !

Ainsi les comptes spéciaux du trésor font figurer un montant dit dotation et l’ordonnateur chargé d’ordonnancer la dépense dépasse ce montant de façon extraordinaire.

Jugez-en plutôt pour l’année 2005 !

Les ordonnancements du fonds spécial du Trésor (fonds promotion secteur Maritime) ont été supérieurs de 170 084 % ! (oui vous avez bien lu : cent soixante dix mille quatre vingt quatre pour cent !) celui de la maintenance des systèmes informatiques de 87 423 % ! Celui de la subvention à l’ajustement 26 466% ! Celui de la profession maritime de 1559 % ! etc..

Des dépassements que rien ne justifie sinon le mépris dans lequel les ordonnateurs publics (ministres notamment) tiennent les deniers publics en faisant fi des règles de gestion.

L’année 2006 est alors l’année des régularisations et n’est pas mieux lotie que celle qui la suit.

Une pratique généralisée de gabegie et de connivences qui ont dilapidé les ressources publiques.


La vente de capital fixe : on brade le territoire pour renflouer les caisses des détournements.

Ainsi pour 2005, la vente de Vente de Capital fixe (entendez principalement les terrains du domaine public) s’est élevée à 1, 040 milliard ! Les récents déboires des terrains vendus à Nouakchott n’en sont que la proche continuité. Mais ce n’est là que la continuité d’une pratique inaugurée depuis longtemps puisque en 2004, il s’en est vendu pour 840 millions de terrains et en 2003 pour 820 millions !

Toujours pour la même année d’importants dépassements des dotations au niveau des traitements, salaires et accessoires (2 903 341 713 UM) n’ont jamais été justifiés par un acte de caractère législatif ou réglementaire de quelque nature que ce soit. De même pour les comptes d’affectation spéciale enregistrant des dépassements importants (326 764 079 UM)



L’inexpliqué et les erreurs impardonnables :

Dans cette mélasse budgétaire ou des mains sales malaxent les deniers publics et les donnent en pâture aux malfrats, le ridicule ne semble épargner ceux qui ont reçu en dépôt la charge de gérer les biens de la collectivité.



L’erreur de saisie, l’absence de conformité et… l’inexpliqué !

Le déficit des recettes par rapport aux dépenses du budget général de l’Etat pour l’année 2006 est transféré au crédit du compte des résultats ! Une erreur de saisie en débit de 28 066 683 239 UM. « Cette inscription, mentionne la Cour, relève probablement d’une simple erreur de saisie. » Oui, mais quelle erreur et sur quel montant : plus de 28 milliards ! Heureusement que c’est une inscription comptable de règlement d’un budget et non de paiement d’une dépense.

L’absence de conformité entre les documents annexés au compte de gestion (retraçant l’exécution du budget en recettes et en dépenses) et les prévisions des lois de finances (initiales et modificatives) est une constante empêchant tout contrôle effectif de fiances publiques. Les écarts sont mêmes qualifiés « d’inexpliqués » par l’organe juridictionnel de contrôle ! C’est autant dire que l’exécution du budget de l’Etat est une nébuleuse sciemment entretenue pour empêcher tout contrôle.

L’absence de conformité des lois de finances au compte de gestion (côté comptabilité deniers) et au compte général de l’administration des finances (côté comptabilité administrative) est un handicap au contrôle. Sans conformité pas de réalité de ce contrôle.

A cette absence de conformité s’ajoute l’impossibilité de contrôle du fait même de l’absence de volonté des comptables du Trésor, du Trésorier général lui-même et du ministre des finances à l’instar des autres ministres, de transmettre à la cour des comptes les pièces justificatives et autres textes juridiques permettant le contrôle.

C’est dans ce climat institutionnel que la Cour des Comptes a confectionné son rapport 2005.En voici les limites structurelles.

Le contexte du rapport de la Cour des comptes : le mépris doublé de l’irresponsabilité

le budget de financement extérieur de l’Etat échappe au contrôle de la cour des comptes, les excédents du budget général sont fictifs et le Trésor refusent de justifier ses opérations auprès de la Cour et présente un solde déficitaire inquiétant , les comptes des comptables publics n’ont jamais été jugés faute de transmission de comptes de gestion et de pièces justificatives légales et le ministère des finances , ainsi que les autres ministères font pour la plupart la « sourde oreille » aux injonctions de la Cour.


Une cour des comptes sans contrôle juridictionnel : une institution de conformité

Sur le plan du contrôle des finances publiques (mise en débet, en avance ou en quitus des comptables publics et sanction pour faute de gestion des ordonnateurs publics) , la cour des comptes n’a pu remplir sa fonction juridictionnelle depuis sa création. Ainsi elle n’a nullement participé à sanctionner à redresser ou à moraliser la gestion administrative e comptable publique.

Son contrôle a postériori étant donc inexistant on comprend donc que les ordonnateurs publics et les comptables publics se soient livrés en toute impunité à ce qui n’apparait que partiellement mais avec une gravité insoupçonnable dans la gestion publique : la dilapidation et le détournement caractérisé des deniers publics


Les limites règlement du budget : La partie apparente d’un iceberg


Le règlement des budgets des années ( 2003,2004,2005) sur lequel a porté le rapport 2005 de la cour des comptes est basé sur l’examen des lois des finances initiales (celles votées au 31 décembre de chaque année pour la gestion de l’année suivante) et les lois de finances rectificatives ou complémentaires (celles qui viennent en cours d’année modifier la loi de finance initiale).

Et tout le contrôle de la cour des comptes se trouve handicapé sinon réduit à sa plus simple expression pour deux raisons essentielles :

* D’abord contrairement à la plupart des pays la loi de finance mauritanienne ne rapporte pas tout le budget général de l’Etat. Elle ne donne que les dépenses ordinaires et en capital effectuées sur des recettes propres de l’Etat (ordinaires et en capital) provenant de la vente d’actifs publics ou de l’allégement de la dette. Le budget de financement dont les ressources proviennent de l’extérieur n’est pas rapporté par les lois de finances (il apparait dans un budget consolidé d’investissement qui échappe au règlement du budget général)
*
* Ensuite le budget général de l’Etat fait apparaître des soldes fictifs du fait de l’exclusion dans le décompte de ce solde des opérations de trésorerie (déficit du Trésor) et les opérations à caractère provisoire (gouffre financier)




Le domaine du contrôle de la cour des comptes se réduit alors comme une peau de chagrin à ce qui reste : à savoir le Budget Général de l’État dans lequel on ne retrouve que les opérations sur financement propre de l’État ( recettes courantes et recettes en capital) qui provienne des ventes d’actifs (vente de terrains du domaine public essentiellement) et de l’allégement de la dette.

Et même là encore la cour des comptes est dépassée par la dimension des dégâts


Le budget faisant l’objet du règlement par la cour des comptes : un contrôle dénaturé

La Cour des comptes ne peut évaluer que les dépenses de l’état du budget général réalisées sur ses recettes propres (recettes fiscales et non fiscales) soit une infime partie de ce qui constitue l’exécution du budget. C’est-à-dire l’exécution du Budget de l’État financé par des recettes courantes et donc, non compris les réalisations sur financements extérieurs. C’est ce que la cour appelle « les opérations budgétaires « stricto sensu ».

Ce qui signifie que le règlement du budget est loin d’être fait .

Les réalisations sur financement extérieurs qui échappent à la Cour des comptes et qui constituent la part caché de l’iceberg sont le lieu privilégié de la mauvaise gestion et des détournements.

Outre les opérations de trésorerie sans la connaissance desquels tout règlement du budget reste inefficace, une catégorie dite d’opérations à caractère provisoire échappe complètement à l’appréciation de la cour des comptes. Un simple ordre de grandeur : ces opérations à caractère provisoire ont atteint 56% du budget de l’Etat !

Et c’est là ou le bât blesse car sans une évaluation des pertes de trésorerie tous ces excédents sont faux ! Et ne peuvent refléter la réalité du budget. Ils sont fictifs !

Des budgets faussement excédentaires. Pour les trois années 2003, 2004, 2005 tous les excédents annoncées pour le budget général sont faux. Tous ces budgets sont déficitaires car ils laissent de côté les montants des pertes du Trésor. Montants qu’ils n’arrivent même pas à couvrir laissant de lourdes charges savamment dissimulées.



C’est comme si le budget de l’Etat était devenu une énorme rente à vie , une chasse-gardée, un territoire de l’opulence pour un petit nombre au détriment du plus grand. L’illustration la plus dramatique du dépouillement concerté de toute une nation : le budget d’un peuple volé.



Pr ELY Mustapha

mercredi 25 avril 2007

Un drame faustien au palais ocre Il faut sauver la République.

Si les longues tractations actuelles signifient quelque chose c’est que le Président est pris en otage. L’avenir de la République est en négociation et Sidi est au milieu de ce marchandage qui ressemble davantage à du « donnant-donnant » qu’à l’avènement d’un pouvoir politique fort et décidé à sortir ce pays des difficultés où il se trouve.

Si tant de tergiversations pour la nomination d’un gouvernement persistent encore quasiment une semaine depuis l’investiture du Président, c’est il faut l’avouer qu’il y a péril en la demeure. Non pas que le pessimiste nous emporte mais que si tant de tractations ont été nécessaires pour constituer un gouvernement cela présage de sa fragilité assise sur une conciliation d’intérêts qui pourrait le faire voler en éclat dès la première difficulté.

Le Président a besoin d’un gouvernement homogène acquis à sa cause et qu’il aura nommé d’autorité dans le cercle de ceux qui partagent ses engagements politiques pas dans celui qui ne partagent avec lui que des promesses pré-électorales.

Sans un gouvernement homogène solidaire et agissant de concert pour réaliser une politique concertée mais rigoureuse dont à besoin le pays en ces moments difficiles, il est fort à craindre que le changement s’inscrive dans la continuité. Une continuité, entrecoupée d’une relative transition, qui ferait retomber le pays dans les travers qui l’ont mis à genou.

Nous avons besoin de Démocratie mais nous n’avons pas besoin d’instabilité démocratique.

Cette instabilité qui fait éclater les gouvernements et les assemblées « à l’italienne ». Où des coalitions, des individus satellites pour un « oui » ou pour un « non » mettent à bas des parlements entiers ; qui font et défont les gouvernements en manque de majorité. Luxe que ne peuvent se payer (et malgré eux) que les pays à économie développée et à tradition administrative bien ancrée assurant une continuité malgré les crises politiques.

En Mauritanie, une telle démocratie à fragmentation est une bombe à retardement politique qui ne permet pas la continuité politico-administrative dont à besoin un pays en développement.

Lorsque les institutions sont paralysées par des tractations politiques infinies ou sporadiques remettant en cause cette continuité ou que les organes vitaux de l’Etat (exécutif et législatif) sont en restructuration permanente (censure du gouvernement, dissolution du parlement…), il n ya point de salut pour le pays.

Il est à souhaiter que les tractations actuelles ne soient pas une primeur de ce que nous aurons à voir dans les mois ou les années à venir avec ce que cela peut avoir comme conséquences sur la continuité des politiques mises en œuvre par les gouvernements successifs. Car la Mauritanie a besoin d’un gouvernement de hauts commis stable qui met en œuvre une stratégie de développement continu et non pas un gouvernement personnifié instable et lié à des engagements préélectoraux dont la stratégie est de persister dans ses acquis d’avant-transition.

Si le Président est pris en otage et à travers lui la République, c’est au-delà du politique, la conscience d’un indépendant qui se bat pour ne pas vendre son âme malgré les engagements qu’il a tenu.

Et il n’est pire pour un homme libre que la mise aux fers de sa conscience. Un drame faustien au palais ocre.

Pr. ELY Mustapha

lundi 23 avril 2007

dilemme à la présidence

Le vendredi à l'annonce de la nomination du PM, le gouvernement était prévu pour Lundi,aujourd'hui on nous dit que c'est légèrement retardé. Y aurait-il de l'eau dans le gaz chez la majorité présidentielle ?

puis surtout quelle est elle cette majorité là?
A première vue on dira El mithaq,APP et le groupe de Zein, il semblerait que chaque groupe ait droit à un nombre de portefeuilles ministériels, le tout étant de s'organiser pour que les "ministrables" correspondent aux critères définis par Mr le président sans oublier que Mr le président a besoin de cette majorité pour gouverner.

D'aucuns me diraient que les parlementaires mauritaniens votent toujours tout ce qui est proposé par le gouvernement. pas si sûr, car il faudra une contrepartie, un retour d'ascenseur ou peu importe le nom qu'on lui donne.
Une idée pourrait être de dissoudre ce parlement dans six mois ou un an s'il s'avère impossible à gérer mais quelles garanties a Mr le président que le prochain parlement élu lui serait plus acquis?

Revoyons un peu plus en détail ce fameux parlement, tout d'abord la coalition d'El Mithaq ,qu'ont-ils donc en commun ?
Des indépendants pratiquement tous issus de l'ex-PRDS ce qui d'ailleurs est le cas aussi de certains parlementaires RFD et UFP.

Nous avons donc, nous mauritaniens, voté pour un parlement majoritairement issu du PRDS donc habitué aux malversations et autres trafics d'influence et c'est ce parlement-là qui légiférera pour nous.

Quel pourrait donc bien être le moyen de pression qu'aurait le président pour pousser les députés à élire Mr Messoud comme président du parlement et les faire accepter de ne pas participer au gouvernement?

les alliances avec le diable ont toujours un goût amer quand on en vient à payer le prix.
LM

vendredi 20 avril 2007

un espoir fou

Ils sont enfin partis, en emmenant le fric avec eux comme dirait Bou6mag3our mais l’essentiel étant ils sont partis.

On s’est toujours dit qu’on payerait cher pour être débarrassés de tout ce petit monde, ils nous ont juste pris au mot !

Deux ans que le pays est en attente, deux années perdues à se demander si le CMJD va tenir ses promesses ou pas ? deux que l’économie ne va plus et que les investisseurs nationaux gardent leurs sous bien planqués, deux ans que les investisseurs étrangers attendent de savoir comment les choses vont évoluer et deux que les citoyens crèvent de faim dans une crise dont on attend le bout en vain.
Enfin nous voyons la lumière au bout du tunnel et ne restent plus que quelques heures d’un espoir incommensurable, tout ce qu’on a jamais osé espéré depuis toujours, le changement enfin.

Je me surprends à imaginer un gouvernement de personnes intègres et compétentes
Soyons fou, j’ose même espérer la fin de la période des trafics d’influence
Peut être même que ce gouvernement s’attaquera aux problèmes réels des mauritaniens.
Je ne rentre pas dans les détails, je ne veux pas gâcher ces instants de joie pure, en me rappelant à quel point notre pays est loin d’être parfait, et à quel point l’état n’offre pas le service minimum à tous les citoyens en terme de justice, de santé et d’éducation.

On y repensant pas étonnant qu’il ait eu le trac notre président lors de son investiture, imaginez-vous tenir entre ses mains non seulement l’avenir d’un pays mais surtout les espoirs de tout un peuple, à sa place j’aurais changé d’avis.
Alors bon courage à cette bande de fous qui prendront en main la destinée de la Mauritanie !
Puisses Dieu vous aider dans votre lourde tâche ; et n’oubliez pas que les espoirs déçus ne pardonnent pas !

RIM

jeudi 19 avril 2007

Lettre au « frère » d’ELY

Seconde lettre, second mouvement en la mineur. Une lettre à ELY. Une partition écrite pour une symphonie qui se joua en solo. Maestro resté aux portes du théâtre. Scène fermée par des « souffleurs » qui soufflèrent tant que la « lettre à ELY » devint une partition aux soupirs. Et quand le ténor étoilé se fît baryton et que l’on put entendre les hauts-bois, l’artiste proscrit ne l’était plus.

Depuis le temps qu’il écrivait en solo, il avait compris que même les grandes symphonies avaient leur chute.

« Bienvenue à la maison, mon frère », lui dit-il à la sortie des loges. A cet orchestrateur qui avait tout orchestré mais qui ne put savoir que même les notes les plus élevées n’étaient pas toujours aux instruments les mieux accordés.

Une lettre écrite à la lampe-tempête et lue aux luminaires des palais. Une lettre qui à défaut d’être lue à son pied, monta à la tête. Et point n’en redescendit. Ecrite pour le cœur, elle tomba dans la raison… d’Etat. Le cœur du « frère » était en transition.

Transition qui n’écoutait qu’un seul air. Pas une mélodie, pas une harmonie. Un solfège de doléances dans lequel « la lettre à ELY » fut rangée au rayon des litanies. Pourtant elle fut écrite au rythme des quatre vents de l’exil et équilibrée au diapason de l’amitié. Même les grands alizées se souviennent de ce voyageur cherchant sur le méridien espérance son frère et qui n’en revînt pas. Le contrechant des sirènes accompagnait ces coquillages qui, sur chaque plage, il retournait en quête des pas de son frère. Mais les vagues courtisanes successives sur la plage du pouvoir avaient depuis longtemps effacés ses pas.

« Bienvenue à la maison, mon frère ». Presque un alexandrin qui s’échoua au registre des amitiés dans une gamme chromatique où dix-neuf mois durant l’on s’évita le bémol sans échapper à la syncope. Au piano, presto de la première « lettre à Ely »succéda l’agitato de la seconde qui la rangea dans l’hymne aux adieux.

Qu’as-tu enduré capitaine des mers jeté aux récifs de l’indifférence, maestro qui a défaut d’entendre son frère finit par écouter le chant des sirènes. Et qui ne put par fidélité jouer une partition que déjà son frère mettait au requiem.

Diop Moustapha, « frère » d’ELY, tu resteras le sien. Et à la tombée des rideaux tu retrouveras ce soliste qui, de ton amitié, ne sût jouer que ce qui fut à sa portée. Une tragédie lyrique là où tu voulais une pastorale héroïque.

Pr ELY Mustapha

dimanche 15 avril 2007

Silence ! On mendie.

Un bilan mauritanien de lutte contre la pauvreté très positif, jugez-en plutôt :

« L’évaluation de quatre années (2001-2005) de mise en œuvre du CSLP (cadre stratégique de lutte contre la pauvreté mauritanien) a permis de constater que des avancées ont été accomplies en matière de réduction de la pauvreté et d’amélioration des conditions de vie des populations et qui permettent de penser que le pays est en bonne voie pour l’atteinte de la plupart des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement) . Ainsi, l’incidence de la pauvreté monétaire a diminué, passant de 51% en 2000 à 46,7% en 2004, soit un rythme annuel moyen de diminution (1 point environ) correspondant au double de celui que le pays a connu durant la décennie 1990-2000 (près de 0,5 point). »

Ne souriez pas, la pauvreté a diminué en Mauritanie ! C’est le Fond monétaire International qui le dit. De 1 point !

Les haillons de nos mendiants sont moins perceptibles …sous leurs oripeaux !

Et le lecteur est prié de ne pas sombrer dans le fou rire en lisant dans le texte précédant : « des avancées ont été accomplies en matière de réduction de la pauvreté et d’amélioration des conditions de vie des populations et qui permettent de penser que le pays est en bonne voie » !

Comme quoi le Fonds Monétaire gère bien son image lui qui, en 2006, dénonçait tous les chiffres qui lui étaient fournis les années précédentes par les autorités mauritaniennes.

Mais, la pauvreté du passé est toujours celle d’aujourd’hui et il convient de surveiller la seconde tranche quinquennale de ce fameux plan.

En effet, suivant le plan stratégique de lutte contre la pauvreté, une seconde phase a démarré et s’étend de 2006 à 2010 .Elle est accompagnée par un cadre de dépenses à moyen terme qui détermine le coût global du plan d’action (en fonctionnement et en investissement) et identifie les sources de financements pour son exécution. L’Etat mauritanien y contribue pour 92 % du coût global soit 1,167 milliards UM, le reste est financé par le recours à des ressources extérieures.

Cela signifie que l’Etat Mauritanien dépensera en fonds propres pour lutter contre la pauvreté chaque année 233,4 millions d’UM. Et ce jusqu’en 2010 !

Il convient d’espérer qu’à la fin de cette période le constat ne sera pas aussi alarmant que pour la période 2001-2004 où la pauvreté a reculé d’un point !

Performance « formidable » puisque tous les milliards qui ont été investis en 1990-2000 (toute une décennie !) ont permis d’aboutir à une diminution de la pauvreté monétaire de à 0,5 point !

En somme, celui qui quémandait plus quémande moins. Mais quémande toujours.

Un mendiant qui a bénéficié de tant de milliards et qui est resté mendigot. Le ridicule ne tue plus.

En fait les points attendus ont été absorbés par tous ces milliards qui ont été détournés par les fameux commissaires du « Commissariat aux Droits de l’Homme à la Lutte contre la Pauvreté et à l’Insertion » et du « Commissariat à la sécurité alimentaire » en connivence avec leurs satellites concussionnaires au sein de l’Etat.

N’en déplaise au Fond monétaire international avec ses « vraies-fausses » statistiques, que l’Etat mauritanien lui fournit, sans qu’il puisse les vérifier (interdiction de sourire), en Mauritanie avec nos classes de décideurs rompus à l’accaparation du bien public, on ne lutte plus contre la pauvreté. On lutte pour la pauvreté.

Mais dans tout cela qui est le vrai mendiant ? Le miséreux qui tend la main au coin d’une rue ou l’Etat qui tend la main au coin d’une conférence internationale ? Un état de mendicité, une mendicité d’Etat.

Hélas ! Une mendicité qui n’a pas même pas le mérite de supprimer la mendicité.

Pr ELY Mustapha

lundi 9 avril 2007

Y-a-t-il encore en Mauritanie de hauts fonctionnaires « honnêtes » ?

A la veille de la passation de pouvoir entre le régime d’exception de la transition et le Président élu, la question des personnes qui seront appelés aux commandes va se poser avec acuité si on veut vraiment être rassuré...

En effet, l’espoir est permis si les futures responsables sont à la dimension des défis qui les attendent : tirer l’économie vers le haut, instaurer la justice, offrir des structures de santé adéquates à tous etc.

L’homme ou la femme qu’il faut à la place qu’il faut semble être la devise acceptée par tous mais est-ce qu’on peut se permettre de tirer un trait sur la mémoire de la gestion des biens publics jusqu’ici ?

La grande mascarade de la gabegie et des détournements directs ou indirects des deniers publics qui perdure depuis environ 3 décennies ne peut que nous inciter à la méfiance et à regarder les parcours de ces futures responsables pendant toutes ces années.

Essayons pour mieux comprendre d’aller au fond du problème.

Je vous donne un exemple : un cadre chef de service ou directeur dans un ministère percevait jusqu’à tout récemment comme salaire 20 à 30 000 UM (60 à 90 euros) par mois, avec une indemnité de 6 ou 9 000 UM pour la fonction (20 ou 30 euros.)

Je connais certaines de ces personnes qui ne vivent pas pourtant dans la misère apparemment (maison bien meublée, voitures, employés de maison, voyages parfois à l’étranger en dehors du travail), qui se lamentaient sur leur sort et surtout étaient très critiques et à juste titre sur la mafia qui « broutait » au vu et au su de tous.

Je leur ai posé la question (car je n’en fais pas partie, vous l’avez bien deviné) : vous faîtes comment pour vous en sortir (et si bien, c’est sous-entendu) avec des salaires de fonctionnaires de misère ?

Ils m’avaient tous répondu qu’ils s’en sortaient de plusieurs manières :

* Les frais de missions (per diem, il y a même un ministre actuellement de la transition qui porte ce surnom.)
* « Les consultations » (non médicales, rassurez-vous !) ou études commandées en privé par des organismes internationaux, les représentations diplomatiques en Mauritanie ou parfois l’Etat.
* 2 « terrains » ou plus qu’ils arrivent à obtenir (parfois sur plusieurs années) mais qui se vendent assez bien et assez chers.
* Et enfin les petits avantages du poste de responsabilité: les bons d’essence qu’ont peut vendre par paquet, les facilités administratives etc.

Il s’agit là de la grande majorité des hauts cadres du pays dits « honnêtes », c’est-à-dire non impliqués de façon active dans la déliquescence de l’Etat et la gabegie.

Alors voyons voir de plus prêt ces revenus collatéraux ?

Les frais de mission semblent les plus soft mais restent des frais qui sont liés à la mission du fonctionnaire et l’économie faite doit être restituée à l’Etat ou l’institution.

Les « consultations », voilà un mot magique qui a fait son entrée dans les années 90 (avec les institutions monétaires internationales et ce qu’on appelle les « projets », une autre institution…) et qui permet à beaucoup de cadres depuis plusieurs années, ayant des amis « bien placés », pour une petite étude souvent sans importance, d’être payés 300 à 400 000 UM (soit 10 fois le salaire mensuel) non déclarés bien sûr au fisc. Ce sont là des milliers d’exemples de l’étude de Madame Tibéri qui a fait scandale en France, un bon sujet pour des milliers de petites affaires de justice, si ce n’était la Mauritanie de Taya… D’ailleurs les bureaux d’études ( sur papier) ont foisonnés dans le même temps, comme par hasard. Je signale tout de même qu’il y a de vrais bureaux d’études mais ils sont encore rares et supporte la concurrence déloyale.

Les attributions illégales de « terrains » sont le summum de ces affaires de vol et de malversation à grande échelle dans le pays. J’ai abordé cette question plusieurs fois sur nos blogs mais personne n’avait fait de commentaire. C’est vrai que c’est gênant pour beaucoup de personnes, c’est ainsi qu’on se retrouve détenteur sans aucune explication, mérite ou droit, d’un bien d’une valeur de plusieurs millions d’UM, il y a bien des raisons de ne pas parler de ce sujet tabou quand on a été un bénéficiaire alors que d’autres personnes attendent depuis des décennies...

Enfin, les petits avantages sont insignifiants par rapport à la catégorie précédente mais par les « périodes de soudure », si on peut parler ainsi, quelques paquets de bons d’essence, vendus illégalement aux stations ou donnés pour obtenir un échange d’avantage, sont parfois les bienvenus…

Alors existe-t-il notre haut fonctionnaire « honnête » ?

Ou alors se sert-il tout juste pour vivre dignement en constituant tout seul son « vrai salaire » et pas plus ?

Les dernières augmentations de salaires sont insignifiantes pour éradiquer ce phénomène. En effet, aucune concertation avec les travailleurs n’a été à l’origine de ces décisions prises, comme beaucoup de décisions d’ailleurs, ni aucune étude sur le pouvoir d’achat d’où l’inefficacité de ces mesures.

C’est une grande question qui mérite une concertation générale avec tous les acteurs de la société civile en sachant que c’est la croissance économique et la bonne gestion qui permettent le meilleur partage des ressources.

La mafia des fonctionnaires, celle des gros poissons, c’est une autre dimension par rapport à la grande masse des petits pigeons « picoreurs » de miettes.

Alors devons nous avoir la même attitude pour les 2 groupes? Non.

Si les premiers doivent pour changer leurs manières et devenir de vrais commis de l’Etat obtenir le minimum vital et le salaire juste (c’est l’affaire de l’Etat et du Président élu), les derniers ne doivent pas être renouveler dans leurs fonctions, c’est le minimum, et doivent restituer « les gros lots » qu’ils n’ont pu enfouir car étant en hauteur, sur terre et en béton dur, je parle de leurs châteaux entre autres…

Qu’il est loin le temps (jusqu’au milieu des années 70) où un simple fonctionnaire de l’Etat pouvait s’acheter une voiture neuve (pas un « arrivage », lol) sur crédit sur salaire ! Une dizaine d’années après, c’était devenu inimaginable. C’est là que tout a disjoncté et il nous faut revenir des années en arrière pour rétablir la justice du travail bien récompensé et rejeter ces nouvelles valeurs de la débrouille et de la malhonnêteté qui font loi depuis plus de 20 ans.

Je n’ai pas oublié les hommes d’affaires (car c’est bien d’affaires qu’il s’agit) et les commerçants qui sont dans tout ça les receleurs (avertis, donc ne pouvant bénéficier de circonstances atténuantes) et les corrupteurs.

Alors notre haut fonctionnaire « honnête », notre Job, vous pouvez toujours le chercher et si jamais vous le trouvez ne vous mettez pas au travers de son soleil car c’est tout ce qu’il possède…

Mais, heureusement, notre pays recèle de nombre d’universitaires, de fonctionnaires internationaux (Sidioca en faisait partie), de fonctionnaires tout court relégués au bas de la hiérarchie administrative car « peu sûrs » pour la mafia. Ce sont ceux-là, plus que tous, qui peuvent nous rassurer sur notre avenir et sur la Mauritanie de demain…


Yan

dimanche 8 avril 2007

Les enfants de Bayla : A quoi rêvent nos enfants ?

Ma dernière visite à Nouakchott fut en prison. J'ai visitée la prison d'enfants de Bayla. Et j'ai vu qu'elle n'était que l'antichambre de celle des grands fauteurs; de ceux que l'on isole pour non seulement les punir mais aussi les mettre à l'abri des regards. Ils représentent ce que notre société ne peut supporter de voir: ses déviances qu'elle n'arrive pas assumer.

Déviances qu'elle cache dans des replis nauséabonds de béton armé jusqu'aux dents par acquis de mauvaise conscience. Mais les vrais criminels sont-ils entre ces murs?

Ces enfants là, je leur ai parlé et j'ai vu dans leurs yeux tout le désespoir du monde. A Bayla, dormant à même le sol parfois les pieds enchaînés, pour on ne sait quel motif dont il faut chercher les raisons dans les sautes d'humeurs d'un gardien au balbutiement d'une inintelligibilité carcérale, les enfants ne parlent que des sévices qu'ils subissent et leurs rêves se sont depuis longtemps évanouis dans la grisaille des murs.

A chacun son histoire à chacun ses errements dans une société qui les condamne sans les comprendre. D’où viennent-ils, ces "criminels" en culottes courtes? Sans aucun doute de notre société. Une société qui a démissionné vouant le fruit de ses entrailles aux gémonies de la mal–éducation et de la famille éclatée. L'enfance sacrifiée n'est pas seulement entre ces murs, elle est dans la rue.

A quoi rêvent nos enfants ? A ce que ces gouvernements successifs de la désolation et de la corruption n’ont pu leur donner :

* Un état de paix
* Une société sans ségrégation
* une éducation à la mesure de leur ambition
* une famille heureuse et unie
* un environnement propice pour leurs jeux et leurs rêves



Combien de ces enfants quittent-ils la vie carcérale pour une vie civile normale et respectable ? Très peu en corps et jamais en esprit. Le nombre est d’ailleurs moins important que les séquelles que ces enfants ont gardées de leurs pénibles et frustrants séjours dans cette prison pour enfants. Enfants qui, depuis longtemps, ne le sont plus et prennent le chemin d’une autre prison.

Car j’ai aussi visité la prison centrale de Nouakchott où j’ai vu des enfants transférés de la prison de Bayla puisque dit-on, ils ont atteint « l’âge de la majorité ».

Je les ai vus ces enfants ayant subi les pires sévices puis ensuite enfermés dans des isoloirs nauséabonds et soumis à des régimes sévères. Ils venaient de quitter une enfance dans les fers et reprennent une adolescence en enfer.

Les prisons ne sont que le reflet des dysfonctionnements d’une société, mais en Mauritanie contrairement aux autres pays l’état des prisons et de leurs occupants n’intéresse personne et surtout pas les gouvernants. C’est un sujet qui ne fait l’objet d’aucun débat public ni de programmes de réhabilitation publiquement concertés. Rien. Le silence. Comme si l’on cherchait à couvrir une tare familiale qui n’est en fait ici qu’une tare de l’Etat issue de ses œuvres politiques.

Les rêves des enfants de Bayla je les ai vus consignées en dessins à la craie sur des murs crasseux, je les ai vus sur des papiers chiffonnés au fond de cellules humides. Des images d’évasion, des dessins d’enfants martyrs qui ne voient plus le monde qu’à travers un filtre de rancune et qui cherchent désespérément à être comme tous les enfants.

En quittant la prison de Bayla, un très jeune et frêle enfant était assis au fond de la cour, je lui demandais :

* Qu’as-tu fait pour être là ?
* Je ne sais pas
* Quel âge as-tu ?
* Je ne sais plus.



Est-ce cela notre société de demain? Une société dont les enfants ont perdu, à cause de la corruption de ses gouvernants, l’injustice de son Etat, et l’indigence des familles, la mémoire ?

J’ai visité ces prisons à petits pas, et moralement, je n’en suis pas ressorti.

Je crois que je suis resté là-bas à côté de ce petit prisonnier qui a perdu la mémoire. Qui ne sait plus. Qui ne sait pas.

Car moi non plus, face à tant de bêtises d’une société et de ses hommes, je ne sais plus. Je ne sais pas.

Pr ELY Mustapha.

La néocolonisation continue sous la forme des accords de cotonou

Une serie de conventions conclues entre les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne (UE) en 1975,1979,1984,et 1989 ,la derniere version ayant donné lieu à une revision en 1995 et à la publication d’un livre vert en 1996.

L’eleboration de ce type de conventions rejoint les objectifs fondateurs de L’UE établis dès le traité de ROME 1957,eux-mêmes repris dans les accords de lomé et finalement dans les accords de cotonou(2000) qui n’est pas à proprement parler un accord mais un protocole d’accord qui fixe simplement les principes des prochaines negociations ACP-UE ,arrête un calendrier et reitere la volonté des participants de parvenir à un accord d’ici décembre 2007 date à laquelle la negociation des Accords de Partenariat Economique (APE) doit s’achever .

ARTICLE 37 (accords de cotonou)

Procédures

1. Des accords de partenariat économique seront négociés au cours de la période préparatoire qui se terminera le 31 décembre 2007 au plus tard. Les négociations formelles des nouveaux accords commerciaux commenceront en septembre 2002 et ces nouveaux accords entreront en vigueur le 1er janvier 2008, à moins que les parties ne conviennent de dates plus rapprochées.


Ce nouveau cadre de coopération commerciale appelé (APE) sera mis en place à travers des accords de libre échange sur une base de réciprocité, entre l’UE et chacune des six configurations régionales que sont : les Caraïbes, le Pacifique, l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO + Mauritanie), l’Afrique Centrale (CEMAC + Sao Tomé et Principe + Congo Démocratique), la COMESA (Marché commun d’Afrique Orientale et Australe) et la SADC (Communauté de Développement de l'Afrique Australe).



Des seize pays de la région Afrique de l’Ouest(AO), seule la Mauritanie n’est pas membre de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Dans le cadre des négociations APE, les Autorités mauritaniennes ont toutefois donné mandat au Secrétariat Exécutif de la CEDEAO pour négocier en ses lieux et place avec l’UE



Cet instrument(APE) se définit comme un accord de libre-échange qui instituera une ouverture réciproque des marchés entre l’UE et les pays ou régions ACP qui seront parties à ces accords ,il favorise les negociations avec la region plutot que le pays , il favorise le secteur privé plutot que le public en mettant le lien entre commerce et développement

Très peu d’études d’impact ont abordé la question de l’impact de l’APE sur les secteurs de production, sur les ménages et sur l’emploi pire encore et tout le monde le sait les risques d’une libéralisation sur les finances publiques, le secteur productif et fragiliser d’avantage les industries naissantes, si un certain nombre de mesures d’ajustement n’étaient pas mis en œuvre de manière appropriée, y compris des réformes fiscales.



Le piege de cet instrument (APE) se trouve dans les normes de travail, on nous dit libre-échange mais avec les normes de travail de L’UE alors je me pose une question quel sont les entreprises de la région qui peuvent exporter avec les normes de L’UE des produits agro-alimentaires sur le marché européen ?

Autre pieges, qui dit liberalisation dit aussi investisseur etrangé par la suite le pouvoir economic se trouve au main des multi national sans oublier que le pouvoir politique lui aussi va se trouver au main de la region alors meme si la mondialisation est bénéfique il ne faut surtout pas oublier que La mondialisation laisse sur le côté, des franges de populations paupérisées dans les pays riches et un bon nombre de pays en développement incapables d’en tirer parti.
ouldmauritanie

samedi 7 avril 2007

L’IGE ou comment régler les comptes sans règlement de comptes

A l’examen de son action et des résultats actuels auxquels elle a abouti a posteriori, on peut dire que l’IGE est certainement née d’un dilemme qui a taraudé ceux qui ont présidé à sa création. Comment créer une structure de contrôle qui pourrait relever les malversations, les détournements de fonds publics et permettre la restitution des biens publics sans verser dans les poursuites inconsidérées des auteurs ni dans les règlements de compte. C’est au sens figuré que le règlement de compte se devait d’être évité. Pour cela on opta d’imposer à l’IGE un adage et une primature.

Qui peut le plus peut le moins…

En effet, politiquement, il fallait que l’IGE serve d’instrument de justification de la bonne volonté des autorités de transition dans la lutte contre la corruption et restaurer donc une certaine morale de l’Etat perdue durant les années précédentes. Mais cela sans aller au-delà de la restitution du bien détourné ou mal acquis. En témoigne l’absence d’une floraison des recours judiciaires à l’encontre des personnes identifiés ce qui normalement aurait du être le cas car le décret 122-2005 créant l’IGE dispose (ARTICLE 11) que les membres de l’IGE « sont habilités à constater les détournements de deniers publics et autres infractions commises au préjudice de l’Etat » conformément aux dispositions de l’article 166 du code pénal et « en cas de malversations graves et manifestes ou de faux en écriture l’équipe de vérification PEUT proposer à l’inspecteur général d’Etat (..) de saisir dans les formes légales, les juridictions aux fins de poursuite et les autorités administratives aux fins de sanctions disciplinaire ». Et l’article 166 du code pénal punit effectivement les auteurs de ces actes puisqu’il se réfère à l’article 164 du même code qui lui-même prévoit une peine « d’emprisonnement de cinq à dix ans; outre, une peine d'amende de 5.000 UM à 1 million UM (qui) sera obligatoirement prononcée. ».

Alors pourquoi l’IGE n’a pas recouru aux juridictions pour sanctionner ceux qui tombent sous le coup du code pénal ?

Pour les raisons politiques précitées mais aussi parce que, à cette fin, l’article 11 précité du décret a introduit un subtil pouvoir discrétionnaire laissé à l’équipe de vérification de l’IGF qui « PEUT » saisir les tribunaux mais n’est donc pas obligée de le faire !

C’est là l’expression juridique d’une volonté politique de ne pas aller au bout des choses et transformer l’IGF en antichambre de la Cour criminelle. Car si ce « peut » était un « doit », c’est-à-dire un impératif et non un indicatif, alors bien des dossiers seraient au pénal.

Il convient de constater que la rédaction d’un tel article est fondamentalement contraire à la légalité des voies et des procédures criminelles. Car l’infraction pénale commises est toujours commises à l’égard de la société et il est doctrinalement et jurisprudentiellement admis que le criminel tient en état tous les autres recours quelle que soit son fondement juridique (civil, commercial, administratif etc) lorsque l’affaire dépend du jugement au criminel. Ainsi tous les juges sont tenus de surseoir à statuer sur une quelconque affaire ou un élément pénal y a été soulevé. Le juge attendra de continuer son jugement que le juge pénal ait rendu sa décision.

La législation comparée montre que dans le cadre des infractions découvertes par les organismes administratifs (Contrôles d’Etat, inspections départementales…) ou juridictionnels de contrôle (Cour ou tribunal des comptes, Cour de discipline financière… ), toute affaire ayant un aspect criminel est automatiquement transférée au ministère public et jugée au pénal. Ces autorités administratives et juridictionnelles n’ont absolument pas de pouvoir discrétionnaire de transférer ou de ne pas transférer l’affaire au juge pénal.

En Mauritanie, cette faculté laissée à l’IGF de saisir ou de ne pas saisir le juge pénal est contraire à la bonne justice et trouve son explication dans le dilemme politique précité. En créant un organisme qui « peut faire plus » mais auquel on donne les moyens juridique de faire moins.



L’IGE, un organe de primature…

Le rattachement au premier ministère la met sous l'influence d'une autorité administrative départementale qui fait simplement de l'IGE un instrument au service d'une structure administrative qui elle-même se doit d'être contrôlée.

Or l'intervention de l'inspecteur général et des inspecteurs adjoints se fait par commission du Premier ministre lui-même. Quels sont les déterminants d'une telle commission?

Le fait d'être juge de l'opportunité de délivrer la commission (car aucun texte n'impose au Premier ministre de la délivrer même sur requête de l'inspecteur général. Cette requête ne lie pas le Premier ministre quant à sa délivrance) et partie (le premier ministère est aussi une administration qui n'est pas moins à l'abri de l'objet de la mission de l’GF) et à laquelle est rattaché l'inspecteur général en tant que chargé de mission, statut qui est incompatible avec sa mission qui ne doit souffrir d'aucun lien d'assujettissement (influence, pressions etc.).

Il serait alors intéressant de modifier le statut de l'IGE pour que cette importante institution soit rattachée directement au chef de l'État, le président de la République. Et cela pour deux raisons:

- la première est de l'ordre de la légitimité. l'IGE serait rattachée à une autorité élue au suffrage universel, capable d'impulser de façon indépendante son travail et de lui donner l'aura nécessaire pour faire accepter et soumettre ses décisions à toutes les administration y compris celle du premier ministère.

- la seconde raison est de faire bénéficier l'IGE d'un niveau plus élevé dans le système des contrôles lui permettant d'échapper au cercle des intimidations et autres actes d'influence provenant d'autres autorités administratives bénéficiant de l'appui ou du soutien du premier Ministre. Le passé récent est riche d'enseignement à ce niveau. Les notions de « préséance » de « sanctions » ne sont que ce que l’administration veuille bien qu’elles deviennent.

Il convient que l'inspecteur général ait rang de ministre à mission spéciale rattaché à la présidence de la République afin d’être « au dessus de la mêlée » et de tirer la légitimité de ses actes de celle du Président de la République. C’est une condition essentielle pour le futur de l’IGE et du devenir de ses missions.

Enfin les précieux rapports de l’IGE ne doivent pas être confinés dans les tiroirs du Président de la République, du Premier Ministre et de l’Inspecteur général mais doivent être publiés et mis à la disposition de tous les acteurs politiques, les organismes d’information et les organes institué et élus.

L’apport de l’IGE, à travers la transparence des finances publiques et la bonne gestion des deniers publics, est d’une importance incontestable à la crédibilité de l’Etat et au renforcement de la Démocratie. Faudrait-il cependant aller au bout de la logique de ce contrôle.

Pr ELY Mustapha

vendredi 6 avril 2007

Pourquoi l’Etat Mauritanien émet-il des bons du Trésor ?

Question qui serait redondante si l’on sait que l’émission des bons du Trésor est l’un des moyens de financement public et un instrument de politique monétaire de l’Etat. Mais cette redondance n’est qu’apparente, puisque sur les espaces de discussion du net , des mauritaniens se sont interrogés sur l’opportunité de l’émission des bons du Trésor en cette période ; notamment à la faveur du communiqué d’adjudication de bons du Trésor pour le 5 avril 2007 d' un montant global compris entre 4 Milliards d'UM et 5 Milliards d' UM.

En fait la question recouvre une série d’interrogations légitimes. Pourquoi un gouvernement démissionnaire et partant procède –t-il avec unetelle célérité à l’émission de bons du Trésor et « double » ainsi un gouvernement attendu dans une quinzaine de jours ? Pourquoi « maintenant et à ce moment précis », l’Etat émet des bons du Trésor d’un tel montant ? Si l’émission des bons du Trésor sert à financer l’Etat, pourquoi au lieu d’émettre des bons du Trésor ( facteur d’endettement à court terme) n’utilise-t-il pas les ressources financières qu’il a effectivement encaissées (pétrole notamment) ?

Le dénominateur commun, sous-entendu et non dit, à toute ces questions est le suivant : par cette opération d’émission de bons du Trésor , le gouvernement sortant est-il en train de réaliser par cette émission un dernier « enrichissement sans cause » ? En somme est-il en train de se servir de cette opération à son profit ?

Si l’on s’attache à la pratique de la politique monétaire en Mauritanie, nous répondrons à cette question clairement et sans détour par un « non ». Mais si l’on s’attache à l’analyse de fond, il y a bien des raisons de se poser des questions.

L’émission des bons du Trésor est un instrument de la politique monétaire de l’Etat mauritanien.

Si l’adjudication des bons du Trésor du jeudi 5 avril 2007 a attiré l’attention ce n’est pas qu’elle soit exceptionnelle, c’est davantage parce qu’elle intervient à un moment ou toute les regards sont focalisés sur l’action du gouvernement sortant. Un air de suspicion légitime d’un citoyen longtemps volé et toujours mis au ban de la décision. Aujourd’hui, il veut participer, comprendre et contrôler.

Mais à y regarder de plus près on remarquera que l’émission des bons du Trésor est une pratique courante pour des montants similaires à ceux du jeudi 5 avril 2007. Ainsi entre mars 2006 et février 2007, soit une année, 30 avis d’adjudications de bons du Trésor ont été émis. Plus d’une adjudication tous les quinze jours ! Pour des montants inférieurs ou égaux à 5 milliards d’ouguiyas.

Rien donc d’exceptionnelle, le gouvernement fait dans la gestion courante…de sa politique monétaire.

En effet, ici, l’émission des bons du Trésor est moins perçue comme un moyen de financement à court terme de l’Etat que comme un instrument de sa politique monétaire. Cette émission vise à ponctionner une part de la masse monétaire en circulation en vue d’un rétablissement d’équilibres macroéconomiques vitaux de sa stratégie anti-inflationniste, de maintien d’un niveau de liquidité et de fluidité monétaires au sein du circuit économique. En émettant les bons du Trésor, l’Etat « récupère » entre les mains des investisseurs (ceux qui achètent), une partie de la monnaie en circulation.

Ainsi l’objectif premier de l’émission des bons du Trésor par l’Etat mauritanien est autrement conçu que comme le besoin de financement à court terme du budget de l’Etat.

Seulement voilà…

Les vraies questions seraient alors les suivantes :

L’émission de bons du Trésor est-elle un instrument incontournable de la politique monétaire de l’Etat mauritanien ?

L’émission de bons du Trésor pour la réalisation de la politique monétaire est-elle efficace ?

L’émission des bons du Trésor est-elle un facteur d’endettement de l’Etat ?

En somme cette pratique est-elle préjudiciable aux finances de l’Etat et qui réellement en profite ?

Pour répondre à ces questions, regardons de plus près les avis d’adjudication. Ces avis qui portent sur des émissions de bons du Trésor à échéance de 4 et 12 semaines sont adjugées avec des taux moyens pondérés globaux de plus 11% à plus 12%. Taux qui sont considérablement élevés et qui font supporter à l’Etat des remboursements lourds.

Si l’on tient compte du fait que le niveau de ces taux est dû lui-même au niveau des taux directeurs de la Banque centrale de Mauritanie, on comprend donc leur incompressibilité en dessous d’un certain seuil. Entrainant par la même l’accroissement de charges de remboursement. Ce ne sont donc pas les taux appliqués aux émissions qui sont critiquables mais ceux directeurs de la BCM !

A côté de cet endettement, un constat simple et logique permet de dire que l’efficacité de l’instrument d’émission de bons du Trésor en matière de politique monétaire est limitée.

En effet, si l’émission entraine la ponction d’une part de la masse monétaire sur le court terme, le remboursement à échéance de ces bons réinjecte aussi de nouvelles liquidités qui entrainent aussitôt le besoin d’une nouvelle émission de bons du Trésor pour… récupérer cette liquidité ! Un cercle vicieux dans lequel toute la charge de l’opération est supportée par le contribuable à travers l’endettement de l’Etat. Cette politique monétaire « à court terme » est donc d’une efficacité relative.

Le recours à d’autres instruments que l’émission systématique de bons du Trésor est une nécessité. La politique fiscale accompagnée d’un suivi efficace et maîtrisé de la pression fiscale nationale, la politique budgétaire complétant cette politique fiscale par le jeu de la dépense publique et de l’épargne fiscale sont des instruments, certes spécifiques mais tout aussi efficaces pour accompagner une stratégie moins systématique de recours à l’émission des bons du Trésor dans la réalisation de la politique monétaire.

Si de tels instruments peuvent être mis à contribution pour réduire l’endettement de l’Etat à travers l’émission des bons du Trésor, qu’est-ce qui justifie ce recours systématique et bihebdomadaire à cette pratique ?

Question qui recouvre en fait une autre réalité. Qui vraiment profite de l’émission des bons du Trésor ? Les investisseurs. Et qui sont les investisseurs ? Les banques et les détenteurs de capitaux oisifs. Ceux qui directement ou indirectement ont profité des « largesses » de l’Etat à un moment donné de son histoire récente. Pas le citoyen moyen. Et c’est là où l’interrogation qui fut posée au tout début prend tout son sens. Ce recours systématique à l’émission des bons du Trésor est il un facteur d’enrichissement sans cause ?

A cette question nous répondons oui. Car rien ne justifie une telle fréquence d’émissions et ceux qui en profitent au non de la politique monétaire sont toujours les mêmes.

Pr. ELY Mustapha

mercredi 4 avril 2007

D’où viendra le mal ? Suivez mon regard.

L’attention de tous est focalisée sur le prochain gouvernement du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Tout semble dire que l’image du Président sera celle qu’en donnera son gouvernement. Il renverra ses préoccupations, ses engagements et ses ambitions pour le pays.

Dans les pays à traditions démocratique, un gouvernement gouverne. Résultat d’acquis constitutionnel et historique obtenus de haute lutte. Le ministre est à la fois une autorité politique et une autorité administrative. Ce dédoublement fonctionnel fait qu’il met en œuvre la politique définie par le chef de l’Etat et en tant que tel, il est l’unique responsable de son département ; il en édicte les règles de fonctionnement, l’action de ses fonctionnaires, établit leur régime de responsabilité et est garant de leurs actes devant ses pairs et devant le Président de la République.

C’est autant dire qu’un ministre, contrôle de haut en bas tous les échelons de son ministère. Des services centraux aux services extérieurs de son département en passant par tous les organismes mis sous tutelle, il contrôle toute son administration.

L a jeune démocratie mauritanienne n’a pas ces acquis et le passé récent nous montre que les ministres sont contrôlés de « bas en haut » par d’autres structures qui pourtant en dépendent !

En effet, aussi paradoxalement que cela puisse paraître, le ministre est pris en otage par ceux justement qu’il est sensé régir. Si l’on prend l’exemple du pillage des ressources publiques durant ces dernières années on remarquera que les ministres n’ont servi qu’à « chapeauter » , en en bénéficiant, ceux qui à des « échelons plus bas » détenaient les vrais pouvoirs . Ce sont les personnes nommées au postes-clefs , de l’économie, du commerce, de la finance et de l’industrie . Postes qui ne sont pas ministériels mais qui sont le lieu privilégiés des détournements et de la malversation. Durant le régime précédant on préférait des postes « juteux » à ceux de ministre ou de secrétaire d’Etat. On affectait sciemment des personnes choisies à des postes pour « bénéficier » des projets qui devaient y être lancés.

Le mal venait principalement de ces nominations à la tête des entreprises et des organismes publics ou aux postes sensibles au sein de l’administration économique et financière (le budget, les finances, le commerce et l’industrie). La corruption remontait ainsi de bas en haut et gangrenait tous les rouages de l’Etat.

C’est la raison pour laquelle la nomination des ministres n’est point expressive de la future gestion de l’Etat et qu’il faut grandement prêter attention à ces nominations « en intra » qui ne font pas l’objet de la même publicité et qui souvent sont passés sous silence jusqu’à ce que le scandale éclate. Ces nominations sont davantage plus importantes que celles des membres du gouvernement et ceux qui en bénéficient finissent par dicter par le poids financier et la corruption dans laquelle ils les entrainent, leurs lois aux ministres.

Et c’est la raison pour laquelle le postulat selon lequel « le gouvernement de Sidi Ould Cheikh Abdallahi donnera une image de sa future gestion de l’Etat » est critiquable.

En effet, la composition d’un gouvernement si elle peut donner un cliché de ses tendances elle ne présage nullement de la nature de la gestion de l’Etat ni de celle des dossiers de l’heure. Car ceux qui ont gangréné l’Etat sont toujours là. Il se pourrait qu’ils ne soient pas dans le gouvernement ce qui donnerait publiquement une bonne image de celui-ci , mais qu’est-ce qui garantit qu’ils n’investiront pas les vrais postes-clefs de l’Etat. C’est discret, c’est discrétionnaire et c’est juteux. Et le ver, ironie de l’histoire, pourrait retrouver « son » fruit.

A trop regarder au sommet on oublie l’essentiel. L’enjeu n’est pas à ce niveau mais plus bas. Suivez mon regard.

Pr. ELY Mustapha

mardi 3 avril 2007

les acquis de la transition

Conscient du caractère historique de la période que nous traversons, je constate quelques points lumineux sur le tableau resté noir durant des décennies.

l'avancement progressif mais sûr de notre pays dans le respect des engagements pour passer en douceur le pouvoir aux autorités démocratiquement élues dans la bonne et due forme (la passation, l'élection à un degré moindre vu l'influence des gros électeurs en amont!) est en passe d'être acquis. je constate aussi un autre avancement important illustrant que les acteurs mauritaniens sont prêts à jouer le jeu-démocratie : reconnaître les résultats proclamés en toute sportivité et tourner rapidement la page et passer à autre chose.

ces avancements ô combien précieux pour préserver l'avenir se manifestent aussi par plusieurs faits que je cite sans trop revenir en arrière :

- organisation des élections présidentielle sans reculer l'échéance

- absence de fraudes sauvages (bourrage des urnes, etc), supervision des observateurs nationaux et internationaux

- non élection du président dès le 1er tour, une première dans le monde arabe .. auquel nous n'appartenons pas à 100% (j'en profite rapidement au passage)

- félicitations adressé par le camp perdant au président élu, ce qui dénote un esprit de fair play chez le candidat malheureux.

- et enfin la démission comme prévu du gouvernement de transition après avoir présenté son bilan.

Actuellement, la balle est dans le camps du président fraîchement élu, à lui de décider son propre devenir et en partie le devenir de toute la mauritanie. bientôt Sidi sera officiellement président d'un pays mais n'importe quel pays. un pays fatigué sur le plan économique, sociale et moral.

un pays qui vit grâce aux dons des institutions internationales et qui est menacé (en sa partie rurale et bidons ville) par le spectre de la famine à chaque fois où le ciel (la pluviométrie) ne gratifient pas nos campagnes des quelques mm nécessaires pour nos pâturages et à la survie de notre bétail.

malgré le caractère d'urgence et la situation pitoyable de nos finances, notre pays est toujours dangereusement exposé aux pillages et à l'enrichissement illicite des individus symboles du régime déchu et qui ont su garder l'appétit très grand voire monstrueux.

il se trouvent aujourd'hui que ce président fraîchement élu est en captivité voulu (ou pas) et sous la main mise de ce cercle d'influence. je me demande encore quelle serait-elle sa marge de manoeuvre ? saura-t-il se rebeller et aura-t-il les moyens caractériels c-à-d le courage ?

lors du débat radiotélévisé, il a été question de lutte contre la pauvreté, et le candidat élu (Sidi) a promit de cartographier (il faudra passer à la techno numérique lol) les région les plus touchée par ce fléau. donner des statistiques fiables sur le phénomène, est important, réagir sur le terrain est toujours mieux.

la question de fuite de cerveaux (et des bras .. les uns sont aussi nécessaires que les autres) a été furtivement abordée. la fuite vers des pays étrangers y compris des pays très pauvres (comme le Niger, Sidi lui-même !) où l'individu mauritanien pourra retrouver sa dignité perdue à force de pratiques exclusoires et humiliantes longuement exercées par le pouvoir déchu. la question a été soulevé sans y répondre vraiment.

par des mesures concertes, courageuses et simples (pas besoin de miracles !) favorisant la compétence et le mérite, notre pays peut inverser le sens du mouvement migratoire de ses fils dont il a pitoyablement besoin. inutile de dire que le besoin est mutuel, mais certains sont parvenu à se faire une place au soleil ailleurs avec beaucoup de dignité et de respect et ce après avoir constater que les portes du pays leurs étaient hermétiquement closed. nous sommes très attentifs aux mesures et dispositions qui pourront convaincre que cela connaîtra un changement ..

La pauvreté peut être définie en termes économiques, politiques ou encore sociologiques. Mais parce que les chiffres ne disent rien sur les souffrances, et des misères vécu par le citoyen inconnu dans son village ou dans sa keubba, privé des moyens minimaux de vie décente (logement, soins médicaux et éducation), les meilleures définitions de la pauvreté sont celles des personnes qui vivent dans ces difficultés (recueilli par une ONG spécialisée).

je re-cite ces propos pour les faire entendre à qui il veut :

"La misère, c’est quand tu ne sais pas comment fonctionne le monde, un peu comme si tu étais hors du monde."

"La pauvreté, c’est avoir les mêmes rêves que tout le monde pour l’avenir, mais aucun moyen de les réaliser sur terre."

"La pauvreté, c’est devoir mieux me comporter avec mes gosses que quiconque, parce que quelqu’un m’observe."

"La pauvreté, c’est marcher partout, tout le temps, par tous les temps."

"La pauvreté, c’est être traité comme rien, moins que rien, et l’accepter."

"La pauvreté, c’est garder ses secrets, devoir dire des mensonges et faire semblant."

"La pauvreté, c'est de voir son proche mourir lentement sur le tapis à cause d'une maladie facilement soignable ailleurs."

"La pauvreté, c'est ne pas pouvoir évacuer ses malades comme tout le monde

"La pauvreté, me rabaisser, encore et encore, simplement pour obtenir ce à quoi j’ai droit."

"La pauvreté, c'est devoir boire de l'eau infecte, sinon mourir de soif."

"La pauvreté, c'est de se faire déloger de son cartier précaire, parce qu'un homme fortuné vient d'acheter le lot sur lequel ton Brag etait bati."

"Dans le fait d’être pauvre, le pire, c’est de regarder la vie passer et de ne jamais être dedans. C’est difficile, car même si on fait des efforts pour être dedans, on n’y arrive pas. On ne veut pas de nous."

"Le plus dur, quand on est pauvre, ce n’est pas de ne pas avoir de sous, c’est de ne pas être reconnu, c’est de ne pas avoir de place dans la société."

je voudrai pas faire ici un procès d'intention, mais quand les noms de son gouvernement seront rendu public, sidi dévoilera (in)consciement ainsi la marge de manoeuvre réelle dont il disposera (selon moi, assez réduite vu le passé des gens qu'il a choisi d'en faire partie). n'oublions pas qu'il est le candidat de ould Abd alziz. et les moyens colossaux de l'administration ont été mis à sa disposition. je m'en défrise la coiffeuse si c'est avec ou sans son consentement, en tout ca l'a bien favorisé aux yeux des électeurs à sensibilité forte pour le candidat du pouvoir.

le peuple ne marchera pas avec un gouvernement à majorité roumouz alvessad, ça sera vouloir pointer lâchement et froidement un poignard dans la poitrine de la misérable mère déjà souffrante dans son brag perdu dans sa keubba (autrement la mauritanie), cette mère qui continue à nous regarder les yeux fatigué mais ouverts, le regard fixe. comme si elle veut nous dire quelque chose sans vouloir nous blesser.

si Sidi a des difficultés majeures à se passer des roumouz elvessad alors qu'il en a l'envie et l'honnêteté supposée, il peut créer un canal le reliant avec la base (d'autres présidents réformateurs l'ont essayé avec succès) et ce sans passer par l'entourage immédiat. réussir sa mission dans les délais est un art , se doter des moyens subtiles pour y parvenir en est un autre!

ainsi au moment voulu, il peut à son souhait mobiliser la rue et le peuple contre ses forces ô combien pesantes et qui tôt ou tard finiront par l'étouffer ou au mieux lui tourner le dos (Mokhtar, haidalla, Tay en savent qlq chose) pour le museler et le remplacer comme une vieille serviette.

la presse peu jouer son rôle de canaux de communication transparente, mais tout ça est conditionné. il faut qu'il donne le signal de sa disposition à court-circuiter et cramer le joint malade qu'est erroumouz (qui s'agglutinent toujours sur la table et toujours de plus près).

pour finir, et dans le registre des bonnes pratiques, après le respect des dates électorales, le duel radiotélévisé, et esprit fair play des perdant, démission du gouvernement dans les règles de l'art, je souhaiterai que, dans un souci de transparence, le nouveau gouvernement souhaite faire voter une loi obligeant les fonctionnaires d'état (président et ministres) à déclarer leurs biens .. voila une proposition qui risque de faire couler de l'ancre prochainement.

Lambda.

dimanche 1 avril 2007

Les oiseaux de mauvaise augure

Ce qui me frappe c'est la promptitude et l'enguement que les sites negro ont pour la publication de soit-disantes libres expressions qui ne sont en realite que lamentations et incriminations armes futiles des faibles et de ceux qui se caracterisent par leur incapacite de rompre d'avec le passe et de s'investir utilement et activement pour batir un futur radieux.

Je n'en veux pour preuve que ce posting de Bara Ba (symbolisant le discours de tous ces Mbirruuji caggal lammbu (lutteurs en dehors de l'arene). Ce qui est plus frappant c'est que ce discours est le meme. Il aborde le meme theme et fini par lasser. A ce titre j'envoyais un article intitule:<< Passif Humanitaire, Deportes Y'en a marre>>

Le plus naturellement du monde, les gerants du site CRIDEM trouverent que l'article n'etait pas a propos! Pas a propos parce qu'il etait question de pardonner et de taire ces discours de haine et de folie qui ne menent nulle part. Je me permets de renvoyer le corps de l'article etant convaincu qu'il est a propos et rebonjour la censure. Mais qu'a cela ne tienne! Nous sommes libres d'ecrire et vous reconnaissons la liberte de censurer. Ainsi va la vie!


Le texte:

Passif Humanitairei, deportes par ci, regime ethno-genocidaire et tortionaire de Taya par la. On ne cesse de nous rabacher les oreilles avec ces pretendus importantes questions avec une telle legerete et un tel mimetisme qui donnent envie devomir. Je m'adresse ici a tous ces justiciers, guerriers, lutteurs, politiciens du net, a tous ces avocats du diable, a tous ces partisants de gropuscules negro yooo, Haraatine yooo, Beydanes yooo qui sillustrent par leurs fantasmes debiles et leur incapacite de surpassement en faisant de ces sujets leur seule raison d’etre.

1. Nos morts sont morts. Qu'Allah ait pitie de leurs ames. Vos puerilles gesticulations et/ou vos coups de gueules ne les feront pas revenir, Dieu soit loue, car s'ils devaient revenir vous seriez les premiers a fermer vos gueules, a les renier et a vous enfuir. Nos morts sont des martyres et pour cela ils auront leur recompense aupres de Dieu, et quel meilleur salaire que celui-la qui est sans commune mesure avec les « Khouroujeries » que vous recclamez en leurs noms !

2. La deportation a occasionne pour la plupart de ses « victimes » une amelioration qualitative de la vie. Je n’en veux pour preuve que tous ces acteurs economiques quils sont devenus au Senegal, au Mali et par tout ailleurs dans le monde et ce grace a leur creativite et a leur refus de se considerer comme des victimes. Un sage disait que tout probleme porte en son sein son equivalent de semences propices au succes pour tout individu anime d’une attitude mentale positive. L’adage ne dit-il pas a tout malheur quelque chose de bon !

3. Le regime despotique de Taya a permis la naissance d’un eveil de conscience sans precedent dans notre pays. Je n’en veux pour preuve que cette diaspora, qui aujourd’hui participe merveilleusement a l’eveil des conscences. Je n’en veux pour preuve que l’emergence timide certes de leaders politiques qui ont gagne en maturite et font preuve de plus d’audace tout en proposant un projet de societe plus realiste, juste et unificateur.

C’est dire que nous avons la suffusemment de motifs de satisfacftion pour refuser de demeurer dans des lamentations et des incriminations qui ne feront que nous affaiblir et reduire toute action positive en vue de construire une Mauritanie forte et plus unie. Cessons de jouer aux victimes et arborrons une attitude mentale progressive/positive , unissons nos forces et construisons un avenir nettement meilleur completement a notre portee.

Nul doute qu'il y a eu des abus qu'il y a eu injustice mais ce qu'il nous faut c'est de pardonner pour nous liberer nous-memes. Pardonner pour que nous soyons plus heureux. Pardonner pour que nous sortions de cet enfer de haine et de douleur. Le pardon ne profite pas seulement a l’acteur du prejudice, mais il profite sans aucun doute possible a la victime. Si nous refusons de pardonner et vivons avec des ressentiments et de la haine dans nos coeurs nous ne faisons que construire les murs de la separation. Nous pensons que nous-nous protegeons mais en realite nous-nous isolons et devenons des solitaires, ligottes et emprisoners par notre propre haine.

Ces murs de haines (refus de pardonner) que nous elevons vont constituer des freins quant a la descente de la Misericorde. Ces murs de haines (refus de pardonner) vont empecher nos pieuses prieres d’etre exhausees. Ces murs de haines (refus de pardonner) vont nous priver de la faculte de faire de beaux reves et d’oeuvrer pour leur concretisation. Les versets 37, 40, et 43 de la sourate 45 (Ach-Choura)illustrent le caractere superieur et benefique du pardon.

J’entends deja les vociferations de ces irreductibbles, refusant tout pardon qui retorqueront en citant les versets 39, 41et 42 de la meme sourate. Je leur dirai qu’en toute chose il y a progression et dans ce cas de figure Dieu lui meme parle de facon evolutive et conclue par la meilleur action a faire :le pardon (verset 43). Ne soyons pas tetus et bornes (refus de pardonner)pour rater les benedictions de Deu. Soyons promptes a changer, a pardonner.

Pour terminer je m’en vais vous raconter cette vielle histoire : Il etait une fois un capitaine de bateau qui navigait dans une nuit de plomb. Soudain, il apercut une lumiere vive en face et se dit qu’il allait tout droit rentrer en collusion avec la dite lumiere. Il se rua sur sa radio et envoya un message urgent demandant a ce quil prenait pour un navire de changer sa course en virant 10 degres Est. Quelques minutes apres il recut un message retour.

Ce message disait.<< Je ne peux le faire, changez votre course 10 degres Ouest » Le capitaine piqua une colere. Il envoya cet autre message : << Je suis capitaine de vesseau, je vous demande de changer votre course>>. Quelques minutes plus tard il recut un message retour qui disait :<< je suis un matelot de seconde classe. Je ne peux prendre cette decision. Changez votre course>>.

Le capitaine piqua une colere plus aigue. Il envoya ce dernier message qui disait :<< Je suis un bateau de guerre et je ne vais pas changer de course !>>. Il recut un court message qui disait :<< Je suis un phare sir. faites votre choix.>>

Bien des fois nous sommes a l’image de ce capitaine de bateau, nous pouvons etre bornes et tetus. Nous pouvons evoquer toutes les raisons pour lesquelles nous allons refuser tout pardon. Ils ont ete mechants avec moi.Ils m’ont fait trop de mal. Je ne vais pas pardonner.

Si tu ne pardonnes pas ceux qui sont sur terre, tu ne meriteras pas le pardon de ton Seigneur. Si tu refuses de pardonner tu t’attires la peine. Tu empruntes le chemin de l’auto-destruction. Le pardon est un choix qui mene au salut

HatteJallo



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