mercredi 25 septembre 2013

Climate Change in Mauritania: Taking Action before it is too late

NOUAKCHOTT, 24 février 2010—En novembre dernier, en marge d’une journée de communication sur les changements climatiques,  Demba Marico, coordonnateur national  du Projet Adaptation aux changements climatiques du littoral (Projet sous financement des Nations-Unies)  tirait la sonnette d’alarme: « Même  sans les changements climatiques, il y a déjà un risque d’inondations de la ville de Nouakchott parce qu’une bonne partie de la ville s’est développée dans une zone de dépression qui est l’Aftout. Et quand les gens y construisent, il faut s’attendre a être inondé ».

Construite dans les années 50 pour accueillir la capitale du futur Etat mauritanien, Nouakchott était prévue pour environ 8000 habitants à l’horizon 1970. Cinq décennies plus tard, c’est près d’un million de personnes qui y vivent, avec de fortes concentrations démographiques dans des zones inondables, comme les quartiers de Sebkha, El Mina, Socogim PS, Ksar, Dar Naim et une bonne partie des zones résidentielles de Tevragh Zeina.

Les dernières précipitations survenues en  août et septembre 2009 auront confirmé les craintes des spécialistes  au sujet de sérieux risques de catastrophes naturelles dans les années à venir, sous formes d’élévations du niveau de la mer, d’érosion accrue des zones côtières,  de destruction de la mangrove et d’inondations aux conséquences désastreuses.  A travers le Projet Adaptation aux changements climatiques, les autorités mauritaniennes veulent surtout  consolider  l'immunité des collectivités sahéliennes pour  faire face aux dérèglements  climatiques. Pour y arriver, les experts mauritaniens coordonnent leurs activités avec  leurs collègues de la sous-région. D’ores et déjà, au niveau de la ville de Nouakchott, le financement onusion  a permis de créer un site pilote destiné á tester la viabilité des mesures d’adaptation aux changements climatiques. Il s’agit d’un   cordon dunaire du littoral situé entre  le marché aux poissons, le Warf (ancien petit port de Nouakchott), et la ceinture verte érigée en système  de protection de la ville de Nouakchott.

Ce même cordon dunaire (Zbar en hassania, une des 4 langues nationales que compte la Mauritanie) n’a cessé de se rétrécir ces dernières années sous l’effet conjugué de la nature et de l’action humaine. En se promenant non loin de la Cité Plage, les effets sont visibles: l’affaissement du cordon dunaire ne résiste plus aux incursions de l’eau, même avec de faibles quantités de pluie et lors des marées hautes.  Selon de récentes études commandées par les autorités mauritaniennes, Nouakchott risque de voir 79 % de sa superficie globale  inondée dans moins de 10 ans, tout au plus vers 2020. Le pire scénario la voit disparaitre entièrement vers 2050.

S’adapter, mais à quel prix ?
Longtemps négligée, la menace semble désormais prise très au sérieux par les autorités qui cherchent à mobiliser le concours de la communauté internationale à travers le Projet Adaptation aux changements climatiques du littoral, financé par le Fonds pour l’environnement mondial, le Programme des Nations Unies pour le Développement et l’Unesco.  Trois partenaires auxquels s’est jointe récemment la Banque mondiale, qui  a envoyé à Nouakchott  début décembre 2009 une équipe d’experts en prélude au sommet de Copenhague pour informer les autorités locales sur les différentes sources de financement et plaider en faveur d’une intégration des problématiques environnementales dans les politiques de développement. « La Mauritanie a connu des périodes de sécheresse importantes et les projections par rapport aux variabilités et changements climatiques  sont encore plus menaçantes et vont donner  des périodes de sécheresses encore plus importantes avec des extrêmes climatiques », prévient Taoufiq Bennouna, Spécialiste principal en ressources naturelles à la Banque mondiale. « La situation est suffisamment alarmante et nécessite des actions urgentes », ajoute-t-il.

Conscient de la nécessité d’agir et de l’urgence de prendre à bras le corps le risque climatique dans les actions des gouvernements, le Groupe de la banque mondiale a mis en place une stratégie Changement Climatiques  pour les pays de l’Afrique subsaharienne dont l’objectif est de renforcer la résistance du développement au changement climatique. Elle est composée de 4 piliers : renforcer les opportunités d’adaptation ; renforcer les opportunités d’atténuation ; promouvoir la connaissance et développer les capacités ; augmenter les possibilités de financement. C’est justement ce dernier point qui était á l’ordre du jour début Décembre 2009 lors d’un atelier organisé dans la capitale mauritanienne.

Invité lors du dernier sommet de Copenhague sur les changements climatiques, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz— dont le pays assure la présidence du Comité Permanent Inter États de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) — avait  demandé la mise en œuvre du Plan d'Action de Bali, adopté en décembre 2007. « L'avenir de la planète est entre nos mains et nous devons donc assumer cette responsabilité avec rigueur et discernement », a-t-il souligné.

jeudi 19 septembre 2013

Brassage inter-communautaire : "Pas facile d'être métis en Mauritanie"


Particulièrement depuis l'avènement des militaires au début des années 80, le métissage inter-communautaire est en chute libre, voire n'existe quasiment plus en Mauritanie. Une césure majeure dans l'histoire des relations inter-communautaires entre le fleuve Sénégal et le Sahara. Une mécanique qui devrait pourtant aujourd'hui être activement rappelée et promue, pour que les communautés apprennent à se (re)connaître, et se respecter.
 
 

Notamment depuis les événements de 1989, mais avant cela initié par une politique d'état qui a misé sur la division communautaire, la cohabitation apparaît de moins en moins crédible dans un contexte social et urbain où une forme d'apartheid cloisonnant est, de fait, de mise.
 
Pourtant, l'histoire récente (pré-indépendance) et même antérieure à la colonisation française, est jalonnée derelations inter-ethniques métissées. "Que ce soit pour des raisons d'alliances objectives entre grandes familles toucouleures, Soninkés et mauresques; ou des raisons purement sentimentales" avance Cheikh Saad Bouh Camara, sociologue.
 
"Le peuple mauritanien est un peuple métissé, et c’est dans le métissage qu’il trouvera son salut" opine Oiga Abdoulaye, ancien DG de la Caisse Nationale de Sécurité Social, qui a écrit sur le sujet dans son essai "Contribution au rétablissement de la vérité sur le peuplement historique de la Mauritanie".
 
Pour étayer cette assertion connue mais oubliée, il rappellera dans son essai, les liens séculaires qui unissent les Mechdouf et les Oulad M’Bareck aux soninkés, ainsi qu'aux bambaras. Dans cette continuité, l'ancien directeur de la CNSS rappelle que les familles des Cheikh : "Cheikh Mohamed Fadel, Cheikh El Hadrami, Cheikh Saad Bouh, Cheikh Sidi Bouya, ont pour mère Khadijetou, fille de boubacar Bal, lui-même, fils du célèbre marabout Souleymane Bal".
 
"Le métissage du peuple mauritanien, ne se situe pas uniquement au niveau interne de ses tribus et ethnies, il est transfrontalier. Il est illustré par de nombreux cas historiques, dont entre autres, l’union de Diombott M’Bodj, reine du Oualott M’bodj, reine du Oualo, avec l’Emir du Trarza".
 
Le rejet des autres
 
Français par son père, et maure par sa mère, Momme Ducros, micro-blogueur, et chargé de la communication à l'office de l'immigration mondiale (OIM) sait bien ce que veut dire "métis" en Mauritanie. Surtout quand une part de son identité est liée à celle de l'ancien colonisateur. Il souffre encore et régulièrement, des remarques liées à son métissage dans son propre pays:
 
"Il ne s'agit pas vraiment de rejet mais d'un mépris, avec une connotation liée au passé colonial. On me fait des allusions à peine voilà par rapport à cela. Même dans le monde professionnel, Je fais mine de ne pas entendre de mauvaises idées dites sous cape. Du genre : " compte tenu de ses origines, certaines tâches devraient échoir à des pures souches". Idem pour les demandes de mariages, de manière diplomatique on te reproche tes origines. J'ai été gentiment mais fermement éconduit par rapport à cela. J'ai entendu le terme "Nessrani" (Nazaréen, en terme péjoratif, avec une connotation religieuse liée à la mécréance- NDLR) utilisé à mon égard".
 
Mokhtar, infirmier à la clinique Kissi de Nouakchott, n'est pas loin de cet avis. Il va même plus loin, en expliquant comment la plupart des métis qu'il connaît s'aliène une de leurs identités :
 
"On a perpétuellement le cul entre deux chaises. Puis on n'en choisit plus qu'une à partir de l'adolescence. Très peu concilient positivement leurs deux ou trois identités. De fait, d'un côté ou de l'autre de ta famille, on te reproche toujours l'une de tes origines. Par des blagues qui sont sensées faire rire, des paroles dans le dos, que tu finis par entendre... Être métis en Mauritanie n'est pas une sinécure de nos jours" témoigne le jeune mauro-peul.
 
"L'ère des ignorants et des parvenus"
 
"Malheureusement à l'ère des ignorants et des parvenus, les systèmes de valeurs ont été inversés. Ce faisant, les gens de savoir qui auraient pu rappeler étayer, et diffuser ce passé commun ont été rejetés dans l'arrière-plan social" affirme un vieil homme d'affaires maure qui a épousé une peule au début de sa carrière.
 
Cette ignorance a occulté l'histoire familiale d'un Chérif Hamallah Ould Mohamed Ould Signa Omar, Tidiani, source du hamallisme. "Son père était un maure, commerçant au Mali, à Nyamani, sa mère une peule. Il a inspiré foi et spiritualité islamiques à des milliers de maures, bambaras, toucouleurs" raconte Amadou Hampaté Ba dans son récit biographique sur son mentor Thierno Bocar, le sage de Bandiagara. Natif de Mederdra, Chérif Hamallah.
 
Cheikh Abdoulaye Ndiaye, l'artiste musical plus connu sous le nom de Bakhan, revendique ce métissage, et en fait le socle de sa musique:
 
 "Je suis tout à la fois, maure, pulaar, soninké et wolof. C'est pour cela que j'ai toujours cherché à valoriser les cultures mauritaniennes. Et c'est pour ça que que je rêve de créer une musique mauritanienne moderne qui transcende les barrières ethniques et les cloisonnements musicaux. Il y a beaucoup plus de choses qui nous unissent, que de sources de divisions. Il faut juste, effectivement, le rappeler aux gens, quotidiennement, et dans tous les domaines" exhorte le prix RFI 2009.
 
"Quand le métissage porte ses fruits, et que ceux-ci embrassent sans complexe et dans leur entièreté leurs origines diverses, alors un creuset de tolérance, et souvent de talent, se forge. Un peu d'histoire pré-colonisation ferait du bien aux nouvelles générations" conclut N'Diaye Hussein Kane, médecin-colonel à la retraite. Il a été le médecin-traitant personnel de Maouiya Ould Sid'Ahmed Taya. Halpulaar de Tékane par son père, il est également issu par sa mère, de la tribu guerrière des Oulad El Nassr d'Aïoun.
 
Mamoudou Lamine Kane
 

mercredi 28 août 2013

On nous avait caché ça : en Mauritanie, révolte des esclaves en milieu Soninké…


Ça s’est pourtant passé en Mauritanie et tout est parti d’une affaire de cœur entre une noble et un esclave soninké pour finir en révolte des esclaves ; le tout entre Paris et le village où presque tous les coups furent permis. En milieu maure, les h’ratines en sont encore au discours car ils sont mieux lotis que les esclaves soninkés auxquels il est interdit d’être maire, député ou ministre. Voilà pourquoi apparemment en milieu soninké régulièrement on est au bord de l’explosion mais cette information n’arrive pas jusqu’à Nouakchott car ce genre d’exemple pourrait faire désordre à une tout autre échelle. Pourtant ça vaut le détour, à lire entièrement c’est très fluide.

« Le second cas concerne Mlle Aminata M. et Omar T. du village de R. En 1994-1995, un jeune homme d'une trentaine d'années (déjà marié au pays), nommé Omar T. débarque à Paris. Bien que d'extraction servile et « sans-papiers », Oumar T. était apparemment heureux de son sort, entre un foyer africain de Montreuil-sous-Bois où il habitait, et la maison du maître de ses parents à Drancy, où il se rendait régulièrement pour y exécuter de menus travaux ménagers ou des courses.

Tout allait bien pour lui jusqu'au jour où un employé de mairie d'origine soninkée interpella M. M., ledit maître, pour lui annoncer que, de ses propres yeux, il a reconnu formellement sa fille sortant d'un hôtel avec « son petit esclave ». M. M. ne s'en offusqua guère et rétorqua fièrement que ce garçon n'est que l'ange gardien de sa fille, en l'occurrence son « petit esclave » et qu'il fait entièrement confiance à sa fille aînée.

D'autres témoignages arrivèrent par la suite jusqu'à ses oreilles ; il ne voulait pourtant rien entendre de ces « calomnies ». Mais avec le temps, le père fut instruit de la « triste réalité » et cessa de jouer les autruches ; il se rendit avec son fusil de chasse chez le chef du village de R. au foyer « Rochebrune » à Montreuil pour exiger la convocation de l'esclave en question afin de lui signifier de cesser immédiatement de fréquenter sa fille. Il menaça (en son absence) des plus sombres destins, y compris d'une mort prochaine, l'insolent et téméraire descendant d'esclaves qui osa le bafouer et le traîner dans la boue. Le chef de village à Paris convoqua alors une première assemblée des nobles devant laquelle M. M. refusa de se présenter, faute peut-être d'avoir été satisfait dans sa requête ; il écopa d'une amende de 5 000 francs français pour refus d'obtempérer. Néanmoins, les nobles du village, appartenant en majorité au patronyme M., se mirent en colère contre le « petit esclave » par solidarité avec M. M. et, du coup, déclenchèrent contre l'« effronté » les procédures d'exclusion des instances villageoises de France et de Mauritanie. Lors de cette réunion avec les chefs de village, on lui expliqua que la fille qu'il convoite « est née en France et ignore tout de nos coutumes ; mais que lui, en revanche en a profité pour l'égarer volontairement ». Il semblerait que durant cette réunion il ne se soit pas exprimé lui-même, cependant un de ses amis (un esclave de mangue) a déclaré à la fin de la réunion que « ces histoires de mariages [endogames] sont des histoires du passé ». Ce dernier écopa de 5 000 francs d'amende pour cette affirmation mais il déclara qu'il ne les paiera jamais.

Entre temps, quand le ventre de Mlle M. commença à s'arrondir, elle décida, à titre préventif, d'aller vivre son idylle hors du domicile parental. Ayant senti les choses se gâter, suite aux menaces de son père, elle se rendit alors au commissariat pour y demander une protection policière pour son ami ; les policiers qui ne comprirent rien à son discours sur l'esclavage (mais les a-t-elle vraiment informés sur le sujet), ont, semble-t-il, malgré tout, convoqué le père pour lui demander de se calmer et de ne menacer quiconque et, a fortiori de mort.

À Paris, les nobles du village, après avoir exclu Omar T. de la caisse centrale des ressortissants du village en France, demandèrent par un message envoyé au pays, au chef de village — il est simultanément chef du clan de M., patronyme régnant — d'exclure immédiatement les parents du jeune homme (père, mère et oncles paternels) de toutes les affaires du village, y compris, chose gravissime, de l'accès à la grande mosquée pour la prière du vendredi. En France également ses oncles paternels furent exclus de la caisse du village. Du coup, à Paris, on assista à la réaction immédiate et concertée de trois ou quatre anciens étudiants de l'université Al-Azar du Caire, eux-mêmes d'origine servile. Ils provoquèrent une réunion avec les nobles pour leur annoncer que les mesures punitives prises à rencontre des parents d'Omar T. sont contraires au droit musulman, car leur responsabilité n'est nullement engagée dans cette affaire, ni de près, ni de loin. Par conséquent, en tant que musulmans, ils doivent réviser leur position sur ce point précis.

Après les avoir attentivement écoutés, les nobles décidèrent immédiatement de leur infliger une amende de 4 000 FF chacun, payable dans les plus brefs délais. En cas de non-paiement de cette amende, ils seraient exclus de l'association villageoise de Paris (à laquelle ils ont pourtant toujours participé en versant leurs cotisations mensuelles obligatoires). Ils répliquèrent aussitôt qu'ils ne payeront l'amende en aucun cas, car ils n'ont énoncé que le droit, tout en montrant la voie tracée par Allah et sans aucune arrière-pensée de protection, ni du jeune Omar T. ni même de ses deux parents. Ils furent alors exclus sur le champ de toutes les instances organisationnelles du village de R., en France comme en Mauritanie.

À partir de ce moment l'affaire deviendra progressivement un différend entre les nobles et les esclaves du village de R. Peu à peu, les descendants d'esclaves commencèrent à se concerter collectivement pour adopter une attitude commune qui, m'a-t-on précisé, ne puise ses arguments essentiels que dans l'attitude intransigeante des nobles du village. À Paris, en vue de réconcilier les deux groupes de la communauté villageoise de R. (les jeunes esclaves contre les nobles alliés aux « vieux » esclaves), tous les ressortissants des villages environnants intervinrent, mais en vain.

Certains villages ont tenté de parler aux deux parties rassemblées, mais sans résultats. Ces interventions, souvent organisées à l'initiative des seuls nobles des villages voisins, ont provoqué de graves problèmes au sein de leurs propres communautés villageoises, car certains esclaves de ces villages ont estimé que la démarche de réconciliation doit concerner tout le village et non pas seulement les nobles et leurs niaxamalani. C'est ainsi que les nobles du village de L. ont été menacés de représailles au cas où ils interviendraient au nom de l'ensemble du village. La situation en ce début d'année 2000 ne semble guère s'améliorer. Les aristocrates et les « vieux » esclaves ont conservé l'ancienne caisse avec en épargne près de trente années de cotisations des deux communautés ; la centaine (plusieurs centaines selon d'autres sources) de jeunes descendants d'esclaves réfractaires ont été contraints de créer leur propre caisse. Ils l'ont fait autour d'une association loi 1 90 1 , d'où la très grande portée symbolique et matérielle de leur décision. Les nobles exigeraient désormais le retour inconditionnel des jeunes réfractaires avec leur nouvelle caisse, et l'ancienne également, sans aucune garantie ni contrepartie. En fait, les esclaves ont deux caisses car depuis le début des années 1970 ils se sont organisés autour d'une « caisse des esclaves » distincte de celle du village. Ils versaient à cette caisse des esclaves, créée à la suite d'un différend avec les nobles, une cotisation exceptionnelle (équivalent à la moitié de la cotisation villageoise).

En effet, les nobles de France, suite à un incendie de brousse déclenché involontairement par des enfants d'esclaves qui gardaient les champs au pays, avaient payé l'amende exigée par le gouvernement mauritanien avec les deniers de la caisse villageoise. Ils ont menacé les esclaves en leur disant que la prochaine fois que pareille mésaventure arrivera à leurs enfants, la caisse de France ne prendrait plus rien en charge. D'où la création d'une caisse spécifique par les esclaves !

Au village de R. en Mauritanie, au début du conflit, les deux groupes étaient séparés et se combattaient, mais les nobles ont progressivement réussi à convaincre, par divers moyens, tous les vieux esclaves. Les parents de Omar T., murmure-t-on ici, ont fini par renier leur fils tandis qu'à Paris, ses oncles ont recouvré leurs droits auprès de la caisse villageoise. Au village cependant, dans tous les actes de la vie quotidienne s'opposent d’un côté les jeunes révoltés et, de l'autre, les nobles alliés aux vieux esclaves. Les deux groupes sont désormais séparés ; les nobles ont repris les terres précédemment louées aux jeunes esclaves (en contrepartie d'un dixième de la récolte). On est allé jusqu'à détruire des constructions en cours sur des terrains jadis gracieusement concédés ou vendus aux jeunes esclaves révoltés. Certains d'entre eux rentrés au village pour s'y marier, ont été contraints par les nobles d'aller se marier à Dakar ou à Nouakchott ; il leur fut ainsi interdit d'organiser les festivités au village.

Lors de l'enterrement d'un immigré décédé à Paris et dont le corps fut rapatrié au village, un autre immigré d'origine esclave (appartenant au groupe des révoltés de France) en vacances, s'est vu interdire au cimetière la participation à la dernière prière d'avant la mise en terre. Tous les musulmans des autres villages représentés furent indignés et les nobles de R., dès les funérailles achevées, déclarèrent que désormais ils ne refuseraient plus la présence des révoltés lors d'un enterrement. Dorénavant, chaque groupe prie dans ses propres mosquées de quartiers. L'islam qui proclame l'égalité entre musulmans n'est utilisé, on le voit, que de façon instrumentale pour pallier les inconvénients de la non-tranversalité des mariages et, dans ce cas d'espèce, de l'hypogamie. L'inégalité matrimoniale ici n'est pas dénoncée dans une perspective de généralisation et d'application du principe d'égalité énoncé par le Coran. Mais l'exemple du cimetière, conséquence directe de cette inégalité matrimoniale, montre bien le refus des musulmans soninkés dans leur écrasante majorité de tirer toutes les conséquences de leur islamité : on refuse le mariage transversal entre descendants d'esclaves et de nobles, tous musulmans et égaux devant Allah ; mais on s'indigne devant l'humiliation subie par un musulman, fut-il descendant d'esclaves, lorsqu'on empêche celui-ci de prier sur la dépouille mortelle de son compagnon d 'exil et de misère. Est-on plus musulman que Soninké ? Peut-on continuer à sanctionner au nom de l'islam les conséquences de comportements liés à la tradition ? Ce principe d'accommodement sera-t-il long temps tenable ? Il me semble qu'il y a là un cloisonnement des diverses facettes culturelles de l'identité dangereux pour l'équilibre des hommes et des femmes vivant en société.

S'agissant du couple de jeunes, Mlle M. a eu un deuxième enfant pendant le second semestre de l'année 1999 et son père a tout fait pour dissuader sa « brebis égarée » de poursuivre cette liaison. Pour éviter que ses autres filles ne suivent la même voie que leur aînée, il les a envoyées à Nouakchott et au village « afin qu'elles se rendent compte par elles-mêmes que leur famille est honorable, et qu'en aucun cas, elles ne doivent transgresser les normes et les traditions de leurs ancêtres. Elles ont le devoir sacré de conserver leur rang et d'en être fières » (équivalent en français des termes employés par le père). Quels que soient les résultats de sa démarche, le père veut encore circonscrire le comportement anomique  de sa fille aînée.

Il semble même qu'un jour, au plus fort de la crise, il se soit rendu dans le quartier du couple pour y camper dans la rue, sous leur fenêtre, histoire visiblement de leur chercher querelle. Les jeunes du quartier décidèrent alors de s'« occuper du cas du vieux ». Aussitôt dit, aussitôt fait : il rentra chez lui les habits déchirés et non sans avoir essuyé quelques coups. À son retour, et à quelques dizaines de mètres de son domicile, il ameuta, accusateur, l'ensemble du quartier en clamant le nom de son épouse à l'instar des célèbres pleureuses de son village d'origine, afin de la prendre à témoin de sa « déchéance » :

« Ma chère F. je suis déshonoré!
À partir de ce jour, je suis le dernier des M.!
Ma propre fille aînée a préféré un esclave à son père!
Moi, aujourd'hui, je préfère la mort à l'opprobre éternel!
Je suis le dernier des M. que les esclaves bafouent et piétinent à Paris! »
Chaque phrase étant suivie du refrain : « Mon destin a basculé (npere bono) ».

Мmе M., malgré les éclats de son mari, est restée très discrète dans cette affaire, même si d'aucuns pensent qu'elle serait derrière certaines menaces viriles de son époux à l'égard du jeune homme. En tout cas, elle sait que les plaintes de M. M. lui sont directement adressées et que la moindre maladresse de sa part peut déclencher une avalanche d'injures, voire lui coûter son mariage pour cause de connivence avec sa fille. Ne dit-on pas chez les Soninkés qu'une fille reflète toujours l'éducation reçue de sa mère ? Une mauvaise fille est le miroir de sa mère. La mère est la première accusée dès qu'un enfant « échoue ». Mais le règlement des conflits liés à la mésalliance et, en particulier, à l'hypogamie relève chez les nobles de la compétence des hommes, tout comme la guerre. On m'a affirmé que le père, depuis le départ de sa fille, « a vieilli de plus de quinze ans, rongé par un désespoir sans remède ». Plusieurs personnes tentent de « raisonner » la fille pour qu'elle prenne son père en pitié et renonce enfin à son mari ou, à défaut, pour qu'elle fasse l'effort de rendre visite à ses parents pour les consoler. Mais c'est peine perdue car elle a définitivement coupé le cordon. En coulisse, d'aucuns affirment que « ces jeunes nés en France ne sont pas élevés comme des Africains, car ils ignorent le poids des liens familiaux et n'ont pas de sentiments. Sont-ils encore des Africains ? »

Les niveaux de lecture de ce conflit sont multiples, alors qu'il est encore loin d'avoir produit tous ses effets sur l'ensemble des communautés villageoises soninkées de France et des villages, en particulier sur les rapports entre descendants d'esclaves et de nobles. À titre d'exemple, un noble d'un autre village a affirmé que « les nobles du village de R. ont mal géré cette crise, ce qui risque de provoquer une révolte générale de tous les esclaves des pays soninkés contre nous les nobles ». Un autre noble indigné m'a affirmé que lors de leur troisième intervention, ils ont été « humiliés par les jeunes esclaves (komo) qui ne savent même plus parler aux anciens et nous ont traités de Gaulois attardés [sic]. À la fin de l'assemblée, ils nous ont invités à manger, et nous étions tellement écœurés que nous n'avons même pas jugé utile de répondre à leur invitation » .

Un descendant d'esclave d'un autre village, situé non loin de R., m'a confié qu'ils ont mis en demeure « leurs nobles » de parler au nom de tout leur village dans ce conflit, car dit-il, « les nobles de notre village ont pris l'initiative d'y aller seuls et ils se réunissent tantôt avec les nobles de R. tantôt avec les esclaves ; dans ce cas, comment vont-ils réussir à les réconcilier s'ils ne les réunissent pas ensemble ? Ils aggravent la situation par leurs fumisteries interminables ». « D'ailleurs », ajouta-t-il, « sais-tu que la caisse du village de R. ne rapatriait que les corps des nobles décédés en France ; jusqu'à ce jour les esclaves se débrouillaient entre membres de la même famille ou entre amis pour rapatrier les corps de leurs défunts ; c'est bien fait pour les nobles que les esclaves de R. aient quitté la caisse villageoise ».

Ce conflit a, par ailleurs, mis en relief de façon éclatante, les liens étroits existant entre les émigrés de France et leurs villages d'origine. En effet, jamais les comptes rendus des réunions des ressortissants de R. en France n'ont été si systématiquement communiqués au village afin que les décisions soient immédiatement répercutées là-bas et réciproquement. Il est également significatif de noter qu'aucune des parties n'a estimé utile ou indispensable de porter l'affaire devant les tribunaux français ou mauritaniens, sauf Mlle M. pour les menaces de son père à l'égard de son compagnon. On dit même que les nobles régnants du village appartenant tous au patronyme M., se sont donné la consigne du silence en France face à l'« insolence et aux provocations des jeunes esclaves » car ici, constatent-ils, « nous ne sommes pas au village ». De même, en Mauritanie, aucune action en justice n'a été intentée par l'une ou l'autre partie et le gouverne mauritanien, qui a certainement eu connaissance du conflit, ne semble aucunement pressé d'intervenir pour calmer le jeu.

Toutes les démarches de réconciliation émanant des différentes communautés villageoises de la région du Fleuve résidant en France ont échoué. Est-ce parce qu'elles ont emprunté les voies traditionnelles que les jeunes esclaves condamnent ? Quels que soient les résultats futurs de ces démarches, ce conflit demeurera une mine d'informations pour l'étude du changement social en milieu urbain hors contexte social global du pays d'origine et des traditions villageoises. »

Yaya SY
(Extraits : P54 à P60)
L'esclavage chez les Soninkés : du village à Paris
In: Journal des africanistes. 2000, tome 70 fascicule 1-2. pp. 43-69.

mercredi 21 août 2013

Serions-nous racistes au sein du parti RAG et d'IRA?

Serions-nous racistes au sein du parti RAG et d'IRA?
Serions-nous racistes au sein du parti RAG et d'IRA? Serions-nous, au sein du parti Radical pour une Action Globale (RAG) et de l'Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), racistes ? Serions-nous contre les Maures "blancs" (Bidhane[1])? Est-il vrai que nous dénonçons seulement l'esclavage chez les Bidhane et passons sous silence la même servilité dans les communautés négro-africaines?

Pourquoi réclamons-nous des mesures de ségrégation positive au profit de la communauté des Hratine[2] alors que la pauvreté est prégnante au sein de toute la population? Serions-nous communautaristes, des politiciens comme il s'en trouve partout, qui voudrions faire des Hratine nos fieffés et des Adwabe (villages hratine) nos chasses gardées électoralistes?

C'est certainement ce que laisse penser de nous l'administration de Ould Abdel Aziz en rejetant la demande de légalisation de RAG par son évocation de l'article 6 de la loi sur les partis.

C'est aussi ce que laissent penser l'aristocratie et la féodalité esclavagistes maures (arabo-berbères) qui voient en nous un danger mortel pour l'ordre qu'elles s'échinent à perpétuer et dont elles tirent justification et finalité de leur domination. C'est aussi, et nous le regrettons, ce que semblent penser une frange de l'intelligentsia arabo-berbère qui se laisse intimider par le discours des féodaux obscurantistes hargneux. A tous, nous adressons le présent rappel.

Nous vivons dans un pays où les esclavagistes les plus notoires sont des Bidhane (ethnie arabo-berbère, minoritaire et dominante). Des générations de maîtres, au fil des siècles, s’élevaient, dans la vie, par-dessus la sueur et les cadavres de leurs esclaves, comparables au bétail, ce troupeau de somme dont ils viennent récolter la moisson, chaque saison, chaque jour.

Les maitres, exemptés, tant d’années durant, de tout labeur, détiennent la propriété des terres arables et l’usufruit conséquent ; ils détiennent le privilège exclusif et définitif, en vertu de la loi du plus fort, habilement maquillée en précepte religieux ; eux qui violent des filles à peine pubères, en renient la descendance, exploitent des mineurs à domicile et des familles entières sans contrepartie, se retrouvent sous la protection du droit et ce depuis toujours.

Ce sont des Bidhane qui protègent d'autres Bidhane en usant de leur influence au sein de l'Administration et de l'Etat qu'ils dirigent. Ce sont aussi des Bidhane qui monopolisent – oui le terme reste faible - les leviers de l'économie, de l'Armée et de la presse y compris la majorité des journaux, radios et télévisions, réputés « indépendants ».

Ce sont des Bidhane qui régentent les âmes en Mauritanie et profitent de cet insigne et terrible privilège pour élever, au statut de sacré, des interprétations rétrogrades et anachroniques de notre sainte religion, commises par des jurisconsultes moyenâgeux aux fins de réglementer, par exemple, le commerce des esclaves et la conservation de cette infamie ; ceux-ci, les plus redoutables parmi les maîtres, gardiens de l’orthodoxie religieuse, décident que la vie d'un esclave ne vaut pas celle du fils de son maître, ainsi, coule-t-il de source qu’ils s’opposent à l’égalité des droits, découragent l’exercice démocratique et considèrent comme criminel le mariage mixte et par mésalliance.

C'est dans le milieu Bidhane que l’on use de vocables racistes, tels "Kahlouch" (noiraud au sens péjoratif et méprisant) et "abd" (esclave), pour désigner à la fois un Hartani et un Négro-mauritanien, par référence à la pigmentation de leur peau. Cette forfaiture est si bien ancrée chez les Bidhane qu’elle en constitue le socle culturel, un trait de distinction qui les différencient des autres Arabes et Berbères dans l’espace sahélo-saharien.

Mais loin de nous l'idée de penser que tous les Bidhane sont coupables de ces monstruosités, ni directement et encore moins par hérédité. Nous en voulons pour preuve que nombre de nos militants et alliés descendent de féodalités notoires titulaires de positions sociales dominantes. Aurions-nous accepté de placer une telle confiance en de telles personnes si elles n’étaient la négation incarnée du racisme ? Non, évidemment, non !

Il est vrai que nous nous sommes tous, Hratine, Bidhane et Négro-mauritaniens (membres des ethnie peulh, soninké, ouolof ou bambara)[3] au sein du RAG et d'IRA, donné le mot de ne pas accepter le déterminisme de nos naissances. Nos origines ethniques, de caste, de région ou de naissance n'épuisent pas nos volontés respectives. Nous trouvons réducteur de se laisser définir par la seule épithète bidhani, hartani ou kowri (nègro-africain).

Il y a, dans la formulation de l’identité, nos propres expériences, nos observations, notre vécu, nos lectures, nos rencontres qui forgent une vision des choses et établissent des échelles de valeurs. Les Bidhane, dans nos rangs, sont absolument décomplexés et ne prennent en rien pour eux le discours de dénonciation que nous adressons, avec eux, aux esclavagistes de leur communauté d'origine. Bien au contraire. Et comment aurait-il pu en être autrement?

Pourquoi les progressistes arabo-berbères se laisseraient-ils intimider par ce qui s'apparente à du terrorisme intellectuel pratiqué par les esclavagistes ? L'intelligentsia progressiste et moderniste arabo-berbère n'a rien à voir avec le syndicat du crime de l'esclavage que constituent la conjonction de la féodalité et de l'obscurantisme religieux et les détenteurs du pouvoir au sein de l’Etat.

Nous en sommes sûrs et certains au sein du RAG et d'IRA, mais c'est aux membres de cette intelligentsia, née de et dans la domination de naissance, de le prouver ; au demeurant, la parole courageuse qui dénonce la supériorité de race et promeut l’égalité des droits, doit commencer à sourdre, de nouveau, parmi les Bidhane ; pourtant elle y restait si minoritaire, presque inaudible et souvent caricaturée, ces deux dernières décennies.

Les partis politiques classiques, opérant sur la scène mauritanienne, ont tous, dans leur programme, une ou deux lignes se référant à la lutte contre "les séquelles de l'esclavage" qu'ils dépoussièrent à intervalles plus ou moins réguliers lors de joutes électorales. Les plus progressistes parmi eux inscrivent la lutte contre "les séquelles de l'esclavage" dans un vaste schéma conditionné par l'avènement d'un hypothétique Etat de droit dont les contours et l'échéancier sont régulièrement et indéfiniment discutés, donc différés.

Pour nous au sein du RAG et d'IRA, la méthodologie est toute autre, pour ne pas dire inverse. Nous partons de la question spécifique de la lutte contre l'esclavage pour hâter l'avènement de l'Etat de droit, pas seulement au bénéfice des Hratin mais de tous les cadets sociaux, sans omettre, la réhabilitation des groupes victimes de persécution spécifiques et d’impunité, tels les Négro-africains de Mauritanie, les femme et les membres des castes.

Nous commencerons par abolir, dans les faits et irréversiblement, toute relation de servilité et d’infériorité pour instaurer l'équité entre les gens. Nous accorderons, aux esclaves et anciens esclaves, le droit – naturel- de l'accession à la propriété foncière, grâce à l'instauration d'une réforme agraire volontariste, efficace et planifiée pour rétablir les éternels laissés-pour-compte dans leur dignité ; ainsi, goûteront-ils, enfin au fruit légitime de leur labeur.

Par une telle réforme nous valoriserons le travail et impulserons l'agriculture nationale, dans la perspective d’une écologie exigeante qui allie rentabilité, économie des ressources et reboisement généralisé du pays. Nous instaurerons des mesures de "rattrapage" économique et éducationnel en faveur des zones de plus grande pauvreté qui se trouvent être peuplées majoritairement par les Hratin.

Une telle « correction », si elle est menée en toute efficience, rehausserait le niveau de vie moyen des Mauritaniens, étant entendu que la population concernée représente une bonne moitié des habitants. Une telle ségrégation positive renforcerait l'idée de solidarité nationale, l'une des tâches dévolues à l'Etat de droit au même titre que la sécurité sociale, le recouvrement de l'impôt et tous les mécanismes de redistribution de la richesse nationale.

L'égalité des droits, le rétablissement dans leur dignité des citoyens mauritaniens, la redistribution des richesses, le métissage matrimonial, le respect de la diversité culturelle du pays, sont des thématiques que nous aborderons concrètement, sur le terrain, aux côtés des gens. C'est un combat contre toutes les formes d’exclusion, héritées de notre jeune histoire.

Comment, en effet, lutter pour l'égalité entre Hratin et Bidhane et accepter qu'il y'ait un racisme anti-Noir? Comment concevoir la lutte pour l'émancipation des Hratin et accepter l'institutionnalisation de la marginalisation des femmes? Comment, une fois les Hratin rétablis dans leur dignité, accepter le système de castes où sont confinés les "Maalmine" [4], "Igawen"[5], "Aznaga"[6] et autres groupes injustement méprisés par le modèle de stratification de notre société.

Quant à l'esclavage au sein des communautés négro-africaines, son éradication s’achèvera, à un rythme encore plus soutenu, car il n’en subsiste plus que des expressions résiduelles, déjà condamnées à l’extinction. L’on agit, dans ce domaine, comme dans la fable du berger - bien connue chez les Bidhane - qui entra dans l'enclos et choisit de commencer par faire semblant de traire le plus beau bélier du troupeau; à son voisin qui s'étonnait, il répondit: "je commence par le bélier pour que les brebis sachent que leur tour ne saurait tarder".

Nous sommes, avant tout, des combattants pour l'égalité et la reconquête de la dignité. Nos rangs sont ouverts à toute personne mue par les mêmes objectifs. Nous comptons, parmi nous, des Bidhane, des Hratin et des Kwar. Notre effort est entièrement tendu vers l'éradication effective et définitive de l'esclavage en Mauritanie. Si vous êtes progressistes et épris de justice, si vous souhaitez faire avancer les mentalités et libérer les énergies des Mauritaniens, rejoignez-nous et ne vous laissez pas intimider par ceux qui mènent une bataille perdue d'avance : nos détracteurs.

Touré Balla TOURE
, Secrétaire Général de RAG
Brahim BILAL RAMDHANE, Vice-président d'IRA
Mohamed BABA, Coord. Chargé des sections d'IRA en Europe

Nouakchott le 21 Août 2013

dimanche 18 août 2013

Droit de réponse

KBG a dit depuis son asile psychiatrique  allemand :

Le regain d,interet de Canalh pour la cause des negro-mauritaniens est suspect.Je crois que ce faisant Maata voudrait s,assurer du silence des officines negromauritaniennes.

KBG

Les officines n'existent que dans ta tête, celle qui ne tourne plus rond selon tes propres aveux.

Revenons aux faits:

-Entre jeudi et vendredi, sur eu 84 nominations de fonctionnaires, il n'y a que deux négro-africains dont aucun dans les forces de police.

- 19 banques privés dont aucune n'appartient à un négro-africain.

- Aucune licence de prospection minière n'a été attribué à un négro-africain.

- Sur dix licences de radio et de télévision, aucune n'a était attribué à un négro-africain, pourtant le dossier de kassataya de l'avis de tous était le plus solide et sérieux, pire on a interdit à Abdoulaye diagana de risquer son fric.

- Sur 49 ambassadeurs uniquement 3 sont  dirigées par des négro-africain etc...........idem pour le reste de l'administration.

- La mise en place de l'enrôlement dé-négrification............

Nous sommes  vraiment loin le trait d'union.

Les négro pensent que leur pays se bâtit à leur détriment, pourquoi les palestiniens auraient le droit de le dire et pas eux.

Personnellement, je suis contre ces soi disant officines, que tu cites pour la simple et bonne raison qu'elles ne tirent pas la seule conséquence évidente des faits cités plus haut, à savoir.

" qu'il faut avoir le courage de faire le deuil de faire partie d’un ensemble qui ne veut pas de la construction d’une citoyenneté nationale commune".

Pour moi  séparation de la Mauritanie en deux état s'impose dit le fou.