mercredi 20 décembre 2006

Blog, ô sphère ardente,




J’aimerais, si vous le permettez, m’arrêter sur le phénomène du blog ou comment le concept d’un journal intime posté sur la toile devient un espace de liberté et un contre-pouvoir, pour certains. Ce passage d’une correspondance privée entre adolescents boutonneux à un outil de communication voire de propagande par les politiciens mérite notre attention.

Longtemps ignoré ou dissimulé, il a été quasi-adulé, pour être détourné et enfin abandonné. Sa maturation difficile s’est faite par une étape quasi-obligée qu’est l’invasion massive et destructrice de nos concitoyens qui, tels des criquets, ne se déplacent qu’en groupes ravageurs. A ce propos, avez-vous observé que leur intérêt pour une actualité ne dépasse jamais ce laps de temps d’une semaine ? Toujours en perpétuelle recherche du « chtari », le scoop du jour, ils confirment ainsi leur nomadisme mental. Il y a matière à psychanalyser : cet éternel déplacement vers des ères nouvelles pour fuir le présent qui nécessite un moment d’arrêt, consacré à la réflexion, à l’analyse et au travail de mémoire. Serions-nous volatiles et superficiels au point d’ignorer ou craindre une réelle introspection de notre âme nationale ?

Revenons à nos moutons ou nos criquets, je disais donc que leur intérêt pour un phénomène est toujours massif et éphémère. A l’instar des tourbillons, ils s’approprient l’espace ou l’événement du jour en emportant dans la tourmente sans scrupule l’espoir, l’enthousiasme des uns, ou l’intégrité et la naïveté des autres. Aussi, le blog n’y a pas échappé.

Mais une fois la tempête passée, les criquets envolés, dans un paysage dévasté, restent les survivants de la bourrasque, toujours debout et animés d’une même volonté de partage et de discussion.

Voilà le point de vue d’un bloggeur, lecteur et spectateur, pour qui le blog reste le « golb » (cœur) de notre globe, qu’est le CH, réunissant des êtres devenus familiers et proches bien que parfaitement inconnus.

n.k.