lundi 11 décembre 2006

Elise ou la vraie vie, Ely ou l’espoir déçu



Le jour se levait en ce mois d’août sur la magnifique Champagne crayeuse pour illuminer ses plaines que la Marne se fait un plaisir de serpenter. Je n’ai jamais pensé que mon destin de bédouin maure né sur une dune de sable me mènerait là, entre les vignes et les peupliers sur une petite route communale dans l’Est de la France en cette belle journée du 3 août 2005. J’avais dormi tard la veille en rêvant du blog de X Ould Y où j’allais souvent retrouver des amis anonymes qui refaisaient la Mauritanie en dissertant de tout et de rien.

Mon pays était toujours présent mais loin de mon quotidien qui s’annonçait banal comme tout.

  • Bonjour Elise.
  • Bonjour Yan.

Elise, c’est la secrétaire, nous prenons souvent le café ensemble, le matin.

La journée avait commencé et déjà les appels, la valse des allers-retours et tout le train-train qui fait une journée ordinaire.

L’après midi, Elise m’appelle pour me dire qu’il y a une personne, au téléphone, qui veut me parler.

  • C’est qui ?
  • Je crois que c’est personnel, me dit-elle sans paraître gênée.

Je n’ai pas l’habitude de recevoir un appel en privé au travail. C’est toujours important et on craint souvent le pire, la maladie des proches, laissés là-bas.

C’est ainsi que j’ai appris le changement intervenu en Mauritanie avec une junte militaire au pouvoir dirigée par un certain Ely, un prénom qui me semblait presque familier…

La fin de la journée fût merveilleuse et j’ai terminé la soirée au restaurant avec Elise. Elle aime tant connaître mon pays, je repousse toujours l’échéance mais je me dis que ce sera pour bientôt avec l’instauration de la démocratie.

Et puis… Et puis…

Je ne sais plus que dire. Je crois que rien n’a changé maintenant et que l’espoir du 3 août 2005 n’a duré que le temps des souvenirs du temps passé, l’attente des premières élections du processus dit de transition.

Quoi dire alors à Elise ?

Je cherche encore mes mots, je cherche encore mes phrases…

En cette fin d’automne où les feuilles recouvrent les trottoirs des rues qui me sont devenues familières, je me dis que des espoirs sont tombés aussi mais que le printemps n’est pas loin…

Le second tour des présidentielles n’est-il pas pour fin mars ?

On vit d’espoir et il faut bien croire…

yanis